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31.03.2008

Darga, les cactus chantent pour les jeunes du Maroc.

e8f0cd79ed26a6304ee866cffa13bd2b.jpgLe groupe Darga ( traduisez Cactus ) est un des groupes stars de la musique jeune au Maroc. Composés de 10 musiciens, le groupe sort un album en 2008 intitulé : STOP-BARAKA. Dans la logique de ces jeunes, la musique est l’expression « ce qui se passe actuellement au Maroc et sur les réels problèmes de la jeunesse ». Ayant connu désormais une célébrité qui dépasse les frontière du Maroc, le groupe se produit sur plusieurs scènes internationales, exportant ainsi la nouvelle image musicale et culturelle du Maroc. Comme plusieurs groupes, Darga a surtout été découvert au L'boulevard, rendez-vous incontournable de la musique urbaine marocaine.

Badre Belhachmi ( Pedro pour les intimes ), le guitariste, nous parle ici de la philosophie de Darga :

MB : Parlez nous de Darga :

Le choix du nom de darga est venu très naturellement dans le sens que le groupe  a réussi à résister  depuis 7 ans  déjà  -on savait dès le départ que ça allait être dur et on a pris le risque- à toutes les intempéries : manque de moyens, la position de la culture dans la politique de l'Etat qui ne constitue nullement une priorité et  d'enfin assumer nos références musicales et les imposer comme étant une partie de la musique marocaine du fait qu'on a grandi avec et qu'on n'est pas allé les chercher ailleurs mais on les a trouvé au Maroc, en même temps nos paroles piquent ceux qui s' y reconnaîtront ... 

Le groupe a commencé en 2001 lors de la rencontre de deux groupes, le 1er constitué des étudiants des beaux arts et le deuxième un groupe du quartier beau séjour.

DARGA a posé sa candidature pour le boulevard 2001 et été primé comme groupe révélation de l'année. Direct après, les dates se sont enchaînées et depuis 2006 le groupe entame une carrière internationale entre autre Espagne, Belgique, France, San Marino, Suède ... 

MB : Dans quel style musicale vous évoluez :

En toute vérité, on n'aime pas coller une étiquette à la musique qu'on joue dans le sens que c'est un mélange de toutes les influences des membres de groupes et c'est ce qui fait notre force car on estime que la différence  constitue une richesse

MB : Vos paroles, à connotation contestataire, ne vous paraissent pas un lèse espoir pour les jeunes :

 

Personnellement je pense que le groupe, via ses paroles, ne fait que mettre de la lumière sur ce qui se passe actuellement au Maroc et sur les réels problèmes de la jeunesse et qu'on utilise ce vent de changement qui souffle sur le Maroc pour montrer aux décideurs, qui sont rarement sur le terrain, que la jeunesse a besoin de sentir ce changement et qu'elle a besoin que les décideurs s'attaquent à ce qui constitue une priorité pour la majorité de la population 

MB : Quand vous dites stop - baraka, quel votre principal message? :

 

On dit stop baraka, pour tout ce qui va mal au Maroc, on dit stop baraka pour tirer une sonnette d'alarme qui dit qu'on a besoin de changement, et que la jeunesse a besoin de vivre dignement. Mais en même temps stop baraka, l'album prouve que le Maroc est sur la bonne voie. C'est une reconnaissance tacite que la liberté d'expression a fait des progrès. Certes il y a toujours des points noirs mais en comparant le Maroc aux années de plomb c'est un bon départ ...

MB : Que pensez vous de Nayda, comme mouvement culturel et artistique ? :

 

Enfin pour la Nayda, je pense que c'est un mot purement commercial pour vendre et montrer que le changement est là. Alors que tant qu'il n y a pas de structures et d'infrastructures qui aident  l'artiste à s'épanouir, tant que le BMDA  ne donne pas aux artistes leur du, tant que les festivals sur le territoire marocain ne traitent pas l'artiste marocain de la même manière que l'artiste étranger, tant que le budget de l'Etat en matière de culture est très restreint, tant que les choix des personnes qui décident en matière de culture n'est pas le bon « ghadi tab9a na3sa ». Si on voit qu'il y a des groupes ou des artistes qui font bouger  la scène actuelle, il faut savoir qu'ils le font par leurs propres moyens et par un sacrifice pour  ce Maroc qu’on aime tant.

 

MB : Un mot pour vos fans :

Le Maroc nous appartient et tant qu'il y a le jeunesse y a l'espoir

 

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Pour en Savoir plus sur l’album et sur le Groupe : www.darga.info

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28.03.2008

يوم الأرض: قصّة النَّصب التذكاري في سخنين

Mon ami Shady khalilieh, habitant de Nasseryah et doctorant à Hayfa nous invite à célébrer le Jour de la Terre de la Palestine avec ses amis à Hayfa. Je décline son invitation, comme je lui expliqué dans de précédentes occasions, je refuse la normalisation avec Israel avant que l'Etat de la Palestine souveraine et indépendante ne voit le jour et soit l'Etat de tous les palestiniens désirants y vivre ( arabes de 48, 67 et réfugiés ).

Mon ami Shady ( que j'ai eu la chance de cotoyer le temps d'un séminaire en 2001 ) est un des arabes de 48, devenus citoyens israeliens. Ils militent à l'inérieur d'Israel pour la paix au proche-orient, pour qu'Un Etat Palestinien indépendant et souverain voit le jour à la base de la carte de 1967 et pour l'égalité entre arabes et juifs vivant en Israel.

Pour ma part, tout en reconnaissant aux israeliens le droit de vivre en paix, je crie tout les jours : FREE PALESTINE. Mon souhait est que les deux peuples vivent en paix et que ce problème du proche orient soit clos avec paix, en plus des milliers de victimes, essentiellement et numériquement palestiniens, il empoisonne et affecte les relations dans toute la planète.

Sans trop m'étaler, voici l'invitation si quelqu'un est intéréssé :

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يتشرف مركز مساواة بدعوتكم لافتتاح معرض

" يوم الأرض: قصّة النَّصب التذكاري في سخنين"

عبد عابدي وغرشون كنيسبل

صور: رفيق بكري، أمين بشير، جدعون غيتاي، سلام منير دياب، يارون كمينسكي وآخرون.

