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30.10.2007
BEN BERKA, l'affaire qui fait encore parler d'elle
Il y 42ans fût enlevé notre grand homme Mehdi BEN BARKA. Il y a 42 ans que sa famille, ses apôtres et beaucoup de gens à travers le monde attendent que la vérité soit dévoilée sur cette affaire.

Comme toute les familles, celle de BEN BARKA veut une tombe de son fils pour se reccueillir.
Comme tous les courants, la grande famille de la résistance nationale et celle de la gauche veut que cet homme si particulier retrouve enfin sa dignité que les kidnappeurs ont violée.
Au Maroc de l'IER, à la France de Sarko de nous éclairer.
Que la vérité soit dévoilée.
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25.10.2007
retard de casting, mais un coup de gueule quand même
Voici un communiqué du BP de l'USFP qui vient en retard et dont on voit pas la répercussion.
Après une lecture par MOUHIB, en secrétariat régional de Casa Lundi du communiqué, les Usfpéistes de la région sont conviés à en débattre Lundi prochain au siège régional au Habous.
| Communiqué de Bureau Politique de l'USFP: |
| L’opinion publique et les militants suivent avec une grande appréhension les développements induits par la constitution du gouvernement, le 15 octobre 2007. |
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22.10.2007
TGV : Luxe ou nécessité pour le Maroc.

Les Lignes à Grande Vitesse LGV est le prolongement naturel des développements connus dans le domaine du ferroviaire au Maroc. La modernisation que connaît le pays dans divers secteurs va de pair avec l’acquisition d’un moyen de transport révolutionnaire. Nous proposons dans cet article un retour sur les réalisations et une ouverture sur les perspectives du TGV.
Développement ferroviaire, bilan et perspectives.
Il est naturel que le ferroviaire au Maroc est un secteur de monopole de l’Etat. Les investissements énormes que nécessite ce secteur et la nature de la rentabilité ( long et assez long terme ) justifient ce monopole. Il est aussi capital qu’il est du devoir de l’Etat d’assurer le service public. Le secteur est géré par l’Office National des Chemins de Fer ONCF.
Sans revenir trop sur l’histoire, l’ONCF a réalisé un large programme de restructuration durant les quinze dernières années. Finance oblige, l’Office s’est re-concentré sur son métier de base en se débarrassant de certaines activités. La période de l’assainissement passée, l’Office se met alors devant la nécessité de mettre à niveau ses infrastructures et son outil de production. L’ONCF, à coup de contrats-programmes signés avec l’Etat, a procédé durant une décennie à un vaste de programme d’investissement. Parmi les grandes réalisations enregistrées :
- Le doublement de la voie entre Casablanca et Fès : Ce projet gigantesque de doublement de voie et de rectification de tracé entre la capitale économique et la ville de la Quarawyine a permis, outre la réduction du temps de trajet et le confort, l’augmentation de nombres de trains en circulation sur cet axe.
- Le doublement de voie entre Casablanca et Jorf Lasfar : Le transport de phosphate et dérivés étant un important levier du ferroviaire, ce chantier a permis avec une grande visibilité d’un autre office, l’OCP en l’occurrence, l’intensification des flux des trains. Le port de Jorf a aussi bénéficié de cette infrastructure. La mise à niveau a aussi concerné, dans la même lignée, les centres Khouribga, Oued Zem, Safi, … qui représentent pour l’OCP les principaux sites d’extraction et de mise en valeur.
- La ligne Taourirt - Nador : Dans la perspective du désenclavement de la région du Rif, ce projet vient pour relier la ville de Nador au réseau national. L’impact économique et social sur cette région est d’une grande importance. La ligne permettra au port de Nador de jouer le rôle qui est le sien concernant les flux de marchandise.
- Le chantier du nord : Ce chantier consiste en la réalisation d’une bretelle entre Sidi Yahya et Belksiri créant un axe Casablanca Tanger indépendant et la construction d’une nouvelle ligne entre Tanger et le Port Tanger Med, véritable chantier du Maroc du troisième millénaire. Ceci s’accompagne par l’électrification de la voie qui permettra l’optimisation de l’utilisation des ressources et l’augmentation de la vitesse.
- Le doublement de la voie entre Casablanca et Settat : Il permet l’intensification des flux entre les deux villes et la mise en valeurs des zones industrielles de la région.
- Le renouvellement des gares : Durant une dizaines d’années, plusieurs bâtiments voyageurs ont été rénovés, voir reconstruits. A ce titre, on peut citer : Tanger ( 2 gares ), Assilah, Marrakech, Fes, Mohammadia, Meknes, …
- Le renforcement de la sécurité : L’installation d’équipements sophistiqués en matière de signalisation ferroviaire, la mise à niveau des programmes de maintenance, …
- L’acquisition de locomotives et voitures : un programme ambitieux de renouvellement du parc matériel roulant a été entamé par l’acquisition de rames, de voitures, de wagons de transport de marchandise et la révocation d’ancien matériel devenu obsolète.
- Le RER : Une première expérience de RER a été réalisée à Casablanca avec Albidaoui, reliant plusieurs gares de la ville et l’aéroport Mohamed V et une seconde pour la liaison Rabat Salé sont une aubaine pour mesurer le trasport urbain de masse.
- L’embranchement de sites : la liaison par la voie de site de production pour l’approvisionnement et la distribution de marchandise..

Ces différents chantiers, dans une perspective globale de modernisation du secteur du rail au Maroc, ont drainé des investissements colossaux et ont fait travailler des dizaines de milliers de personnes. Ils visent à la satisfaction des usagers, devenus plus exigeants qu’autrefois et incompréhensifs face aux problèmes techniques survenus ici et là dont ils ne comprennent la nature.
