02.07.2008

Sidi Ifni : Rapport OMDH

L'OMDH a présenté hier le rapport de sa commission d'enquête sur les évènements de Sidi Ifni, qui a été expédiée sur place afin de tirer au claire les tenant et les aboutissants de cette affaire du points de vue Droits Humains.

 Les principales conclusions de ce rappor, que vous pourrez télécharger exclusivement ici, sont :

 

أولا. حول ممارسة العنف والمعاملات المهينة يطالب فريق التقصي بما يلي:

Ø    على مستوى الحكومة:

* يطالب وزير الداخلية:  بفتح تحقيق إداري داخلي في شأن الأوامر والتعليمات والتنفيذات المتصلة بهما والتي بموجبها تم اقتحام المنازل واستعمال العنف بكافة أشكاله كما تم رصده في التقرير وإحالة النتائج المتوصل بها على النيابة العامة المختصة قصد تحريك الدعوى العمومية اللازمة؛

* يطالب وزير العدل:  باعتباره رئيس النيابة العامة بفتح تحقيق بشأن مذكرة المنظمة المغربية لحقوق الإنسان المتعلقة بحالات استعمال العنف والتي رصدتها بعثة التقصي والتي تباشرها نيابة عن الضحايا (....) وعن قائد المقاطعة الثانية.

* ويطالب وزير العدل  أيضا وكمشرف على أعمال النيابة العامة لاستئنافية أكادير، بإحداث سجل خاص، تدون فيه شكايات المتضررين من أعمال العنف المرتكبة مع الشروع الفوري في إجراء أبحاث في شأنها، وإحالة نتائجها على القضاء المختص دون إبطاء.

كما تسجل بعثة التقصي بإيجابية إفراج قاضي التحقيق عن بعض المعتقلين المحالين عليه وتطالب بإحاطة ضمانات الأبحاث المجراة من طرفه بالموضوعية والرصانة وعدم الإبطاء، بما يضمن الشروط العادلة لمحاكمة كذلك. كما ستتابع المنظمة باقي الحالات المتفرعة عن الأحداث والمعروضة على القضاء، وستصدر مواقفها لاحقا بخصوصها.

Ø    على مستوى البرلمان:

* تطالب لجنة التقصي البرلمانية في إطار مهامها ومراقبتها لأعمال الحكومة بإحالة كافة الحالات المتعلقة باستعمال العنف على وزير العدل قصد توجيهها  إلى النيابة العامة المختصة لإجراء التحريات اللازمة قانونا وإحالة مرتكبيها على القضاء المختص؛

ثانيا. استعمال القوة العمومية:

تطالب بعثة التقصي بنشر قواعد وضوابط السلوك المتعلقة بفض التجمهرات.

ثالثا. التجمهر والحركات الاحتجاجية:

تدعو بعثة التقصي المنظمة ومنظمات حقوق الإنسان العاملة في مجال الحماية والرصد والمؤسسات الوطنية الاستشارية والفرق البرلمانية والأخصائيين في مجال الحريات العامة إلى تنظيم لقاء تناظري وطني، ينصب حول موضوع الحق في التجمهر وعلاقته بالحركات الاحتجاجية في ضوء مبادئ حقوق الإنسان والمكتسبات الحقوقية والتزامات المغرب في هذا المحال.

رابعا . الوساطة ودور الإعلام:

تطالب بعثة التقصي بما يلي:

-    ضرورة تحمل المؤسسات الوطنية الاستشارية العاملة في مجال حقوق الإنسان لمسؤوليتها وذلك لتطوير نطاق تدخلاتها لتشمل التدخل الوقائي وتسوية المنازعات التي تهدد السلم المدني ومكاسب حقوق الإنسان وذلك كوسيط فعال بين المجتمع وسلطات ومؤسسات الدولة التشريعية والتنفيذية.