أرشيف صحيفة الاتحاد، صحيفة "هذا العالم،"عدد "يوم الأرض" جريدة متسبين.

أمينة المعرض: طال بن تسفي

حفل الافتتاح: يوم السبت 29.3.2008 الساعة 17:00 في "مركز الكرمل الثقافي التربوي"

كذلك ستقام ندوة وحفل اصدار كتاب "يوم الأرض: تاريخ ونضال ونصب تذكاري"

يستمر المعرض لغاية يوم الأربعاء 30.4.2008

مركز مساواة لحقوق المواطنين العرب في اسرائيل

شارع سانت لوكس 5،  حيفا

mosawa@rannet.com

www.mossawacenter.org

ساعات افتتاح المعرض الاحد – الخميس 11:00- 17:00

                            الجمعة 10:00 – 14:00

موقع الانترنت الخاص بالمعرض:

http://www.hagar-gallery.com/landay/home.html

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27.03.2008

La rose socialiste respire le printemps de l’Europe

Après le sacre espagnol du Partido Socialista PSOE, voilà la France qui fait confiance aux socialistes du PS pour la gestion municipale. Entre une confirmation de Zapatero et le revers à Sarkozy, la montée de la gauche en Europe et ailleurs ne fait que commencer.

Espagne : Zapatero n’est pas monté sur le drame des trains de Madrid !

En papotant avec le chauffeur de Taxi qui nous transportait de l’Aéroport de Barcelone vers notre destination, il remarque le pin’s de la rose que je mettais fièrement sur mon manteau. J’ai remarqué son regard, qu’il a cherché à dissimuler. En passant sur l’autoroute, une grande affiche de Zapatero brandie lors de la compagne des législatives, le chauffeur revient vers moi pour m’indiquer : « C’est Zapatero, notre premier ministre ». Un de mes compagnons de route lui réplique : « nous sommes contents, Zapatero est un ami du Maroc » et le chauffeur de répliquer : « Il est l’ami de tout le monde, il fait un bon travail ».

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Ce témoignage simple d’un citoyen espagnole transmet l’attachement qu’a eu le peuple et l’électorat espagnols au leader du PSOE. Zapatero s’est débarrassé de la dernière chose que ses détracteurs lui en voulaient : Il n’a pas gagné les législatives de 2004 sur le dos des victimes des attentats de Madrid ! Ses détracteurs de droite lui reprochent d’avoir voulu négocié avec l’ETA et d’être clément vis-à-vis des doléances des catalans.

Fier d’un bilan économique performant, d’une paix sociale et surtout d’une pacification des relations extérieures de son pays ( il a retiré ses troupes d’Irak directement après son ascension au pouvoir ), il a présenté au peuple espagnol un bilan de législature convaincant. Cependant le nouveau – ancien premier ministre fait face à une législature difficile : La conjoncture économique internationale et la flambée des prix exercent de fortes pressions sur le pouvoir d’achat, sur l’inflation et le taux de chômage.

Le parti socialiste PSOE, fier de sa « large victoire »( selon Zapatero ), est confiant qu’une « une nouvelle période de changement et de progrès » s’ouvrait en Espagne, avec un ambitieux programme électoral à mettre en œuvre. En battant le Parti populaire de droite, soutenu par l’église par ailleurs, pour la seconde législature et en instituant un bipartisme en Espagne ( les petites formations reculent drastiquement, le PP obtient 153 siège au Cortés contre 169 pour le PSOE ), le parti socialiste confirme la réussite de sa politique de rajeunissement et de réalisme économique.

France : Grande victoire du PS et une claque au Sarkozisme.

En 2007, les Français ont voté massivement et ont choisi Sarkozy, comme président de la rupture, mais aussi et surtout un président qui promet l’amélioration du pouvoir d’achat des français. Une année plus tard, ils ont bien compris que Sarkozy a réalisé la rupture, mais vers quoi au juste ? Sarkozy est un homme fait, nourri et travaillant par les médias. Il n’a pas hésité un instant pour étaler sur la voie publique tous les sujets, y compris les péripéties de sa vie privée. Sarkozy a pêché en voulant devenir « un monarque absolu en France et a oublié que les français désiraient un monarque présidentiel » ( Avis de Colombani du Journal Le Monde sur les ondes de la radio Médi 1 ). Sarkozy a pêché en promettant « trop sur le pouvoir d’achat », a confié un de ses proches à L’Humanité. Sarkozy pêche encore en minimisant la claque qu’il a reçu lors des municipales et sa portée nationale. Il a cru qu’en cooptant quelques potentialités de gauche, il arriverait à déstabiliser son adversaire. Bref, La droite au pouvoir est devenue minoritaire selon les dernières consultations françaises et j’ose croire que Sarkozy est devenu minoritaire, même dans son propre camp !

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« Si l’on observe les villes de + de 100 000 habitants –les grandes agglomérations françaises-, le gain est de 9 villes. Il n’y a aucune perte. Ce qui fait qu’à partir d’aujourd’hui, la gauche dirigera 24 des 36 villes de + de 100 000 habitants. Nous avons donc atteint l’objectif pour les élections municipales, quelle que soit la taille des villes, quelle que soit leur localisation. De ce point de vue, le résultat est à la fois local et national car il traduit un mouvement d’ensemble. » déclarait Hollande, patron du PS, à l’issue du scrutin.

Sur cette grande victoire, 10 mois après l’élection de Sarkozy, le PS prépare les échéances électorales européennes et son congrès du printemps. C’est dans ce dernier que se jouera l’avenir de ce parti, avenir prometteur s’il arrive à faire émerger un leadership capable de capitaliser sur ce sacre et conter l’hégémonisme du Sarkozisme dont la force a été mise à rude épreuve lors des communales de France.

Quel avenir à la rose en Europe, et ailleurs ?

Le socialisme en tant qu’idéologie a commencé par être touché de réalisme. Le but suprême de cette pensée, à savoir rassembler les prolétaires pour faire triompher les idéaux d’équité est désormais un leurre. Le réalisme est d’avouer que la classe moyenne est diverse, multiple et des fois à intérêts contradictoires. Le discours socialiste en Europe, tout en évitant de décevoir la population de gauche, s’adresse désormais aux jeunes de plus en plus apolitiques. Le message est plus rassurant, plus équilibré et surtout pragmatique et didactique. Il accompagne la jeunesse dans mouvance.