Quelques notions sur le TGV.

Dès que la vitesse dépasse les 200 km/h, on commence à parler du Train à Grande Vitesse TGV. La majorité des pays développés ont fait le choix de ce moyen de transport sous différentes appellations et technologie. La France utilise un TGV sur rail conventionnel, l’Allemagne, le Japon et la Chine adoptent le monorail.
La technologie la plus adaptée pour le Maroc serait le rail conventionnel. Le TGV nécessite néanmoins la construction de ligne nouvelle ( ne peut être exploité sur les lignes existantes ) presque dépourvue de courbe et un matériel roulant d’une grande puissance capable d’atteindre la vitesse escomptée.
Le TGV français a atteint le record de plus de 580 Km/h, le japonais le dépasse de justesse, mais en général, la vitesse de tous les TGV en exploitation est située autour de 350 Km/h. Ce qui signifie que le trajet Tanger – Marrakech se ferait en 2 heures et demi à trois heures ( en comptant les arrêts ) au lieu de 8 heures actuellement !
Cap sur le futur.
La corrélation entre le ferroviaire et le développement régional et national n’est plus à démontrer. Plusieurs thèses et études ont mis la lumière sur ce sujet. Le développement économique du pays et le désenclavement des régions du Maroc profond passent aussi par le rail. L’expérience des navetteurs ( « navettistes » ou « navettard » pour les initiés de l’axe Casa-Rabat ) a permis à de centaines, voire milliers, de citoyens d’habiter des villes plus abordables économiquement et de travailler dans des centres économiques tout en empruntant un moyen de transport sûr et fiable.
Le service public de transport de voyageurs étant la principale mission du secteur ferroviaire. Les différents projets visent au confort des usagers, à leur sécurité et à leur proposer de nouvelles formules de vie, si j’ose dire.
Maintenant, la grande vitesse est-elle un besoin, une nécessité ou un luxe pour le Maroc ?
La politique de régionalisation initiée dans le pays en créant des centres économiques indépendants autours de villes phares, comme ceci est le cas de : Fes-Meknes, Marrakech, Tanger, Agadir, Oujda, … nécessitent un échange accru inter-régional pour justement mettre en valeur la complémentarité. Le rail, avec les autoroutes sont un vecteur de connexion et de développement de ce créneau.
Si le transport de marchandise et le fret constitue un secteur en plein boom avec la répartition des centre de production et d’échange à travers le royaume et qui connaît une rude concurrence ( routier, ferroviaire, naval, aérien ), le transport de voyageur est un autre vecteur de croissance. En effet, le mode de vie moderne, les contraintes professionnelles et la nature du voyageur – devenu de plus en plus exigeant – exigent un moyen de transport tel que le TGV.
Ce fantastique moyen de transport ouvre les horizons à de nouveaux échanges. Mr untel empruntera le TGV de Casa à 7h30, il sera déjà en salle de réunion à 9h en train de débattre un projet. A 11h 30, de retour, il est à table à Casablanca avec ses enfants pour le Déjeuner à 13h. Il pourra faire de même l’après-midi à Marrakech. C’est extraordinaire !
Cet exemple illustre l’impact positif sur tous les secteurs de services où le domaine d’intervention est principalement dédié à la matière grise. L’économie en carburant, en amortissement de véhicule, le confort de l’usager du TGV et le gain de temps sont autant d’arguments qui plaideront en faveur de l’installation de cette ligne.
Côté financier, il est sans conteste un projet coûteux, très coûteux même. La construction de la ligne Marrakech – Casablanca – Tanger, sur une longueur de 530 Km nécessiterait 35 Milliards de dirhams ! Cette somme peut paraître gigantesque pour un pays comme le notre. Certains se demanderont s’il n’est pas plus judicieux d’investir une telle somme dans des domaines plus nécessiteux et ayant un impact direct sur la population ( mise à niveau agricole, désenclavement de régions, … ), mais il ne faut pas sous-estimer l’impact positif du TGV pour le Maroc :
- La création de milliers de postes d’emplois dans les chantiers du TGV durant une période s’étalant au moins sur cinq ans.
- L’impact futur sur les échanges inter-régionaux.
- La sous-traitance de certains corps de métiers à des entreprises marocaines injectera une partie importante de l’investissement dans l’économie marocaine.
- La maîtrise d’une technologie du futur permettra à l’ONCF et aux entreprises de proposer à d’autres pays leur savoir faire.
- L’image de marque et l’impact sur le tourisme.
La nouvelle image que véhicule un pays comme le Maroc est l’image d’un pays qui bouge à grande vitesse. Le développement des infrastructures et l’association des régions dans le développement ont besoin de concrétisations qui nous rapprochent du futur, voire solutionnent les problèmes présents : TGV, Port Tanger Méditerranée, le transport de masse dans les centres urbains ( Métro, Tram, RER, … ), l’intensification du réseau autoroutier, la construction de pôles industriels et économiques forts et pourvoyeurs d’emplois, de valeurs ajoutées et de richesse, … c’est le Maroc qui se construit et en lequel nous devons tous contribuer. Le TGV est aujourd’hui une réalité, il vaut mieux l’emprunter avant qu’il « passe sans nous ».
18:49 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
18.10.2007
Communiqué du groupe de l'appel pour la reconstruction de l'USFP
الرباط في 16 أكتوبر 2007
خـبـر
من "مجموعة النداء من أجل إعادة بناء الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية"
انطلاقا من النداء الذي أصدره مجموعة من المناضلين والمسؤولين الحزبيين والداعي إلى إعادة بناء الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية، واصلت مجموعة المبادرة التداول في الظرفية السياسية الحالية خاصة بعد تشكيل الحكومة وهي تسجل ما يلي:
1. تشبثها بروح النداء وتدعو المناضلين إلى مزيد من تعميق النقاش حول الشروط الضرورية لتحضير مسلسل إعادة بناء الحزب.