-     ضرورة نهوض وسائل الإعلام العمومية بدورها وتحمل مسؤوليتها كاملة في تمكين الرأي العام من مواد خبرية، حول الأحداث الاجتماعية في حينها مساهمة في التنوير والتحليل والتتبع والتقييم حتى لا يقع ضحية للمغالطات.

خامسا. حول البرامج والسياسات العمومية على صعيد سيدي إيفني:

تطالب بعثة التقصي الحكومة على ضوء نتائج التحقيقات الجارية وبصفة خاصة في ضوء نتائج لجنة التقصي البرلمانية، ببعث وفد حكومي متعدد الاختصاصات إلى سيدي إفني قصد إجراء تقييم شامل للبرامج والسياسات العمومية قصد الوقوف على المستوى الراهن للأوضاع الاقتصادية والاجتماعية والثقافية، والتدابير الإدارية والتنموية الكفيلة بوضعها في سياقات المشاريع التنموية.

 

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Flash back on Sidi Ifni’s riots, or how the human rights are still threatened by the State

Vaste programme donc pour le blogueur débutant que je suis, démêler et recouper les différentes versions de ce qui s’est réellement passé à Sidi Ifni pour tenter d’y voir clair, et prendre position en conclusion. Il faut dire que j...

Trackback par : Spy-Jones' Column | 19.07.2008

Commentaires

J'essaie de tirer des conclusions des conclusions...
Peut-on finalement dire que Sidi Ifni a réussi à attirer l'attention sur sa situation sociale et économique, que des efforts seront faits pour une amélioration, que les violations aux Droits Humains seront maintenant et dorénavant impardonables et les responsables poursuivis en justice, ou suis-je trop optimiste?

Ecrit par : elle | 02.07.2008

@ elle : je suis ravi de te relire ici. Pour tes conclusions des conclusions, permets moi de t'expliquer ceci :
- l'OMDH est une ONG et son rapport n'a pas un poids d'obligation pour le gouvernement. Son rapport est à mettre encore avec les autres ONG qui ont étudié ce cas précis.
- Les évènements de Sidi Ifni sont la preuve d'une nouvelle forme de contestation transcendant tout encadrement politique ou associatif. Avec le précédent de Sefrou, l'attention médiatique et populaire est attirée sur des situations régionales précaires ( à ajouter d'autre région : Figuig, Alhoceima, Khénifra, ... ).
- Comment réagira le gouvernement ( ou le makhzen ) face à cette affaire, je n'ai aucune idée.
- Traduction des personnes impliquées en justice : c'est mon souhait également. Dans un état de droit, les responsables de ce drame, à quelque degré que ce soit, doivent comparaitre devant une justice équitable.

Ecrit par : mounir | 02.07.2008

"Aujourd'hui le Maroc"
Le 3-7-2008
Par : M’Hamed Hamrouch


Amina Bouayach : «Le blocus du port de Sidi Ifni a eu des effets néfastes sur la population»

Amina BouayachL’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH) vient d’établir un rapport d’enquête sur les émeutes qui ont éclaté le 7 juin dernier à Sidi Ifni. La présidente de cette ONG, Amina Bouayach, révèle les résultats de cette enquête.


ALM : L’OMDH vient d’affirmer qu’il n’y a pas eu de victimes mortelles lors des événements de Sidi Ifni. Sur quelle base avez-vous établi ce constat ?
Amina Bouayach : Nous avons effectué les 14, 15 et 16 juin dernier une mission d’enquête à Sidi Ifni, Tiznit et Agadir. Lors de cette mission, nous avons procédé au recoupement des informations. Nous avons auditionné une centaine de personnes, consulté et vérifié le registre de l’hôpital local de Sidi Ifni. Notre préoccupation était de savoir s’il y a eu réellement des cas mortels lors des événements du 7 juin dernier. Mais, d’après les témoignages recueillis, combinés à nos investigations à l’hôpital local de Sidi Ifni, il n’y a eu aucune victime mortelle.
Avez-vous enregistré des cas de viols ?
Nous avons eu des discussions avec une vingtaine de femmes dont dix ont été arrêtées et libérées le même jour des événements. Nous avons engagé des discussions tantôt individuelles, tantôt collectives, avec les personnes concernées. Et, à chaque fois, nous leur avons posé la question sur ce qui s’est réellement passé. L’acte de viol, tel qu’il est défini par la loi, n’y est certes pas. Mais il y a lieu de relever que des femmes ont été déshabillées. Cet acte rentre dans le cadre plutôt des violences à caractère sexuel, qui n’ont pas pour objectif le viol mais l’atteinte à la dignité et l’humiliation. C’est un acte qui s’inscrit dans le cadre de la torture.