Le socialisme gagne lorsqu’il est capable de mobiliser. Et pour mobiliser, il faut qu’il soit au cœur des préoccupations citoyennes, qu’il les accompagne. Il gagne quand il régénère sa capacité à proposer, à créer l’espoir.

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26.03.2008

Solidarité avec la liberté de ton & d'expression

Je n'aime pas la ligne éditoriale d'almassae.

Je n'apprécie pas le traitement journalistique de Niny.

Je ne sais pas qui est derrière Almassae.

Je n'ai pas très compris le "complot" de l'agression" de Rachid Niny à Rabat!

Je suis catégoriquement contre le traitement d'Almassae et de Niny de l'affaire de Laksar.

Almassae est aujourd'hui, qu'on le veuille ou pas, le journal le plus populaire au Maroc.

Pour la liberté d'exression, je ne peu qu'être solidaire avec un journaliste, Rachid Niny, condamné à payer 6 Millions de dirahams de dommages et intérêts aux substituts du procureurs de Laksar.

02:24 Publié dans Politique - socialisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

24.03.2008

Quel est votre journal quotien arabophone marocain préféré?

Je vous invite à un jeu de sondage pour voir la popularité de nos journaux arabophones marocains. J'ai essayé de choisir depuis l'OJD, 4 quotidens partisans et 4 dits indépendants. A vous la parole :

 

17:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

23.03.2008

La lutte contre les maladies, nécessite une réforme des taxes qu'il faut abolir.

Je publie ici sur mon blog un texte de Dr IDRISSI. Ce militant au sein de l'ASSOCIATION DES AMIS DES MYASTHENIQUES DU MAROC à Kénitra publie des textes d'une qualité extraordinaire que j'ai eu le plaisir de recevoir comme commentaires. Je publie son texte, après qu'on ait eu une discussion sur le Forum de l'USFP ( A ce que je sache, Dr Drissi n'est pas usfpéiste ) pour deux raisons :

1 - La thématique qu'il défend depuis plusieurs années est importante : Détaxer les médicaments ( pour être un peu simpliste ).

2 - Mon blog est sollicité pour promouvoir des causes aussi nobles que je partage également : AAMM, OMDH, AMED, Forum de dialogue de gauche, ... et ceci démontre que la Blogoma est reconue comme acteur citoyen, mais aussi et cela me préoccupe essentiellement : comment faire les ponts entre toutes les initiatives citoyennes?

Sans vous encombrer, je vous invite à lire cet entretien que livre Dr Drissi au Journal le Reporter, comme vous pourrez le lire également sur le Jounal L'Opinion de ce lundi.

Lire l'entretien en entier.

23:19 Publié dans Lu pour vous | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

22.03.2008

23 mars 1965, éducation developpement déjà

en 1965, un 23 mars, des Etudiants, Eleves, ... Se sont soulevés pour un système éducatif equitable ...

23:20 Publié dans Politique - socialisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

21.03.2008

Elmaleh à la TVM

J’avoue que cela fait longtemps que je n’ai pas eu à programmer de voir une émission, surtout sur la TVM, mais cette fois-ci, il y avait de quoi motiver la programmation. Quand j’ai lu Lundi dernier un article sur le sujet d’Elmaleh et son passage, j’ai programmé mon agenda téléphonique pour qu’il me rappelle l’heure et la date de l’émission, Mercredi 07 Février à 23h05. Certes, le rappel était là, mais ma mémoire a pour une fois fonctionné, et pendant toute la journée d’hier, je n’attendais que l’heure de l’émission.

A 23h, je me suis installé devant mon poste de télévision, j’ai pris mon devoir en main pour mette le canal de la TVM, l’aventure est justifiée par la qualité de l’invitée.

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Haj Edmond, c'est comme ça que le nomme ses intimes.

A 23h10, après une dure épreuve de publicité démoralisante, je retrouve Macharif, qui reçoit ce soir Edmond Amran ELMALEH. Surnommé par ses amis par L’haj Edmond ( il explique cette appellation par le grand respect de notre culture marocaine aux personnes agées ), le critique littéraire Mohamed BERRADA l’appelle : Proust du Maroc.

E.A. Elmaleh se défini lui même par un écrivain marocain de confession juive ! il n’est pas, tient-il à rappeler, un écrivain juif marocain. Ce vieillard assagi est contre le concept de tolérance : une justification bidon, on est marocain, chacun a sa confession, dire qu’on s’accepte revient à justifier notre existence conjointe et qui ne date pas d’aujourd’hui. 

Militant de la mouvance nationale, il a combattu pour la libération du Maroc. Devenu militant de gauche après l’indépendance, il signa ses écrits dans les journaux marocains sous le pseudo : Aissa labdi. Il quitte le Maroc et s’installe en France pendant 30 ans, avec de fréquents déplacement dans son pays natal, avant de retourner à son berceau. Il est de Fès, Assilah, Safi, Essaouira, … il est du Maroc. Depuis 1948, il a toujours condamné les agressions israélienne. son texte sur Sabra & chatila dans son temps a été boycotté par tous les éditeurs français, il confirme la puissance du lobby sioniste, mais au final, il trouvera un éditeur, celui qui édite à ce jour ses textes. Ses textes, pro-palestiniens, de militantisme marocains n’ont pas été très applaudis au début par les éditeurs, Chez Gallimard, on lui a suggéré un jour d’écrire « Vaut mieux écrire sur les petits souvenirs du Maroc ».

08:25 Publié dans Politique - socialisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

19.03.2008

Fouad Mourtada : Ne réveille jamais un prisonnier qui dort, il rêve peut-être de liberté !