2. اعتبارها أن ما أسفرت عنه المشاورات بشأن تشكيل هاته الحكومة مجرد حلقة أخرى في مسلسل الأزمة، أزمة تدبير الخط السياسي والتنظيمي للحزب من جهة والاختناق الذي يعرفه حاضر ومستقبل الديمقراطية في المغرب من جهة أخرى.
3. التأكيد على ضرورة عقد دورة عاجلة للمجلس الوطني لاتخاذ القرارات التي تستلزمها المرحلة.
"للإطلاع على نص النداء المرجو زيارة الموقع الإلكتروني:
www.gopetition.com/online/14619.html
15:26 Publié dans Politique - socialisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Critique partisane de la déclaration du premier secrétaire de l’USFP.
Finalement, après la nomination du nouveau gouvernement, Mohamed Elyazghi, premier secrétaire de l’USFP, a décidé de « s’expliquer » selon les termes de Libération. Le ministre d’état, sans portefeuille paradoxalement, s’est fait accompagné dans ce gouvernement de 4 autres camarades aux départements de la justice, du commerce et l’industrie, de l’emploi et des MRE.
Le droit du militant me permettant de critiquer la direction du parti, je sens le devoir, à la lecture de l’interview du premier secrétaire aux journaux partisans, d’en analyser les propos à la lumières des évènements récents.
Elyazghi et les mécontents.
Depuis l’annonce des résultats des derniers élections, le débat s’est installé dans les rangs des militants. J’aurais aimé assister à ce débat, qui a parfois été très bruyant, avant les élections pour, justement, fructifier la stratégie du parti, sinon la corriger. Mais, l’essentiel est que le débat est là. Notons aussi que ce débat et sa médiatisation ne peuvent être que témoin de la vivacité des cadres et militants de l’USFP malgré ses nombreuses faiblesses.
Le point marquant de cette contestation demeure « l’appel de reconstruction », signé par des cadres éminents du parti de Abderrahim. Ce manifeste, marquant un instant d’observation de l’état du corps usfpéiste, demande une refonte de l’organisation par la tenue d’un congrès pour donner l’occasion à une nouvelle élite, un nouveau leadership. Notons que le manifeste est co-signés par un des ministres désignés.
Des membres du bureau politique et du conseil national auraient gelé leur adhésion à ces instances. Certains auraient même demandé à Elyazghi et Radi de démissionner en mandatant L. Charkaoui selon la presse. Alors que ce dernier nie cette information, Elyazghi a affirmé : « Je n’ai pas reçu de réclamation me demandant de quitter mes responsabilités ».
« Je ne suis pas un dictateur ».
Elyazghi avance qu’il n’a rien fait pour être ministre et que c’est le Roi qui a « décidé qu’Elyazghi devait avoir un statut ministériel avancé ». Ceci me rappelle le « statut avancé » du Maroc vis-à-vis de l’Union Européenne, mais dans la configuration politique, je ne le comprends pas. Cela me paraît une justification injustifiable. « Le ministre d’état dépend de la personnalité de celui qui l’occupe. Abderrahim Bouabid l’a d’ailleurs occupé ». Ceci est une autre justification qui ne manque de finesse émotionnelle : le parallèle du leader et du dossier du Sahara est une responsabilité historique qu’il faut expliquer davantage.
Passons.
« J’ai pris la responsabilité en âme et conscience de présenter des noms. Discuter en bureau politique, devant 25 personnes, de noms n’est pas une démarche saine ni acceptable ». On ne peut être d’accord sur ce point. Que le premier secrétaire soit mandaté pour les négociations, la proposition des noms de ministrables ou autres responsables au nom du parti ne peut être confiée à une seule personne, quelque soit le rang dans l’organigramme. Je pense que c’est une erreur grave, conjointement avec l’erreur commise lors du choix des candidats USFP pour les législatives.
Questions en attente de réponse.
Des questions essentielles restent encore sans réponse. Je prie le premier secrétaire de nous éclairer sur ces questionnements :
· Selon vous, « l’étape prochaine est celle des réformes constitutionnelles et politiques ». Qu’avons-nous préparé comme débat sur ce sujet et quel sera le seuil des réclamations ? Avec quel crédit allons nous négocier, sachant que 37% seulement ont eu confiance en tous les partis ?
· « L’ambivalence a toujours des conséquences néfastes sur la bonne gouvernance du pays ». Comment croire ce discours alors les négociations de la constitution du gouvernement ont été dirigés par des conseillers royaux ?
· Quelle est la traduction dans ce gouvernement du taux de participation anormalement bas aux élections législatives ? Dans sa composition et dans son programme ?
· Sur quel programme vous avez négociez la participation du gouvernement ? Sachant que la composition a été réalisée autour d’une structure gouvernementale et non sur un programme ?
· Où en est la commission chargée de l’analyse des résultats du parti et comment sera-t-elle formée ?
· Comment sera traduit le programme électoral de l’USFP dans ce gouvernement ?
· Pourquoi le forum du site de l’USFP : www.usfp.ma a été désactivé pendant toute cette période ? ( la réponse du webmaster a été que le « forum est en reconstruction car il est devenu trop lourd », ne le savait-on pas avant ? ) sachant qu’il représentait un relais essentiel pour la communication, notamment avant les élections ?
Mot pour conclure.
Nous ne pourrons nier notre responsabilité vis-àvis de la transition démocratique. Nous saluons que nous sommes le seul parti qui a réuni son conseil national pour statuer sur la question de la participation. Aucun ministre n’est coloré USFP. Certes. Mais nous sommes aussi le parti de l’historique militant, des sacrifices.