Que comptez-vous faire pour le rétablissement de la dignité des femmes victimes ?
Nous avons déposé une plainte auprès du ministre de la Justice, parce que nous voulons que cela ne se reproduise jamais. Nous appelons le ministère de tutelle à initier un processus d’interpellations et d’instructions pour déterminer les responsabilité s individuelles à ce sujet, parce que les dépassements enregistrés ne doivent pas rester impunis.

Quelles autres formes de violations avez-vous constatées sur place ?
Il y a eu atteinte à l’intégrité physique de personnes, qui a engendré plusieurs formes de torture. Il y a eu aussi des atteintes à la dignité des femmes, des sévices à l’encontre des citoyens qui se trouvaient dans la rue au moment des événements, sans oublier les incursions dans les domiciles de la population locale, violant l’intimité des familles.

Dans votre rapport, vous avez également relevé les dégâts occasionnés par le blocus imposé par les manifestants contre le port de Sidi Ifni. Que pensez-vous de ce blocus ?
Autant nous sommes attachés au respect du droit à la protestation, à l’expression collective, autant nous nous opposons au blocus d’un lieu public qui a eu des effets très néfastes sur l’activité commerciale et économique de la ville.
89 camions ont été bloqués au port de Sidi Ifni pendant une semaine, ce qui a causé des pertes de l’ordre de 6 millions de dirhams aux transporteurs. 400 bateaux de la pêche côtière, qui sont la propriété de citoyens de Sidi Ifni, ont été immobilisés. Le port de Sidi Ifni reçoit 30 bateaux qui déchargent chaque jour des cargaisons autres que le poisson, sachant bien que ces bateaux alimentent la ville en fruits, légumes, et autres produits de consommation. A cela, il faut ajouter que cinq administrations publiques ont été obligées à fermer leurs bureaux … Ce blocus a occasionné la paralysie de l’activité de la ville, ceci sans compter les dégâts causés à l’environnement du fait que les transporteurs assiégés ont dû se débarrasser de leurs marchandises sur la rue …

Les événements de Sidi Ifni ont également fait des victimes parmi les forces de l’ordre. Que répondez-vous à cela ?
Avec la même vigueur que nous avons condamné les violations à l’égard de la population civile, nous condamnons les agressions qui ont été perpétrées contre les forces de l’ordre.
Parmi les plaintes que nous avons déposées auprès du ministre de la Justice, il y en a une que nous avons portée au profit du caïd qui a été aspergé d’essence alors qu’il roulait à bord de sa voiture de service.

Ecrit par : ALM | 04.07.2008

Tel que reçu de mes amis d'Attac Maroc, je vous vous expose le rapport d'ATTAC concernant la même affaire :

Rapport d’Attac-Maroc sur la situation à Ifni

samedi 5 juillet 2008, par ATTAC Maroc

La ville de Sidi Ifni, petite ville côtière de 20 000 habitants au Sud du Maroc, a connu les 7 et 8 juin dernier une vague de répression extrêmement violente, en guise de réponse à un mouvement social qui depuis des années réclame que soit pensée une réelle politique de développement de la région et un appui social de l’Etat à cette région marginalisée par une extension et une amélioration des services publics.