Je vous livre ces mots en ayant une information comme quoi Fouad Mourtada est enfin libéré. Il a été inscrit sur la liste des bénéficiaires de la grâce royale. A cet instant, je ne suis pas sur de cette information, mais je veux bien m’attacher à sa véracité et donc, je me réjouis pour Fouad et sa famille de la fin de ce cauchemar. Je tiens également à présenter mes sincères remerciements au Roi pour avoir gracié ce citoyen et corrigé l’arbitraire.
Maintenant que cette affaire serait finie, je me permet de poser certaines questions, toute bêtes soient-elles :

· Notre mobilisation ( blogoma, journaux, association droits de l’homme, à l’international, … ) serait-elle derrière cette grâce ?
· Le précédent de Fouad Mourtada aura-t-il des effets ( on le voit déjà sur certains blogs ) ?
· Comment faire pour que la justice ne soit plus télécommandée ? ( la preuve est que les enquêteurs qui ont questionné Fouad lui ont posé la question : Pourquoi as-tu crée le site Facebook ? )
· Sachant que la commission de préparation de la liste des graciés relève également de magistrats, comment comprendre cette bipolarité ?
· Cette affaire, n’est-elle pas un test pour mesurer l’ampleur de l’impact de l’Internet au Maroc par les services ?

Je croix fort que l’on doit collectivement essayer de trouver des réponses à ces questions naïves.
Mais avant tout, il faut se réjouir de la fin ce non-évènement et surtout ne pas oublier que d'autres combats sont encore sans dénouement.

15:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Ceci se passe en Palestine

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Palestinians... the most educated ppl in the world!!
she is selling sesemi to help her family and doing her home works
fuck this world

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18.03.2008

Le modernisme espagnol, chantier du siècle.

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La Sagrada Familia ( Cathédrale des anges ) à Barcelone est un monument incontournable pour le visiteur de la ville. Elle reçoit à elle seule 2 millions de visiteurs par ans !

En pleine ébullition du modernisme espagnol, Antoni Gaudi, célèbre architecte catalan, auteurs de plusieurs monuments de la ville, décide à la fin du 19ème siècle de construire une cathédrale dont l’architecture s’inscrit dans sa mouvance de modernisme et anti-conservatrice.

Gaudi, décédé à 74 ans d’un accident de tramway, a laissé son œuvre inachevée. Le chantier a connu alors des périodes alternant travaux intensifs et arrêts – sabotages. Les projections de nos jours estiment la fin de ce chantier monumental à 2040, ce qui ferait de la Sagrada Familia un des chantiers les plus longs de l’histoire contemporaine, dépassant un siècle et demi.

Deux façades sont désormais présentables au chantier : La nativité et la passion. La troisième façade ( à construire ), nommée la gloire, sera la façade principale de l’édifice. Gaudi n’a jamais travaillé avec des plans complets, il considérait que l’œuvre est l’évolution de la pensée. Ce qui explique sûrement le respect de cette philosophie par la continuité du chantier de nos jours. Le financement du chantier a été dès le départ choisi sous forme de souscription publique. Aujourd’hui, les rentrées de visiteurs financent l’ouvrage.

Sans rentrer dans les convictions religieuse de l’architecte et de ses financements et des conflits entre anarchistes et les nouveaux riches de Barcelone, l’œuvre de la Sagrada Familia est un symbole du mouvement de modernisme de la région catalane.

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17.03.2008

PJD : Touche pas à ma bière !

Le N°2 du PJD, Mr L. Daoudi a déclaré il y a deux semaines sur le journal Almassae www.almassae.press.ma que son parti, le PJD, ne veut aucunement interdire l’alcool au Maroc. Soit. Mr Daoudi explique que son parti veut pallier au problème de pouvoir d’achat en surtaxant les produits alcooliques, ce qui gonflerait les caisses de l’Etat !

Toujours suivant les responsables du PJD, thème repris également par la « caravane de promotion de valeurs » islamiques organisée par la jeunesse du PJD, cette surtaxation empêcherait les marocains de faibles revenus de consommer l’alcool !

Bon, je laisse de côté l’optique de « gardien du temple de la morale » pour discuter la proposition « islamiste » concernant l’alcool. Une grande surtaxation empêcherait effectivement le citoyen à faible et moyen revenus ( déjà son pouvoir d’achat est gravement affecté par les hausses des prix ) de consommer l’alcool ; sachant que le plus grand nombre de bière consommée au Maroc est des marques Storck et Spéciale ( communément appelé dafadi3 ou grenouilles, de la couleur de la bouteille ), le vin le plus consommé est le Chaudsoleil ( Saddam, Ferraka, … ), on conclut que la consommation de l’alcool au Maroc est bien concentrée chez les moins riches ( vu les prix de ces produits ). Empêcher cette catégorie de population de consommer l’alcool devenu plus cher ferait perdre à l’Etat une bonne partie des taxes sur ce créneau, ce qui est une première contradiction dans la démarche des islamistes. La deuxième contradiction est d’ordre social. Comment se permettre de faire une ségrégation sociale à connotation religieuse en permettant aux seules personnes aisées le privilège de commettre le péché de consommer l’alcool ?

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13.03.2008

Ne pas rompre la chaîne des tagués.

Le politiquonaute Marocain a eu la gentillesse de mentionner mon blog dans sa liste de tag. Le jeu consiste principalement en certaines règles :

1-     Tu es tagué par un ami, tu mentionnes son blog.

2-     Mentionner 6 choses futiles sur toi-même.

3-     Taguer 6 personnes ( blogs ) et les avertir directement sur leur blogs.

 

Pour les 6 « choses futiles » je vous propose ceci :

1-     Je vis à Casablanca, mais je suis aussi tout le temps à Kénitra, Marrakech, Meknes, Souk Larbaa, Assilah, Tanger, … pour diverses raisons. Il se peut que je passe en moyenne 2 jour à Casablanca par semaine. Mais entre nous, j’adore Casablanca, quoique né à Rabat, grandi à Kénitra.

2-     Mon blog, il n’est destiné principalement aux lecteurs. C’est avant tout un espace de défoulement, d’extériorisation, … créé par un besoin d’expression. Quand je reçois des visiteurs, cela me rassure, ils sont comme moi, il veulent communiquer leur maux.

3-     Je ne travaille pas chez Libération, contrairement à ce que pense certains de mes amis blogueurs, ni pour un autre journal. Je suis ingénieur de formation et de carrière.

4-     Je suis socialiste et de gauche par « construction » et par conviction. Il m’arrive certes de me demander souvent le sens du socialisme et des idéaux de gauche.