Il est incontestable que nous vivons une crise au sein du parti, au sein de la famille de gauche en général. Il est nécessaire de fédérer les efforts et de rassembler les capacités. Nous voulons une organisation qui fait concrétiser des organes responsables du parti, une ligne politique claire, un leadership qui se renouvèle.
"... Nous sommes persuadés que tu seras le meilleur successeur à la direction historique pour consolider le processus démocratique engagé par l'USFP dans le cadre de la monarchie constitutionnelle démocratique et sociale...". C’est comme cela que le Roi vous voit. Les militants vous ont chargé de mener le bateau du parti.
Le temps du bilan est là !
09:54 Publié dans Politique - socialisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.10.2007
Lectures des résultats des élections législatives.
J’ai évoqué dans un précédent article que l’ère de l’alternance consensuelle est terminée. La transition ne peut durer éternellement, les acteurs doivent convenir d’une nouvelle ère instituant des règles démocratiques claires à l’image de la nomination de SM le Roi de Mr Abbas Elfassi comme Premier Ministre suivant la « coutume démocratique ».
Il a été clarifié que les objectifs et la circonstance de ce consensus instituant l’alternance ont été consommés. Le scrutin du 07 Septembre 2007 a démontré qu’il est nécessaire pour notre construction démocratique d’instituer de nouvelles règles. Ainsi, l’article présent se veut-il une lecture des résultats des dernières élections et une ouverture du débat sur la circonstance politique.
- Quels enseignements des législatives du 07 Septembre ?
Le fait marquant de ce scrutin reste incontestablement le taux d’abstention 63% en plus du million de voix nulles. Ce point serait à mon sens un tournant essentiel dans la perception de la chose politique au Maroc. Qui sont ces abstentionnistes ? Pourquoi ils ont boycotté les élections ? Quel est le message de l’abstention ?
Sans une étude politique et sociale du phénomène, nous ne pourrons qu’émettre des pronostics. Le profil des abstentionnistes n’est pas uniforme et ils ne sont pas encadrés. Ils sont à la fois ces jeunes désintéressés par la politique, des intellectuels ne s’identifiant pas dans le jeu politique, des citoyens touché par le populisme de la non nécessité de la politique, des ruraux et des citadins pour qui le panier, le ramadan, la rentrée, … sont plus importants que l’enjeu politique. En bref, les abstentionnistes sont des citoyens qui considèrent que l’enjeu politique des législatives n’est pas capital.
S’il est un message à retenir de cette donne importante, c’est que le consensus a vidé la politique de son essence, a fait perdre l’espoir de voir les choses changer réellement.
La carte politique :
Quoique le taux de participation biaise la lecture de la carte, cette dernière reflète la tendance générale des marocains :
- L’émiettement de la carte : aucun parti ni bloc n’obtient la majorité. La koutla, grand bloc n’a obtenu que 105 sièges. Ceux qui ont crié au complot pour le seuil de 7% n’ont qu’à expliquer au marocains ce phénomène.
- Le vote du conservatisme : les 3 premiers partis dans le classement sont à tendance conservatrices.
- L’USFP au 5ème rang : le vote sanction a eu l’effet de séisme calme au sein du parti mais aussi au sein du corps de gauche comme expliqué sur un précédent article. Il est grand temps de se reconstruire au sein de l’USFP et au sein de la gauche en général.
- Les 4 sièges du PJD : en couvrant la totalité des circonscriptions, le PJD se donnait vainqueur de 70 sièges, sinon un raz-de-marrée. Il n’a eu finalement que 4 sièges supplémentaires.
- Les petits partis sont restés petits.
SM le Roi a nommé Me Abbas Elfassi, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, premier parti aux élections au poste du Premier Ministre. Nous ne pourrons en tant que démocrates que saluer ce choix qui récompense la voix du vote.
Cette nomination confirme que les conditions de l’ère d’après l’alternance consensuelle sont désormais réunis et que l’institution monarchique envoie un message sans équivoque dans ce sens.
- Les aspirations des marocains concernant la nouvelle ère politique.
Le Maroc de 2007 est un pays mûr. Les citoyens attendent beaucoup de leurs gouvernants. Parmi les enjeux majeurs, on peut citer :
- Sur le plan politique : Les marocains ont besoin de clarification. Le consensus fait désormais partie du passé. Le débat sur les réformes constitutionnelles, sur la séparation de pouvoir, sur les institution, sur le « domaine réservé », … est légitime après 10 ans de transition et d’exercice d’une forme de cohabitation.
- Sur le plan économique : Le pays a besoin d’une envolée capable de le mettre sur le rail du développement. La croissance structurelle à un niveau acceptable ( plus de 6% de l’an ) et son indépendance de la clémence du ciel est aujourd’hui une nécessité, voire une exigence.
- Sur le plan social : La fracture entre les différentes couches sociales est à réparer. L’équité sociale doit se manifester à haut niveau. L’école publique, l’hôpital public, …en gros le service public doit être au centre des préoccupations. Aussi, et à l’image de la réconciliation autour des années de plomb, le Maroc a besoin d’une IER dans l’économie et la finance : qu’on rende aux caisses de l’état l’argent dilapidé par les rentiers et les abuseurs ! La jeunesse, parmi les grands abstentionnistes, ont besoin d’emplois, d’habitat salubre, de stabilité, … bref d’espoir.
