14.02.2008
Pourquoi je pense qu’il faut sauver le système éducatif au Maroc.
Je n’ai pas discuté depuis le début de l’initiative des blogueurs marocains pour le sauvetage du système éducatif pour 2 raisons :
1- je me suis auto-proclamé rapporteur et facilitateur de cette initiative, et de ce fait, je ne voulais pas que mes propos s’interfèrent avec celles des autres et que dans le texte de synthèse on me somme d’avoir privilégié mes idées au détriments des autres.
2- Le temps pour envoyer des emails, suivre l’évolution de l’initiative, inviter des blogueurs, … en parallèle avec mes occupations habituelles ( travail, famille, .. ) ne me laissaient pas l’occasion de produire sainement mes propres propos.
Aujourd’hui, après une semaine du lancement de cette compagne bloguienne, qui par ailleurs a suscité l’intérêt d’une multitudes de marocains, qui a mobilisé pour l’heure une trentaine de blogs, un groupe facebook, 56 signataires du texte de synthèse ( avec d’émouvants messages ), ainsi que des emails … je pense que je suis en mesure de lâcher un peu de lest en attendant que mes amis capitalisent sur cette mouvance.
Avant de rentrer sur le vif du sujet, et pour être honnête, j’ai décidé de fouiller dans mes archives, pour vous étaler quelques passages de ce que j’ai écrit sur le sujet, en vous promettant plus d'éclaircissement dans un futur billet :
- Je rappelle un constat : L’université est encore loin d’être la force motrice de l’activité économique. La responsabilité de cette défaillance incombe, certes, à l’Etat, mais également à l’entreprise. Celle-ci ne propose rien ou très peu à la recherche scientifique et n’investit pas suffisamment dans ce domaine. ( L’Economiste du 10 Avril 2001.)
- Le problème est criant. Le tableau noir et la craie nous poursuivent depuis le primaire. Nous apprenons une tonne de théories, mais il n’y a pas un échange d’expérience. ( Libération 06 Avril 2001 ).
- Ce grand chantier de réforme doit faire intervenir tous les opérateurs nationaux avec une vision globale, … Comment pourrait-on prévoir le développement avec un système d’enseignement aussi rigide et renfermé sur lui-même ? … De quelle incubation ou création d’entreprises innovantes dans les universités alors que la formation n’a jamais connu d’innovation ? … Enfin, je tiens à rappelr que le développement a été et sera toujours le fruit du travail des Hommes. ( L’Opinion du 08 Avril 2001 ).
- Dans ce monde où se mondialise une culture à la Mc-do et où les idoles ne sont plus un Sartre, une Bellucci, un mandella, ... les exemples sont des backstreet boys ( les enfants de la rue ), des ronaldo, ... nos espoirs ont changé de couleurs. Enfant, j'ai toujours rêvé d'être un homme cultivé, parlant de Mozart, de Freud, de Avicenne, ... avec aisance et certitude. Nos jeunes, eux, veulent être rappeurs pour dire n'importe quoi, ou footballeur pour gagner facilement abondamment l'argent. ( Blog moi, dans tous mes étas, le 28 Novembre 2005 )
- Franchement, je suis triste. J'avais établi, il y a quelques années une théorie ( enfin pas très élaborée, étant en plein dedans pour la développer davantage ) que je partage avec vous :
Le Maroc est composé d'une multitude de courants humains qui ont en commun le thème : La fuite.
Les premiers habitants du Maroc ( Cf nos manuels scolaires du primaire de ma génération ) sont les Amazigh, ils sont venus au Maroc Du Yemen à Travers la Habacha et Acham. Ils ont fuit une grande vague de guerre et de sécheresse.
La deuxième vague est venue avec My Idriss, ils ont fuit les Omaouyines, les guerres du pouvoirs et se sont installé dans le plus beau pays du monde.
La troisième est venue d'Andalousie. Ces gens ont fuit les croisés qui se sont emparé du sud hibérique.
Dans notre pays, en notre conscience collective, nous sommes là parce que nous avons fuit quelque chose. Nous sommes prêts à fuire si les circonstances nous acculent : un jeune oisif ne voulant pas trop se casser la tête veut bruler, un intellectuel frustré veut retrouver un espace culturel plus épanouissant, un riche se fait un passeport en devise pour garantir l'avenir de ces mômes, un manifestant fuit à la venue de flic musclé de batons, ... ( Blog moi, dans tous mes étas, le 24 Juin 2005 ) - Toutes les valeurs qu'on essaie de nous inculquer tombent à l'eau au premier dérapage constaté en une personne censée représenter et respecter le pacte social . Dans ce désordre sociétal, cet inversement de valeurs, je ne peux que crier fort : Quand est ce qu'il y aurais des lois et des conventions que nous allons poser démocratiquement et que nous allons respecter. ( Blog moi, dans tous mes étas, le 16 Juin 2006 )
00:15 Publié dans Moi | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : initiative, blogueur, éducation, maroc, mounir, bensalah, politique






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Commentaires
Je me demande si ce probleme de l'enseignement existe dans les pays producteurs de petrole du Moyen -Orient ? Bien sur que non. On n'entend jamais parler de ce genre de difficulte' chez eux.
Les problemes du Maroc en genral ne trouveront
jamais de solutions tant qu'on ne decouvre pas le petrole .
La qualite de l'education depend de l'importance des moyens financiers que l'etat met a la disposition du ministre concerne'.
En Europe et dans les autres pays avance's par exemples,
le montant d'argent depense' pour un SEUL eleve du primaire ou du secondaire remonte a peu a 6 ou 7 mille dollars $ par an. Le montant d'argent ou le budget annuel
alloue' a une ecole est base' sur le nombre d'eleves multiplie' par 6 ou sept mille dollars selon le pays ou l'etat.
Au Maroc , cette somme ( sept mille dollars) represente plus ou moins le budget total d'une ecole pendant une annee.
Un Prof. ou maitre d'ecole titulaire dans les pays developpes fait au moins 50 000 dollars $ par an. - Au Maroc, ce dernier doit faire la quete autour des parents d'eleves pour joindre les 2 bouts.
Notre systeme educatif trouvera naturellement la solution appropriee quand on aura decouvert notre propre petrole.
En attendant vous savez mieux que quiconque que la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a.
Ne demander pas l'impossible a un pays aux ressources limitees.
Ecrit par : pilgrim | 14.02.2008
pilgrim,
Je suis entièrement d'accord sur le fait que la qualité de l'enseignement dépend étroitement du budget, certes, mais ce n'est qu'un facteur parmi tant d'autres. Tu as un peu le contre exemlpede la Palestine : un peuple occupé, sous développé, opprimé, ... et le nombre de doctorants ramené à la population est parmi les plus grands au monde! à méditer.
Ecrit par : Mounir | 14.02.2008
C'est l'ONU qui finance genereusement les etudes des Palestiniens.
Ecrit par : Pilgrim | 15.02.2008
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