5-     Si je dois choisir une deuxième partie, ce serait le Brésil. Attention à ne pas bien me comprendre, ce ne sont pas les belles plages ou les belles meufs qui me fascinent principalement dans ce pays, c’est surtout le parti travailliste de Loula, qui a pu rassembler toutes les sensibilités de gauche autour d’une seule formation. Je médite, avec d’autres, pour le Maroc.

6-     Si j’avais le temps, l’argent pour ne pas travailler, je consacrerai ma vie pour mon blog.

 

A mon tour de passer le relais. Mes amis blogueurs que je tague : Fhamator, Jardin de femmes, Lady Zee, Citoyen Hmida, Taha Balafrej, Naim.

Prière de ne pas rompre la chaine.

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12.03.2008

Pour garder la mémoire, pour nos combats… Fouad Mourtada et les autres.

Je veux par ce billet faire un rappel à la blogoma, devenue de plus en plus militante, que le militant a par essence de la mémoire. Des divers combats que cette blogoma a soulevé dernièrement : Fouad Mourtada, Education-Développement, Censure Google earth, détenus du 1er Mai, … Aucun n’a trouvé le dénouement. La blogoma doit-elle arrêter pour autant ? Quel rôle pourrait avoir cette communauté citoyenne ?

 

Mon ami Motic a soulevé dans un post de résurrection spéciale Fouad Mourtada une question importante : « pour une question comme la censure ou le comportement des opérateurs dans un pays comme le Maroc, le blogging n'est pas vraiment la bonne manière de demander le changement » ! Citoyen Hmida se pose aussi cette question concernant Education – Développement : « Mais de simples citoyens, quelque soit leur bonne foi, peuvent-ils prendre à bras le corps un problème aussi complexe que le système éducatif de leur pays ? ». Le politiquonaute explique ainsi l’action de solidarité avec Fouad Mourtada « c’est juste une mobilisation pour sauver les fesses de Fouad … car son avenir, il a déjà été gaché »

 

La blogoma peut-elle remplacer les associations, les syndicats, les partis, … ? Sommes-nous devant une remise en cause profonde et existentielle de la blogoma ( blogueurs qui nous quittent ) ?

 

Pour ma part, je reste convaincu aujourd’hui que la blogoma a désormais son mot à dire. Les médias traditionnelles reprennent ses discussions et ses débats, des émissions sont consacrées à cette communauté, … Bref la blogoma milite et ne laisse personne indifférent.

 

Mon ami Omar, reprends désormais son poste de Directeur Général du Technopark de Casablanca ( Goldorak ), après un brillant passage à la Banque Mondiale. Je lui souhaite plein de succès dans cette nouvelle – vieille mission. Avec Omar et d’autres amis, j’ai eu des discussion dans les années 2000, du temps du SEPTI de Nasser Hajji, sur l’impact et la pénétration de l’internet au Maroc. Un chiffre phare de l’époque stipulait qu’à l’horizon 2010, nous serons 10 millions d’internautes marocains. Franchement en 2000, je n’y croyais pas. Aujourd’hui, selon les dernières statistiques, nous sommes à fin 2007 quelque 6,5 millions d’internautes au Maroc !

 

Mes amis blogueurs, Continuons à bloguer, continuons à mobiliser pour nos combats, … et croyez moi, notre voix est désormais entendue !

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11.03.2008

Socialisme, gauche, ... c'est quoi en fait?

Voilà des choses qui vous font ranimer l'espoir :

 

Le Parti socialiste espagnol remporte les législatives et confirme la réussite de son mandat.

 

Les socialistes français prennent revanche sur le Sarkozisme.

 

La petite-grande opposante birmane a rencontré pour la 2ème fois le facilitateur onsuien.

 

Tout ceci après l'air de gauche qui se chante en Allemagne, en Italie, en Amérique latine.

 

Un des amis, socialo par ailleurs, m'a dit que la rennaissance du socialisme viendra de la rennaissance du parti socialiste allemand, parti de Marx! Sur la même foulée, on s'est posé une grande question : Que veut dire être socialiste aujourd'hui?

 

Un grand débat se positionne sur ce sujet, je vous tiendrai au courant de nos discussions, notamment après une rencontre éminente à Casablanca, où certains vont parler de l'expérience latino ( entre autres du forum social porto allegré ), d'autres sur l'internationale socialiste, ... bref, un débat philosophique auquel je me suis inscrit et auquel je vais participer après avoir fait murir toutes mes récentes réflexion.

 

Devant cette euphorie socialiste, Mr Mounir Majidi, Secrétaire Particulier de SM le Roi a décidé de poursuivre le journal "Alittihad Alichtiraki" en justice pour diffamation. Ce journal ( avec Attajdid, le Journal Hebdo et Le Soir Echo, que Mr Majidi a gracié ! )a publié un dossier sur l’affaire de la proposition du Fath union sportive de Rabat FUS ( dont Mr Majidi vient d’être désigné président ) de transformer les installations sportives du club à des centres commerciaux. Le journal des socialos s’est insurgé sur la procédure de passation des terrains ( en plein centre ville de Rabat ) !

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07.03.2008

La troisième voie de l’Islam.

Nous souhaitons à travers cette analyse d’abord comprendre les dysfonctionnements liés aux sociétés musulmanes, relever les choix que prennent les uns et les autres et proposer une voie de dépassement de notre manière de concevoir l’évolution des choses. Je signifie par l’Islam dans ce texte la religion, les sociétés, l’héritage, les traditions, les nations, … liés à l’Islam comme étant en relation de cause à effet mutuelle.

L’Islam, opium de notre peuple ou ultime recours face à l’agression?

Il est à mon sens stérile et dépassé que de disserter sur cette problématique. La religion, toute religion qui soit, est une relation transcendante entre l’individu – créature avec la divinité – créatrice. Il est certes déplorable que l’on trouve un enroulement et un détournement à des fins profanes, matérielles ou politique d’une religion.

Depuis la chute du bloc Soviétique et que Huntington a formulé la théorie du choc des civilisation, le monde se concentre beaucoup plus sur l’Islam. Selon Huntington l’histoire des conflits humains dans le monde occidental a connu trois âges. D’abord quand les princes voulaient étendre leurs territoires (de 1648 à 1789). Puis quand les nations et les peuples ont voulus bâtir leurs empires (1789 à 1918). Enfin quand les idéologies se sont confrontées sur toute la surface du globe (1918 à 1989). Commence désormais l’âge des conflits de civilisations. La civilisation est le niveau concret le plus large auquel un individu s’identifie. Les projecteurs ont été braqué sur l’Islam ( religion, héritage, territoire, tradition, … ) depuis que les mouvements de l’Islam politique ont abdiqué à leur lien avec les centres de décision.