Table des matières

* Cadre des évènements
* Chronologie
* Stratégie militaire contre les masses désarmés
* Dégâts matériels
* Arrestations
* Viols
* Autres exactions
* La question des morts parmi les manifestants
* État de la mobilisation populaire

Attac Maroc a accompagné depuis leur début les luttes sociales de la population de Sidi Ifni-Ait Baâmrane, qui ont démarré en 2005. Après la constitution du groupe local Attac Ifni en 2006 notre association est apparue comme un acteur essentiel du mouvement social, aux côtés des autres organisations militantes locales en lutte pour les revendications économiques et sociales des habitants.

Jouant son rôle d’aide aux citoyens de façon continue, tout de suite après la répression qui s’est abattue le samedi 7 juin, Attac Maroc s’est trouvé immédiatement associée à d’autres forces pour lancer une vaste campagne d’information en solidarité avec les victimes de la répression, pour dénoncer les crimes odieux commis à l’encontre des manifestants et pour apporter un soutien concret. L’Etat et la presse aux ordres ont immédiatement désigné Attac (et l’ANDCM comme des associations extrémistes et fauteuses de troubles). Les militants des groupes les plus proches d’Ifni et un membre du SN se sont rendus à Ifni pour établir la vérité sur les évènements et les détails de ce qui s’est passé le samedi noir.

Ce rapport est le résultant de cette visite. Il ne vise pas seulement à apporter une simple image des évènements ni à vouloir refermer les plaies, mais aussi à comprendre l’état du mouvement social et les moyens de le renforcer après la répression du samedi noir.
Cadre des évènements

Le mouvement est né à Ifni en 2005 et a connu une succession de sit-in, rassemblements de protestations, marches populaires qui ont culminé le 7 août 2005 puis se sont poursuivies par des mobilisations successives sur plusieurs dossiers revendicatifs :
pour des soins gratuits et de qualité
pour l’emploi
pour le boycott des élections parlementaires de 2007
pour le versement des indemnités sociales aux ayant-droits des familles des victimes de la colonisation.

Le comportement négatif de l’Etat marocain, qui a fait beaucoup de promesses mais ne les a pas tenues, explique la montée des protestations populaires. Les dernières promesses en date étaient les projets annoncés lors de la visite royale en décembre 2007. Le permanent va et vient entre la carotte et le bâton, les promesses et la répression, a également contribué à attiser le mouvement.
Chronologie

A partir de mai 2008, le mouvement social de Sidi Ifni a connu de nouveaux développements, avec son extension aux chômeurs non-diplômés et aux travailleurs précaires du port. Le mouvement des chômeurs illustre la maturité d’un grand nombre de jeunes qui ont rejoint les luttes depuis le 7 août 2007 et ont acquis une expérience de lutte qui lui a permis de construire son propre mouvement, ce qui a par voie de conséquence rallumé le flambeau de la lutte de la ville tout entière autour des cinq revendications qui avaient été avancées en 2005.

Ci-dessous, les détails jour après jour des évènements.

Vendredi 30 mai :
8 postes (échelle 1) ont été mis au tirage au sort à la municipalité d’Ifni (+ 4 postes qui n’ont pas été mis au tirage au sort mais réservés, après accord avec le syndicat CDT des municipalités, à des veuves ou des enfants d’anciens employés décédés de la municipalité. Plus de 100 candidats ont postulé pour ces emplois, mais les conditions du tirage au sort ont été entachées de népotisme et ont semé la colère parmi les jeunes d’Ifni
Un regain d’activité au port d’Ifni a renforcé cette colère, « comment tant de poisson peut arriver tous les jours et nous crevons de faim et restons chômeurs » . Ces deux éléments ont mis le feu aux poudres et des dizaines de jeunes, au départ, ont organisé un rassemblement de protestation sur l’avenue à la suite du tirage au sort. C’est pendant le rassemblement que l’idée a germé d’organiser un sit-in afin de bloquer la route du port. L’idée a été mise immédiatement mise à exécution et les jeunes en colère ont pris le chemin du port, ont commencé leur sit-in et ont bloqué 83 camions frigorifiques chargés de sardines et d’anchois.
Composition sociale des participants ! chômeurs du port + autres chômeurs non diplômés
Nombre : au début, plus de 100 personnes, nombre qui s’est élargi dès le 2e jour.
Commentaire sur l’aspect social et psychologique
Le niveau social est un élément important des mobilisations depuis 2005, qui a un impact direct sur la mobilisation dans les quartiers, sur les capacités de défense dans les quartiers face au déchaînement de la répression et sur l’auto-organisation du mouvement.