Le besoin est latent. Le diagnostic réalisé par le rapport du cinquantenaire peut servir de base à la lecture du Maroc. Il suffit d’écouter les citoyens pour mesurer le malaise qu’ils ressentent face à une situation socio-économique vulnérable. Si nous n’avons pas choisi la mondialisation, elle vient à nous. Les prix à l’international ne cessent de flamber, le tissu économique marocain doit être en phase avec ce qui se passe ailleurs et notre développement doit être capable de résorber ce grand manque.
Les partis politiques sont amenés plus que jamais à jouer le rôle d’encadrement de la population. La langue de bois n’a plus de place. Combiner la bonne communication avec la bonne performance et la gouvernance moderne est le seul moyen de redonner l’espoir à une grande franche de la population irrité par le manque de visibilité.
- Les grandes lignes de l’ère à concevoir.
Le message est sans appel : les marocains ne sentent pas concernés par la politique. Les lectures peuvent diverger mais l’essence de la problématique reste le désintérêt majoritaire quant à la chose politique, sans enjeux majeurs.
Nous pourrons décliner les attentes du Maroc dans le cours terme ( gouvernement et parlement actuels ) et dans le moyen/long terme ( Réformes politiques ).
- Législature actuelle :
Nous avons besoin d’un gouvernement fort, reposant sur une majorité solide, capables de mener les réformes urgentes et de donner de l’élan aux projets structurants. Politiquement, nous avons également besoin d’une opposition forte et constructive.
La recherche vaine et coûteuse du consensus doit céder place à un courage politique combiné à une volonté sincère du changement. Nous attendons de la législature actuelle de dessiner le schéma de la vrai relance économique, du décollage économique, de la répartition équitable des ressources et de l’équité sociale. Le service public de base ( santé, enseignement, transport, logement ), la promotion de l’emploi doivent être au cœur du programme politique.
Le programme politique du gouvernement doit donner des objectifs mesurables, ambitieux et atteignables capable de redonner espoirs aux différentes couches sociales et essentiellement aux jeunes, cœur battant du Maroc.
- Réformes politiques :
L’ouverture qu’a connu notre pays et les effets de la mondialisation, notamment médiatique, ont été des éléments caractéristiques dans le changement de mentalité de la jeunesse de notre pays. Il est légitime de se comparer à d’autres pays que l’on regarde à travers le numérique, le net, …
A l’opposée, la classe politique marocaine n’a pas pu réaliser sa mue de la même vitesse. L’adoption d’un folklore de jeune ne suffit pas pour convaincre. Aujourd’hui, l’information est accessible pour tous, mieux, elle vient à nous sans qu’on la demande, juste et pertinente ou maladroite et populiste.
La performance de la classe politique et de l’intelligentsia du pays en général est jugée selon la capacité à produire des emplois, des logements décents, des richesses équitablement répartis, la volonté et les moyens mis en œuvre pour la résorption de la pauvreté, le combat des injustices sociales, la guerre à la corruption. Mieux, les jeunes, dans cette phase, sont devenus plus lucides, ils veulent du concret. La classe politique a été sur ces point à une performance médiocre ! En s’enfonçant dans les discours démagogiques, peu crédibles et en déphasage avec le terrain, la politique a été décrédibilisée. Aucun discours sur quelques valeurs nobles que ce soit n’est valable devant l’amertume du chômage, la souffrance de la pauvreté ou le désespoir. On est plus à l’écoute des grands titres, on a besoin de voir la misère changer en stabilité.
Les partis politiques doivent jouer leur vrai rôle d’encadrement, de créateur de débat public, de sources d’idées.
Le système politique est acculé à se métamorphoser vers un système qui :
- Sauvegarde notre identité marocaine autour de l’institution monarchique garante de l’unité et symbole de la nation.
- Produit des élites responsables, pensantes, mures et susceptibles de renouvellement.
- Donne la souveraineté au peuple par ses institutions élus.
- Permet la création de valeurs, de richesse, d’emploi.
- Valorise les valeurs essentielles et universelles : les droits humains, le travail, le mérite, la famille, la solidarité, …
En attendant toutes les lectures possibles, le Maroc a besoin de toutes ces composantes pour un débat clair, sincère et fertile. Nous attendons des actions concrètes pour pallier aux déficits patents dont souffrent les marocains, notamment le déficit de crédit, d’espoir.
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15.10.2007
Nomination par SM du nouveau gouvernement du Maroc
SM le roi Mohammed VI, accompagné de SAR le prince Moulay Rachid, a présidé, lundi en début d'après-midi à la salle du Trône au palais royal de Rabat, la cérémonie de nomination du nouveau gouvernement.
En voici la composition:
- M. Abbas El Fassi : Premier ministre.
- M. Mohamed El Yazghi : ministre d'Etat.
- M. Abdelwahed Radi : ministre de la Justice.
- M. Chakib Benmoussa: ministre de l'Intérieur.
- M. Taieb Fassi Fihri: ministre des Affaires étrangères et de la coopération.
- M. Ahmed Toufiq: ministre des Habous et des affaires islamiques.
- M. Abdessadek Rabiî: Secrétaire général du gouvernement.
- M. Mohamed Saad Alami: ministre chargé des relations avec le Parlement.
- M. Salaheddine Mezouar: ministre de l'Economie et des finances.
- M. Karim Ghellab: ministre de l'Equipement et du transport.
- M. Ahmed Taoufiq Hejira: ministre de l'Habitat, de l'urbanisme et de l'aménagement de l'espace.
- M. Mohamed Boussaid: ministre du Tourisme et de l'artisanat.
- Mme Amina Benkhadra : ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement.
- Mme Yasmina Baddou : ministre de la Santé.
- Mme Nawal El Moutawakil: ministre de la Jeunesse et des sports.
- M. Aziz Akhenouch: ministre de l'Agriculture et de la pêche maritime.
- M. Ahmed Akhchichine: ministre de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique.