En effet, et analyse faite de toute mouvance islamiste contemporaine,  l’islamisme politique est né d’une volonté d’instrumentaliser la religion dans un combat contre les adversaires. Des moudjahidines afghans contre les russes, à Hamas contre Fath, en passant par les mouvements créés et soutenus par un Basri et semblables dans d’autres pays contre les démocrates et contre la gauche. Les liens ambigus ne sont plus à démontrer. La CIA n’a-t-elle pas entraîné et soutenu un Ben Laden ? les Israéliens n’ont pas aidé à créer et soutenu par la suite le Hamas ? Basri et son système n’ont-t-ils pas inondé les campus universitaires des années 70 et 80 de barbus ? …

Nous n’allons pas nous concentrer sur ce sujet que beaucoup de spécialistes traitent avec brio. Mais en parallèle, nous poserons les questions suivantes : Pourquoi le conservatisme gagne du terrain en terre d’Islam ? Comment expliquer ce choc, il existe par ailleurs et l’on ne peut le nier, entre occident et Islam ? Comment perçoit le jeune d’aujourd’hui la relation entre l’Islam et sa vie quotidienne ?

Pour essayer de comprendre ces phénomènes, il est utile de revenir sur certaines conditions qui favorisent l’expansion du conservatisme islamique en général :

 
  • La politique internationale : Lorsque les USA ont envahi l’Irak, le motif invoqué était la possession de ce pays, pourtant leur ami jadis, des armes de destructions massives. 5 ans après cette horrible invasion, où des milliers de civils ont trouvé la mort, des millions de déplacés, … les USA sont incapables de prouver la présence de ces armes et ils avouent avec mépris que le rapport selon lequel la guerre a été déclenché pourrait être faux ! En même temps, une Corée du nord persiste et signe à dire qu’elle dispose des armes nucléaires, tous les rapports de spécialistes et des services d’intelligence le confirment, mais les USA ne bougent pas !
  • La Palestine : Il est un point focal qui fait que le monde musulman se sent humilié, frustré et visé. Comment peut-on nier que nos coreligionnaires souffrent depuis 60 ans d’une occupation inhumaine d’un « Etat » basé sur une doctrine de haine, le sionisme. Le summum de l’injustice, c’est de voir la réaction humiliante de l’occident approuvant le désir de faire disparaître la Palestine, peuple, Etat, culture et dossier.
  • L’exclusion sociale en occident : depuis la 1ère guerre du Golf, un dialogue de sourds s’est installé entre occidentaux « de souche » et musulmans installés en occidents. Un rejet mutuel qui s’accentue dans cette relation stérile d’exclusion mutuelle. Le repli identitaire est une réaction de refoulement de l’autre.
  • Le sous développement : Concours de facteurs internes et externes, issus tous de décolonisation, les pays musulmans, et malgré les richesses dont ils disposent, vivent dans le sous-développement, la précarité sociale, … face aux problèmes de chômage, de précarité, d’inefficacité de l’enseignement, … les jeunes trouvent refuge dans le spirituel, que les décideurs ont encouragé par ailleurs comme calmant, même instrumentalisé.
  • Mondialisation et globalisation de la haine : le monde en petit village, le fantasme d’autrefois, nous le vivons. Les images des chaînes d’infos, les guerres exhibées chez soi, internet, … font que le récepteur devienne plus réceptif aux valeurs enveloppées d’endoctrinement qu’on croit une manière de nous prémunir contre l’autre.
 

« L’habit dit islamique est aujourd’hui l’un des aspects les plus marquants de la présence du religieux sur la scène publique. Son actualité est intimement liée à la naissance et au développement des mouvements islamistes. Ceux-ci font de l’habit un des aspects de l’identité du musulman. … Le port de la barbe par l’homme et le voile par la femme sont les principaux éléments du look islamique, propagé avec le développement des idéologies islamistes dans le sociétés dont la religion est l’islam ou dans un pays ayant une présence musulmane. Le port du voile par les femmes, la barbes et le qamîs (robe) par les hommes, sont devenus des signes distinctifs, voire d’identification des musulmans dans les sociétés occidentales ».(1)

 

Les obscurantistes et autres conservateurs nous présentent la religion comme une vielle jarre qui contient tout. Tout ce qui peut nous arriver, sans penser, nous devons, selon eux, chercher au fond de la jarre pour y trouver la réponse. Ils veulent manipuler la raison, la foi, pour des fins politiques profanes, sinon pour autres choses avec l’assistance du petroislam. Ils veulent nous faire croire que pour jeûner, il faut brûler la nourriture pour ne pas être tenté et ils oublient que l’essence du jeûne est essentiellement de voir la nourriture, d’être tenté et de se surseoir à la tentation. Ils nous renvoient vers des périodes qu’ils imaginent « propres », comme si l’instinct n’a pas été créé avec Adam et Eve.

 

Les politiques, surtout de gauche, n’ont jamais cessé de dénoncer cette instrumentalisation de la foi, de la religion dans le jeu politique :

 
  • « Les deux programmes électoraux des années 1977 et 2007 [de l’USFP] ont souligné dans leurs introductions sur l’importance de l’identité religieuse du Maroc comme bases et constantes … et malgré ce départ unioniste envers la position de principe de la religion, … [le programme de 2007] a souligné l’importance de la commanderie des croyants, la nécessité de la réforme du champ religieux, le maintien du rite malékite et le refus de l’introduction de la religion dans la compétition partisane ».(2)
  • « La position du parti [PPS] de la religion est claire, nous sommes, à l’instar de tout le peuple, fidèles à la religion, et en même temps nous disons que la religion est pour Dieu, la patrie est pour tous » déclare Ismail Alaoui, SG du PPS.(2)
  • « Le programme de l’alliance PADS-CNI-PSU appelle à la diffusion des valeurs de la raison, des lumières, du droit à la différence, en tant qu’acquis à la marche civilisationnelle humaine, et au développement de l’esprit de tolérance religieux … ».(2)
 

Mais en vain. Selon une enquête académique récente (1), avec d’éminents sociologues, 92% des sondés de plus de 60ans et 84% des 18 à 24 ans estiment que l’Islam est une « solution au politique » ! Ironie du sort, le mot sécularisation n’aucun équivalent dans la langue arabe, il est souvent traduit à tort pour laïcité ( A’ilmanya ).

