30.11.2007

Le pouvoir d’achat : et si on en parle ?

 Le pouvoir d’achat des marocains ne cessent de diminuer d’année en année. En économie, et par simplification, on assimile cette notion au ratio calculé de la division de l’indice des revenus sur l’indice des prix. Or les revenus des marocains ont presque stagné depuis les années 80, mais les prix n’ont jamais cessé de grimper. 

Les ménages marocains touche concrètement cette baisse du pouvoir d’achat en mesurant leur panier. Les prix des denrées alimentaires, des hydrocarbures, … ont connu de fortes progression alors que les revenus ont stagné. La crainte sur la précarité est grande du moment qu’aucun signal des pouvoir publique ne vient rassurer.

 

Alors que l’aménagement de l’Impôt Général sur les Revenus a suscité un espoir avec son application en 2007, la loi de finance actuelle n’est pas allé en prolongement de cette démarche. En effet, de grandes dépenses fiscales prévue par le projet de la loi de finances 2008 sont allouées aux grandes entreprises et aux banques ou assurances. Connaissant parfaitement la nature des grandes entreprises marocaines, essentiellement constituées de firmes internationales, d’entreprises à capital étrangers ou d’entreprises familiales bâties sur les rentes des années de plomb financiers, ces cadeaux fiscaux iront droit vers l’étranger ou dans la poche des plus riches !

 

Le projet de loi propose de réduire l’Impôt sur les Société IS de 35% à 30% et de 39,5% à 35% pour les banques/assurances. Je ne conteste pas l’effet d’une telle mesure sur l’incitation à l’investissement et l’alignement du Maroc sur les pays concurrents certes, mais n’est-il pas plus judicieux pour un gouvernement à vocation sociale de canaliser ces dépenses directement vers le citoyen ? N’est-il pas plus appréciable de redonner confiance aux citoyens par l’accroissement de leur pouvoir d’achat après un score de 37% ( taux de participations aux dernières législatives ) ?

 

Durant 10ans, et au nom de la sacralité des équilibres macro-économiques, le citoyen a subi une forte régression de son pouvoir d’achat. La croissance économique enregistrée n’a pas été suffisante pour agir sur le chômage, la pauvreté ou la précarité. Et malgré tout, le citoyen, n’a cessé de consommer.

 

 

Le coût de la vie quant à lui augmente exponentiellement, surtout pour les denrées alimentaires, principales préoccupation des marocains et première pierre de la pyramide des besoins. Ainsi, les prix des produits alimentaires de base ont connu une augmentation de plus de 6% sur les dix premiers mois de l’année.

 

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Consommation des ménages : source HCP

 

Outre le panier alimentaire qui dévore le grand du budget des ménages, la flambée des prix des carburants ( hausses précédentes et prévisibles ), l’envolée spéculative de l’immobilier, … sont autant de facteur qui plombent le pouvoir d’achat. Il est naturel que l’on pousse un grand cri d’alarme sur cette situation alarmante qui ne fait que précariser de plus en plus la classe moyenne, moteur socio-économique du pays.

 

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Coût de la vie : source HCP

 

La diminution du pouvoir d’achat entraîne fatalement la baisse de consommation liée étroitement à la croissance. Et au moment où les protestations contre la vie chère deviennent plus virulentes parce que la question touche le fond ( En témoignent les évènements de Sefrou ), la réactivité publique est de loin mal adaptée. Les crispations du pouvoir d’achat sont aussi et surtout la résultante inextricable de la stagnation des salaires.

Commentaires

Paru sur les colonnes du journal Libération du WE 15/12/2007

Ecrit par : mounir | 16.12.2007

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