- M. Khalid Naciri : ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.
- M. Jamal Aghmani: ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle.
- M. Ahmed Chami: ministre de l'Industrie, du Commerce et des nouvelles technologies.
- M. Abdellatif Maâzouz : ministre du Commerce extérieur.
- Mme Nouzha Skalli : ministre du Développement social, de la famille et de la solidarité.
- Mme Touriya Jabrane : ministre de la Culture.
- M. Abderrahmane Sbaï : ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l'Administration de la Défense nationale.
- M. Nizar Baraka : ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des affaires économiques et générales.
- M. Mohamed Abbou : ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la modernisation des secteurs publics.
- M. Mohammed Ameur : ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Communauté Marocaine résidant à l'étranger.
- M. Abdelkébir Zahoud : Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'Environnement, chargé de l'eau et de l'environnement.
- M. Anis Birou : Secrétaire d'Etat auprès du ministre du tourisme et de l'Artisanat, chargé de l'artisanat.
- M. Saad Hassar: Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur.
- Mme. Latifa Labida: Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique, chargé de l'enseignement scolaire.
- M. Ahmed Lakhrif : Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération.
- Mme Latifa Akherbach : Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération.
- M. Abdeslam Al Mesbahi: Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Habitat, de l'urbanisme et de l'aménagement de l'espace, chargé du développement territorial.
A cette occasion, les membres du gouvernement nouvellement nommés ont prêté serment devant SM le roi.
Source : MAP
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08.10.2007
Manifeste pour la reconstruction de l'USFP
Une poignés de cadres del'Union Socialiste des Forces populaires lancent un appel pour la reconstruction du parti. La qualité des signataires de ce manifeste ne doit pas voiler la qualité du raisonnement et des revendications. Partageant le fond de ce manifeste, je vous appèlle à le commenter.
نداء من أجل إعادة بناء الاتحاد الاشتراكي
تسعى هذه المساهمة المتواضعة لمجموعة من المناضلين والمسؤولين إلى دق ناقوس الخطر حول أوضاعنا الحزبية في أبعادها السياسية والتنظيمية والإيديولوجية• إنها ترمي إلى بسط مجموعة من النقط التي يمكن أن تكون منطلقات للتقييم والمساءلة أولا، ورسم معالم نقاش مفتوح عناوينه الكبرى: إعادة البناء والتجديد وبعث الثقة، ثانيا• إن هذه المساهمة هي محصلة لنقاش راكمه مجموعة من المناضلين والمسؤولين الحزبيين من مواقع مختلفة ومتعددة، وهي بذلك يمكن أن تتقاطع مع نقاشات وآراء لمناضلين ومسؤولين آخرين في مواقع أخرى• إنها إذن ليست بديلا لآراء المناضلين وتقديراتهم• يعيش حزب الاتحاد الاشتراكي مخاضا عسيرا ضاعفت من تأزمه الوضعية السياسية العامة، المتسمة أساسا بغياب آفاق واضحة لترسيخ البناء الديمقراطي• فالمغرب يعيش منذ سنوات وضع "الركود المؤسساتي"• ورغم الخطاب الملكي الواعد بالإصلاح الشامل، فإن مؤشرات تطور الحياة الديمقراطية لم تفض إلى نقلة نوعية• * إن النتيجة الأولى لهذا الوضع هو الظهور الباهت لحزبنا إبان المعركة الانتخابية، خاصة وأن عنصر "التميز التاريخي" الذي استفرد به الاتحاد طيلة عقود، تم اختزاله في التماهي المطلق مع تجربة لم نكن إلا طرفا فيها، وهو ما أكدته النتائج المحصل عليها خلال اقتراع 7 شتنبر• * إن هذه الوضعية دون أن تكون هي المعيار الوحيد للانتكاسة، فإنها لم تكن إلا محطة لمسار من الإحباطات التي ظل يشعر بها العديد من الاتحاديين والاتحاديات نتيجة سوء تدبير الخط السياسي للحزب وغياب التدبير التنظيمي الملائم• * لقد كانت كل المؤشرات تدل على أن القيادة الحزبية تشتغل بمنأى عن مستلزمات المنطق الجماعي الذي يراعي التراث السياسي لرموز حزبنا، ويستجيب لتطلعات المناضلات والمناضلين التي رسمها المؤتمر السابع• ولعل تدبير مرحلة ما بعد الانتخابات التشريعية الأخيرة، لخير دليل على هذا التردي• * إن انتخابات 7 شتنبر تشكل نهاية لمرحلة سياسية عنوانها التوافق الذي أصبح مائعا، استنفدت كافة شروطها وسياقاتها• ولذلك تبقى مسألة إعادة البناء الجذري للاتحاد الاشتراكي مهمة حاسمة، ليس فقط بالنسبة لمستقبل الحزب، بل وأساسا بالنسبة لمستقبل الديمقراطية ببلادنا• إن التجديد الضروري والمطلوب اليوم هو تجديد يجب أن يشمل كافة المستويات السياسية والتنظيمية، وذلك لتأهيل حزبنا لاستقطاب القوى الحية المؤمنة بقيم التقدم والديمقراطية، وضمان استمرارية الحزب في معركة البناء الديمقراطي برؤية واضحة• إن هذا النداء لا يقيد نفسه ضمن ردود فعل فردية أو ضمن حسابات ظرفية ضيقة، بقدر ما يقدم نفسه كمبادرة جماعية لفعاليات ومناضلين يقدرون حاجة الحزب إلى بلورة قطيعة حاسمة مع طريقة التدبير الداخلي، ومع صيغة تنظيمية أثبتت عجزها عن الفعل داخل المجتمع، ومع توجه مرتبك وعاجز عن تدبير ناجع للخط السياسي للحزب• وتبقى هذه المبادرة مفتوحة على كل الإرادات والطاقات التي تشترك في الإيمان بحاجة قوى اليسار للتجديد الفكري والتنظيمي، وبناء خط سياسي جديد يقدم الأجوبة المناسبة والضرورية على إشكاليات ما بعد 7 شتنبر بكل أسئلتها القلقة: مستقبل اليسار، مستقبل الديمقراطية، ومستقبل الأحزاب ببلادنا وتطلعات بناء دولة الحق والقانون والإجابة عن المعضلات الاجتماعية• وفي هذا السياق، فإننا ندعو المكتب السياسي إلى عقد دورة عاجلة للمجلس الوطني، تخصص لتحضير مؤتمر وطني لمراجعة الذات وإعادة بناء الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية•
لائحة الموقعين:
أحمد الزايدي - إدريس خروز - حسن طارق - رشيد بلافريج - زبيدة بوعياد - سعد مولين - سفيان خيرات - عبد الرحمن العمراني - عبد العالي دومو - عبد اللطيف موقن - العربي الجعيدي - علي الغنبوري - علي بوعبيد - عمر بلافريج - محمد المرغدي - محمد عامر - يوسف بنجلون - يونس مجاهد - محمد بنعبد القادر•
19:45 Publié dans Politique - socialisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.10.2007
Sidna Mohammed (SAWS ) et les femmes
Je partage avec vous un documentaire très intéressant diffusé sur Arte, un film de Lila Salmi avec la participation de Malek Chebel.