 

L’occidentalisation de l’élite, un mauvais chemin ?

 

Nous commençons cette seconde partie de ce texte en relayant les liens économiques qui font que l’Occident a et continue à exercer un pouvoir ( selon Ibn Khaldoun, le pouvoir est la capacité d’imposer un système de valeur ), d’abord économique, ensuite culturel sur les pays du tiers monde et, entre autres, les pays musulmans dont le Maroc.

Citons ici un texte intitulé : « L'Assistance étrangère face au Développement
économique du Maroc », qui date de plus 40 ans, avec lequel Oualalou, membre du bureau politique de l’USFP et ancien ministre de l’Economie au Maroc, a soutenu sa thèse de doctorat. L’introduction de cette thèse a été rédigée par Feu Abderrahim Bouabid, père des uspéistes, sinon de la gauche marocaine entière. Il écrit : « L'association du Maroc au Marché Commun ne fera pas affluer les capitaux privés européens en dépit des avantages et des garanties prévus par le code des investissements … Si l'accroissement de la production suppose des investissements, il suppose également d'autres  facteurs, dont la formation qualifiée des cadres. Celle-ci requiert un effort tout aussi important  que le facteur capital … Nous ne pouvons pas croire à la fatalité de notre misère... Ce sont les hommes qui déterminent le sens des quasi-mécaniques  économiques … Une politique qui maintient le niveau de l'aide extérieure publique en capital, telle qu'elle  a été réalisée en 1964-1965, conduira le Maroc en 1985 à rembourser en intérêts et  amortissements plus qu'il ne reçoit en capitaux  frais … » Notons que cette thèse est soutenue en 1968, ce qui prouve une clairvoyance aiguë de si Abderrahim vis-à-vis d’un problème de dépendance économique structurelle du Maroc à ces donateurs, principalement occidentaux.

 

Dans la même logique d’idée, Mehdi Elmandjra, soutient la même idée : « La colonisation économique est la base même du néo-colonialisme lequel facilite une domination discrète dans beaucoup d'autres domaines. Il y a, finalement, la libération culturelle qui est la plus difficile et la plus longue - un minimum de deux générations sinon trois (entre 50 et 75 ans
environ). C'est à travers les systèmes éducatifs que l'on décolonise sa culture et que l'on récupère ses valeurs mais la réforme des systèmes d'éducation est un processus à long
terme. »(3)

 

De cette dominance occidentale sur le plan économique et politique, l’emprise culturelle a touché notre élite. Cette dernière, en s’identifiant à cet occident sans pour autant en avoir la base historique ou vécu la mouvance sociétale ayant produit le modèle occidental est confrontée à une question existentielle : Le modernisme, passe-t-il inéluctablement par le modèle occidental ? Justement dans la même foulée, notre élite engagée dans ce qu’on convient d’appeler « dialogue des civilisation » devient dès lors dans la posture : se défendre, prouver sa bonne fois, … Edmond Elmaleh avance cet argument de taille : « la tolérance : une justification bidon » (4). Pour lui, dire qu’on s’accepte revient à justifier notre existence conjointe et qui ne date pas d’aujourd’hui ( en parlant de juifs et musulmans du Maroc, assertion que l’on peut extrapoler pour d’autres oppositions thématiques ).

Cette occidentalisation accrue de notre élite, pas nécessairement et exclusivement dans sa manière de mener sa vie, dans son pays d’origine ou à l’occident, mais sûrement dans sa manière de concevoir le progrès de son pays, a créé une rupture profonde entre l’élite occidentalisée et la masse populaire restée ancrée dans ses traditions et croyances populaires. La Turquie est un cas d’école dans ce sens. Nilüfer GÖLE  révèle que : « L'existence d'un divorce politique et culturel entre une élite occidentalisée et un peuple resté très attaché à la religion a été la caractéristique la plus saillante de la vie politique des pays musulmans. De plus, la laïcité, condition sine qua non d'un pouvoir politique moderne, a accru cette fracture. Dans les pays musulmans qui ont connu une forte volonté politique de modernisation (Turquie, Iran...), on observe une contradiction intrinsèque entre laïcité et démocratie. Le principe de laïcité a primé rapidement sur le principe démocratique de souveraineté populaire et lorsque s’est produite une transition démocratique, elle a souvent été interrompue, car la participation des partis islamistes aux élections a été considérée par les élites, tant locales qu'occidentales, comme une stratégie déguisée de conquête du pouvoir à des fins théocratiques. » (5)

La troisième voie de l’Islam.

 

«Voila exactement le fonds du problème, … depuis des années on ne nous parlait que d'une seule pensée unique , celle des anciens foukahas, laquelle pensée ne faisait que répéter les futilités de ceux qui ont fermé bab el ijtihad, … mais nous, nous pouvons quand même continuer a discuter, non nécessairement pour donner des réponses mais surtout pour soulever des questions a propos de ce qui est jugé par certains comme des vérités indiscutables… » disait Hamid Bajjou (6).

