15.11.2007
Pour la grande maison des forces populaires.
A chaud, le séisme du 7 Septembre dernier a provoqué maintes réactions. Normal dira-t-on dans un parti des forces populaires. Aujourd’hui, le débat politique au sein du parti est plus serein, mais il a le mérite d’avoir posé des questions de fond : la démocratie interne, les choix stratégiques, la relation entre la base et le leadership, le rajeunissement, …
Les résultats déplorables lors des dernières consultations populaires de l’USFP ont au moins le mérite d’avoir ouvert la brèche du vrai débat. Comme tout grand parti, l’USFP doit trouver les réponses idoines aux grandes questions de son action avec courage.
Le parti est un fruit de notre société. Il a activement contribué à l’émancipation de la société marocaine certes, mais il est un grand et perpétuel chantier d’idées, d’idéologies, de stratégies, … qui a naturellement besoin d’entretien, de révision, de planification.
La relance des débats.
Le débat dans un parti de gauche est chose naturelle. Le débat sur le parti, sur les questions de l’organisation, de l’action, des orientations, … est toujours présents chez les militants. Son cadrage dans le temps ( élections, congrès, .. ) est une erreur d’appréciation.
Les militants sont aussi responsables de l’ouverture des grandes discussions. Il ne faut pas attendre que les instances du parti convient aux thématiques pour y contribuer. L’action du militant est aussi caractérisé par l’expression de ses opinions, de ses réactions continuellement.
Et les sujets ne manquent pas. Des grandes problématiques de la nation ( processus démocratique, gouvernance, constitution, libertés, la justice, intégrité territoriale, économie, diplomatie, alliances, … ) en passant par les questions du quotidien ( élus, gouvernance locale, action associative, action culturelle, presse, emploi, soins de base, éducation, … ) aux questions internes de notre formation où à la perpétuelle problématique du dogme référentiel ( gauche, socialisme, … ), tout le monde a son mot à dire.
Les instances dirigeantes ont le devoir de préparer le climat propice au débat, commençant de la logistique. Le militant doit admettre que sa participation est fortement apprécié, que son avis est hautement sollicité. Un débat populaire, ouvert et constructif conduit naturellement à plus de solidarité, à plus de compréhension et fait avancer les choses.
Une organisation vivante mesure son dynamisme par la qualité de ses débats !
Le reconquête des locaux et des médias du parti.
Il est à mon avis déplorable que les locaux du parti, implantés partout dans le pays, ne soient pas exploités. Les locaux doivent être ouverts !
Les militants devraient reconquérir leurs locaux et leurs médias. L’expression de militants doit être entendus dans la maison. Aujourd’hui, nous avons une grande logistique cadenassée. Comment imaginer que dans une organisation avec 2 journaux, un site Internet, une centaine de bureaux, les militant sont en mal d’expression. Que tout le monde assumes les responsabilités qui sont les siennes à commencer par le simple militant.
Un plan d’action doit être débattu pour résoudre cette équation. Personnellement, je propose :
- L’ouverture des bureaux du parti quotidiennement selon des horaires appropriés et l’organisation de tables rondes sur des thématiques choisies par les militants et animés par eux-même. Le programme des débats est clairement affiché et relayés par les médias du parti afin de permettre à tous de participer et même à permettre aux sympathisants d’y assister et d’y contribuer.
- Le résumé et la diffusion des débats par tous les moyens : imprimés, presse, mails, …
- Le site du parti qui a démarré avec un grand espoir doit être réhabilité. Il n’est pas normal qu’un tel outil de discussion ( surtout le forum ) destiné à communiquer avec les militants, les sympathisants et même les adversaires ne soit pas opérationnel aux moments où l’on en a le plus besoin ( le forum ne publie aucun message depuis les législatives ).
- Les journaux du partis devraient consacrer un espace aux bureaux régionaux et aux militants pour communiquer et exprimer leurs opinions dans le respect des différences.
Il n’est nul besoin que ces propositions ne sont pas du seul ressort des instances dirigeantes du parti. Leur concrétisation est assujettie à la volonté des militants de participer à l’édification de cadre propice à l’expression libre et responsable de leurs opinions loin de toute sensibilité politicienne ou calcul d’appareils.
La prise en compte de l’opinion des bases.
Le leadership est appelé plus que jamais à entendre la base. L’époque de la transition démocratique étant passée, la mobilisation derrière un consensus est aujourd’hui stérile.
Si je devrais illustrer un dysfonctionnement dans ce sens, je citerai en prime le fossé entre les militants et les ministres USFP dans les 2 dernières législatures. Vous ne pourrez demander à la base de vous soutenir alors que vous n’expliquez pas votre action, et vous ne prenez pas son opinion en considération. Le choix des candidats aux élection est un autre chantier de réforme latent. La démocratie veut que la base choisi librement son candidat.
Les forces populaire se sont senties perdue. Les choix du leadership n’ont pas été partagés et son action pas suffisamment expliquée.
Pour pallier à ces problèmes, des procédures claires et pratiques devraient être instaurées pour la gestion de la maison. Du choix des instances aux choix des candidats, la base devrait exprimer son opinion.
Le engagement des masses et leur mobilisation dans les grands choix est tributaire dans leur foi en le projet global du parti. Un travail de fond de communication interne doit être mis en valeur. L’initiative entamée durant tout au long de l’année 2007 du débat entre ténors – dirigeants du parti avec les militants, les sympathisants et même les adversaires sur le forum Internet est louable. La durabilité de ce dialogue et l’intensité des débats feront sûrement fédérer les masses et le leadership autour d’un projet commun.
Un autre point qui me semble important à traiter, quoiqu’il n’est pas le principal sujet de ce texte, est la question des courants. L’idée en elle même est une bonne approche. Faut-il pour autant se demander son applicabilité dans une organisation et dans une culture telles que les nôtres. Si les courants sont une expérience réussie plus ou moins dans des partis européens, son application chez nous demande une réflexion sereine et mûre. Si un courant est toujours dominant, à quoi sert d’institutionnaliser les autres ?
L’ouverture sur la gauche.
Nous partageons avec la gauche beaucoup de choses. Ce qui nous séparent est minime avec ce qui nous rassemble. Encore faut-il se mettre à l’esprit qu’hormis les bases idéologiques communes, nous faisons parti de la même famille politique et la plupart des formations de gauche marocaine sont issus de scission de notre maison.
Les divergences sur l’appréciation des choix politiques ne devraient pas nous distraire sur le combat commun pour l’établissement d’un Etat de droit, un Maroc démocratique, réconcilié avec son passé, ouvert sur son avenir et assumant les choix qui sont les siens.
Notre mission, en tant que gauche marocaine, est située dans le combat contre toute forme d’inégalité, contre les injustices, contre les passéistes. Nous aspirons tous, à l’édifications de fortes institutions démocratiques, au respect des droits de l’homme et au développement du Maroc.
Conclusion.
Il est insensé et réducteur de croire que seuls les dirigeants du parti sont responsables de nos résultats aux dernières législatives. Il est aussi réducteur et insignifiant que le passage du gouvernement à l’opposition, ou le contraire, saurait résoudre les problème de l’organisation.
Que tout le monde assume les responsabilités qui sont les siennes !
Notre combat et notre projet est un chantier ouvert, tous le monde devrait y contribuer, dans la maison. Notre ouverture sur nos compagnons de gauche est aujourd’hui un devoir national.
Article pau sur les colonnes du journal Libération du 15/11/2007
14:22 Publié dans Politique - socialisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : usfp, politique, maroc, gauche, socialiste, mounir, bensalah






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