http://video.google.com/videoplay?docid=86807007556130041...
14:35 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Tous pour l’abolition de la peine de mort !
Le vote d’une résolution des Nations unies pour un moratoire universel sur les exécutions, tel est l’objectif que se sont fixés cette année les mouvements abolitionnistes de la peine de mort. L’annonce en a été faite officiellement par la coalition mondiale et son homologue marocaine contre la peine de mort lors de la conférence qui s’est tenue mardi à Rabat.
Cette rencontre organisée en marge de la célébration, le 10 octobre prochain, de la journée mondiale contre la peine capitale, a été une occasion pour nombre d’acteurs des mouvements abolitionnistes de mettre en exergue les enjeux de ce thème et de se pencher sur l’évolution de la situation de la peine de mort dans la région sans omettre les difficultés auxquelles sont confrontés les abolitionnistes arabes.
Dans ce cadre, Amina Bouayache, vice-présidente de la fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, a souligné que la situation dans les pays arabes concernant la peine de mort n’a pas changé d’un iota.
Aucun des 22 pays arabes n’a aboli la peine capitale ou mis en place des lois à même de mettre un terme à la politique pénale fondée sur la vengeance. Certes, ajoute Mme Bouayache, si la peine de mort est devenue l’une des priorités dans l’agenda diplomatique de certains pays arabes, en revanche, les discours officiels des gouvernements arabes et leurs interventions au sein des institutions internationales vont à l’encontre de ces priorités et au droit à la vie. Un constat qui a été réitéré par le secrétaire général de l’observatoire marocain des prisons. Selon Abderrahim Jamaaï, si les discours officiels au Maroc ont été prometteurs quant à une éventuelle abolition de la peine de mort ou le cas échéant, la réduction du nombre de délits passibles de la peine capitale, il y a eu des hésitations qui n’ont pas encore été dépassées. Aussi, et bien qu’il existe au Maroc un moratoire de fait, puisqu’aucune exécution n’a été appliquée depuis 1993, les condamnations continuent de tomber. On compte aujourd’hui quelque 129 détenus dans les couloirs de la mort, dont quatre femmes.
En attendant l’annulation pure et simple de la peine de mort, les mouvements abolitionnistes espèrent aujourd’hui gagner une étape intermédiaire. Celle du vote d’une résolution appelant à un moratoire universel sur les exécutions qui sera soumis à la 62ème assemblée générale des Nations Unies. Cette résolution sera appuyée d’une pétition signée par plus de 5 millions de personnes à travers le monde. Une lettre a été adressée dans ce sens au ministre marocain des affaires étrangères en vue de soutenir et de voter cette résolution, ajoute Mme Bouayache.
Cette rencontre a été également marquée par les interventions de M.Al-Dailami, coordinateur de la Coalition yéménite contre la peine de mort qui a brossé un tableau de la situation dans le monde arabe et de Mme Odile Sidem-Poulain, avocate et ancienne secrétaire générale de la fédération internationale des ligues des droits de l’homme. Cette rencontre a pris fin par un témoignage poignant de Mme Antoinette Chahine, ancienne condamnée à mort au Liban qui est revenue sur les conditions de sa détention et les souffrances qu’elle a endurées, quoiqu’innocente, dans les couloirs de la mort.
Amina SALHI
www.liberation.press.ma
13:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03.10.2007
Quelle gauche et quel socialisme voulons-nous ? Diagnostic pour construire.
La question du socialisme et de la gauche en général se pose avec beaucoup d’insistance après la chute du mur de Berlin, mais aussi bien avant. Le positionnement de ce courant idéologique à ramification diverses par rapport à la société contemporaine est une nécessité.
Au Maroc, et après les dernières élections, il est tout à fait légitime de poser la question existentielle du positionnement de la gauche et du socialisme voire même la définition.
Dans une société traditionnelle et conservatrice telle que la notre, le discours socialiste a séduit beaucoup d’intellectuels, comme ailleurs, à telle point que la majorité des artistes, des penseurs, des journalistes, des écrivains, … se trouvaient à gauche de l’échiquier. Le socialisme a aussi séduit la majorité de la classe moyenne en émergence dans le pays et qui défendait les mêmes valeurs : le travail, l’équité sociale, la méritocratie, … Les classes populaires du prolétariat n’étaient qu’un corollaire dans cette théorie de base.