 

Entre ce conservatisme rampant dans nos sociétés musulmanes ( pour ne pas dire aussi une radicalisation de la pensée )  et l’occidentalisation forcée de notre élite et sa démission des débats de société par le simple import de modèles, une troisième voie est aujourd’hui possible : La voie de la raison. Mais pour tracer cette troisième voie, l’Islam a besoin de porte drapeau, de leaders capables de faire émerger au sein de la société une nouvelle manière de penser sa foi. Notre élite n’est pas malheureusement mobilisatrice dans le sens de porter la société vers la différence : « [Malek Chebel] déplore que Chirine Ebadi, avocate des droits de l’homme en Iran, prix Nobel de la paix en 2003, se dévoile dès qu’elle quitte son pays et le remet quand elle y revient. Ne peut-elle servir de porte-drapeau ? " Le voile, dit-il, est d’un usage toujours politique. Le voile dépossède la femme de son image. Qu’elle se libère de ses voiles. » (7)


Aljabri, éminent penseur et philosophe marocain explique sa manière d’analyser les textes religieux comme suit : « Notre discours ici, ne sera pas un discours de la propagande, ni un discours contre à une quelconque propagande. C’est un discours qui se veut l’expression de la vérité comme elle nous paraît à travers une position neutre et objective vis-à-vis des faits, et un traitement critique des sources. »(8). Averroès l’a expliqué autrement, plusieurs siècle avant :« …et si la révélation recommande bien aux hommes de réfléchir sur les étants et les y encourage, alors il est évident que l’activité désignée sous ce nom [de philosophie] est, en vertu de la Loi révélée, soit obligatoire, soit recommandée ».(9)

 

Dans cette troisième voie, il est aussi important de revoir notre relation avec l’autre. L’autre qui a une conviction, des traditions, … différentes des nôtres. Dans cette relation qui devrait être basée sur le respect mutuel, sur la dénonciation du blasphème. Il ne faut pas avoir de complexes. Personnellement, oui je considère comme blasphème les caricature du prophète Mohammed sur le journal danois, mais je m’indigne face à la réaction irraisonnable de la masse musulmane. En quoi, un maudit dessin pourrait ébranler notre foi ? Dans la même foulée, en quoi le fait que Cousteau ou autres ( avec mes respects pour les personnes ) se soit converti à l’Islam, m’intéresserait ? ce sont ce genre de clichés, d’idées reçues, qu’il faut qu’on abolisse.

 

Il est aussi important pour nous de faire répandre au sein de la population des valeurs universelles qui soudent l’humanité, telles que l’amour : « Il est vrai que d’Ibn Hazm à Freud, tout le monde est d’accord : l’amour est inexplicable, indicible, insaisissable par le verbe, ineffable. »(10), le bonheur : « … nous, Musulmans, sommes convaincus que cette divine Révélation qui est la nôtre est la vérité, et que c’est elle qui éveille et appelle à ce bonheur qu’est la connaissance de Dieu … » (9), la vie : « la nouvelle école marocaine travaille à devenir pleine de vie… »(11) … des valeurs qui transcendent toute incompréhension et qui met l’individu au centre de toutes les préoccupations. En parallèle, l’autre doit aussi faire des efforts. L’occident doit en particulier abdiquer à sa posture de donneur de leçon !

 

 

La sécularisation de nos systèmes sociétaux ne signifient pas une incitation à l’abolition de la religion. Il est un choix sociétal basé sur le respect de la différence au niveau des convictions et sur la non interférence entre le domaine profane et le domaine de la foi.

 

Par Mounir BENSALAH

Références bibliographiques :

 

1-     L’islam au quotidien, enquêtes sur les valeurs et les pratiques religieuses au Maroc, Mohammed El Ayadi – Hassan Rachik – Mohamed Tozy, Editions Prologues 2007.

2-     La gauche et la religion, jusqu’à où ?, Ismail Idrissi, journal Madarik n°15 du 28 Février 08 ( traduction de l’auteur de cet article ).

3-     Mahdi Elmandjra, La Décolonisation Culturelle, défi majeur du 21ème siècle, Editions Walili 2006.

4-     E.A Elmaleh à l’émission Macharif sur la TVM.

5-     Laïcité, modernisme et islamisme en Turquie, Nilüfer GÖLE, 14 Mai 2006, http://cemoti.revues.org/document1691.html

6-     Forum USFP : http://www.usfp.ma/dialogues/read.php?f=1&i=21464&...

7-     Malek Chebel, l’Humanité : http://www.humanite.fr/2004-01-24_Medias_-Amis-de-l-Human...

8-     Mohamed Abid Aljabri, Alayam n°254 du 11/11/2006 ( concernant son livre : Madkhal ila Alkour’ane Alkarim ). ( traduction de l’auteur de cet article )

9-     Discours décisif, Averroès – traduction de Marc Geoffroy, Editions GF Flammarion 2006.

10- L’amour dans les pays musulmans, Fatéma Mernissi, Edition Fennec 2007.

11- Charte national de l’éducation et la formation, COSEF 2000.

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05.03.2008

Exclusivité : Rapport et communiqué de l'OMDH affaires Ksar et Belliraj

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Je vous livre en exclusivité ( avant la presse et le site officiel de l'OMDH ) deux documents importants de l'OMDH : Un rapport d'enquête sur l'affaire de Laksar Elkébir du 03/03/2008 et un communiqué du Conseil National de l'OMDH du 04/03/2008 concernant l'affaire Bellirej. Je remercie BL pour cette confiance en moi et en mon blog pour cette exclusivité. La blogoma est reconnue!

Affaire de Laksar : ( téléchargez ici le document en entier 18 pages )

1.1        الحفل وردود الفعل

 

* نظم السيد فؤاد فريرط حفلا تخللته طقوس وعادات معروفة وشائعة يومي 18 و 19 نونبر 2007 بدار مخصصة للاحتفالات والمناسبات الخاصة بحضور ما ينيف عن 150 شخص (من بينهم40 امرأة وأطفال).

 

* بعد تنظيم هذا الحفل قدمت شكاية إلى السلطات العمومية لفتح تحقيق، واتخاذ الإجراءات الضرورية في حق "الشواذ" من طرف الهيئات السياسية والجمعوية :

 

- جماعة العدل والإحسان

 

-   حزب العدالة التنمية

 

-   حزب البديل الحضاري

 

-   فرع الجمعية المغربية لحقوق الإنسان بالقصر الكبير

 

- منتدى حقوق الإنسان لشمال المغرب

 

* عرفت مدينة القصر الكبير يوم 23 نونبر 2007 متابعة إعلامية كثيفة بعد انطلاق مظاهرات تخللتها حركات احتجاجية  وأحداث شغب، نتيجة ما سمي وقتئذ بـ"زواج شواذ".

 

* حذر إماما مسجد وادي المخازن ومسجد سيدي الهزمري يوم الجمعة 23 نونبر 2007 في خطبتهما، من "تفشي ظاهرة المنكر في المجتمع مذكرين بغضب الله متى وقع التقاعس…"

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