La donne a changé, le discours et la circonstance ont évolué, la posture et l’exercice se sont métamorphosé, … Le Maroc en 2007 est naturellement différent de celui des années 70. Pour moi et pour nombreux de ma génération, nous avons une envie de découvrir ce qu’est le socialisme aujourd’hui.
Pour répondre à ce questionnement naïf, je vais essayer d’abord de lister les constantes de la gauche. La gauche est par construction un courant de pensée qui vise à :
- Instaurer une équité entre les différentes couches de la société.
- Promouvoir toute une pensée et une pratique de : liberté, solidarité, modernisme, respect et droits humains.
- Promouvoir l’initiative, la pensée libre, la démocratie, l’art.
- Instaurer la méritocratie.
- Défendre les couches sociales les plus démunies.
- Défendre la primauté de la loi.
Durant 10 ans d’exercice du pouvoir par la gauche ( enfin une grande partie ) marocaine, elle a certainement brillé lors des dernières élections par sa balkanisation, son piètre score et son incapacité à mobiliser les masses.
D’une manière générale, je pense que les principales raisons de la perte de l’éclat du blason de la gauche marocaine se résument ainsi :
- La participation à un gouvernement de « salut » nationale sans préparation : L’erreur a été commise en cherchant l’exercice du pouvoir et la chance historique de la réconciliation nationale via une alternance consensuelle sans passer par la préparation des forces vives qui soutenaient cette gauche. En effet, aucun diagnostic scientifique de la situation n’a été réalisé dans la circonstance pour éclairer la population ni aucun débat de grande envergure n’a été initié pour expliquer les bases du choix de la participation au jeu de pouvoir exécutif et le prix de la non participation. Ce schéma aurait mis les masses devant la responsabilité du choix et d’assumer les conséquences et aussi de capitaliser sur les réalisations.
- La conduite de projets à forte connotation apparente de droite : privatisation, valorisation de l’investissement et son encouragement excessif … . Ces choix politiques devraient en principe s’accompagner d’un réel débat au sein de la gauche et de la population marocaine en général qui aurait conduit à une mobilisation ou à un abandon des politiques impopulaires.
- Le manque de communication : Ceci est un des facteurs majeurs du déclin de l’USFP en particulier. A aucun moment, il n’a été question de relayer les masses populaires par le biais des instances de la gauche pour expliquer le cheminement politique. Les choix de la gauche durant 10ans d’exercice gouvernemental a été de préparer un terrain solide par le biais des réformes. C’est un travail dont les fruits ne se cultivent que dans le moyen, voire long, terme, alors que les marocains attendaient de la gauche la baguette magique capable de transformer le Maroc en 10 jours ( pour reprendre le slogan d’un parti dit libéral ).
- L’incapacité de renouvellement des élites : Le citoyen Lambda ne s’identifie plus dans cette élite de gauche aux rênes des partis. Les ténors, avec mes respects pour long et pénible militantisme, ont du préparé une relève, qui est existante paradoxalement, en s’ouvrant plus aux jeunes et aux femmes et surtout au débat d’opinion et au droit à la différence.
- La balkanisation de la gauche : USFP, PPS, PSU, CNI, PT, PADS, PS, Annahj, et autres associations politiques, associatives et syndicales se définissant à gauche n’est qu’un symptôme de la maladie de la gauche. Se référant aux dernières législatives, la gauche marocaine a obtenu que 78 sièges, soit 24% des sièges. Cela aurait été pesé lourd si la gauche était une seule gauche plurielle et aurait même obtenu un meilleur score. La différence d’opinion et la course aux chaises ne justifie à aucun moment que les perdants d’une manche ouvrent une boutique politique dont le fond de commerce est la gauche. Cela me rappelle l’histoire d’un notable vendeur de kefta X à Sidi Kacem, après sa mort, au moins quatre ou cinq restaurants ont ouvert sous le ême nom, avec sur leur bannière publicitaire « ici, vous êtes chez X l’authentique » !
- L’absence d’opposition crédible : Ceci n’est pas complètement imputable à la gauche. Dans ses glorieuses années, l’ennemi était : le pouvoir, la dilapidation des deniers publics, l’injustice sociale, … aujourd’hui, au pouvoir, la gauche ne peut jouer les rôles de la majorité et de l’opposition en même temps. Son principal rival est l’islamisme. Mais on a mal jugé son ennemi. Si les islamistes du PJD n’ont pas réalisé le raz-de-marrée, ils ont au moins servi à désespérer la population quant à une alternative valable.
Loin de me mettre dans une posture de donneur de leçon, je m’adresse à cette gauche en qui je m’identifie pour qu’elle réalise sa mue. Etre socialiste aujourd’hui, c’est d’abord de trouver des emplois aux jeunes, c’est de savoir à qui on s’adresse. Les jeunes de 2007 sont différents, diamétralement, des jeunes des époques révolues. Etre de gauche aujourd’hui, c’est aussi savoir parler un langage simple, compris par tous et surtout réalisable. Etre socialiste, c’est aussi combattre l’injustice, quelque soit notre positionnement dans la sphère du pouvoir. Etre socialiste c’est de savoir que la relève est un moyen de ressusciter l’espoir, en s’identifiant.
Allons tous vers ce renouvellement du pacte socialiste. La gauche est par essence porteuse d’espoir, par ses idéaux d’équité et de solidarité. Soyons optimiste et ayons espoir. Tous pour une gauche crédible, unifiée, plurielle, solidaire, décomplexée.
19:20 Publié dans Politique - socialisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note