Samedi 31 mai :
Le matin du samedi l’association Attac et l’ANDCM sont allés rencontrer les jeunes bloquant l’accès au port, ils ont accepté certaines critiques qui leur ont été faites et la discussion a abouti aux conclusions suivantes : Attac et l’ANDCM peuvent se joindre au mouvement, en solidarité et en tant que conseil mais sans participer aux prises de décision.

Dimanche 1er juin :
De nouvelles discussions ont abouti à la nécessité de dépasser le caractère spontané du mouvement et de mettre en place d’un minimum d’organisation. D’où la création de 4 commissions : soutien financier, information, nourriture, surveillance.

Lundi 2 juin :
Les autorités demandent l’ouverture de négociations entre les manifestants et le représentant du pacha. La question a été débattue démocratiquement et il a été décidé d’accepter la proposition. Le débat a ensuite porté sur le contenu des revendications de ce mouvement spontané, qui a adopté les revendications suivantes :

* L’octroi de cartes de la solidarité nationale aux familles pauvres
* La création de plusieurs unités industrielles dans la région afin de fournir de l’emploi aux jeunes
* Construction d’un centre de formation aux métiers de la mer au bénéfice des jeunes
* Construction d’un centre de formation professionnelle
* Octroi des permis maritimes aux jeunes chômeurs pour qu’ils puissent travailler sur les bateaux de pêche
* Généralisation effective de la pesée électronique à la criée
* Ouvrir une enquête sur les dysfonctionnements existant au port (ANP+ONP)
* Octroi de permis de pêche traditionnelle aux chômeurs (un permis par personne et non pour 3 personnes comme cela se pratique
* Réserver un quota de pêche aux habitants de la région
* Exécution des projets inaugurés sur le papier lors de la visite royale (assainissement, électricité, routes) malgré leur inadéquation

Tout cela en complément des 5 revendications réclamées depuis 2005 qui constituent le socle revendicatif du mouvement.

Ont participé aux négociations : les délégués des manifestants, le gouverneur de la région Souss-Massa – Draa, les responsables des forces de sécurité.

Le gouverneur a mis comme préalable le déblocage du port en promettant en échange la délivrance de cartes de la solidarité nationale aux manifestants pour les deux mois de juillet et août (pour éviter que des luttes viennent troubler la période estivale) en attendant la construction d’unités industrielles dans la région pour leur fournir de l’emploi. Les propositions du gouverneur ont été jugées insuffisantes et accompagnées de trop de conditions administratives et de calendrier et les délégués des manifestants ont refusé de lever le blocage sans réponse réelle à leurs revendications. Le langage simple des délégués, exprimant leur vécu amer, a suffi à provoquer la colère du gouverneur qui s’est drapé dans sa dignité et il leur a déclaré « nous avons affronté l’Algérie qui est un Etat, serions-nous incapables d’affronter une poignée d’excités ? »

Après l’échec des négociations, les délégués ont réclamé l’ouverture de négociations centrales avec les responsables de l’Etat à Rabat.

Mardi 3 juin :
Le blocage commence à grossir et à bien s’organiser dès le 2ème jour, atteignant le nombre de 500 à 600 participants, dont 1/3 ne reste que la journée et ne reste pas la nuit (Eliminer cette phrase).

Des groupes de solidarité descendent vers le port.

Certaines organisations rendent visite au blocage et demandent à ses organisateurs de le lever par mesure de sécurité.

Un plan géographique est dressé de façon à ce que le blocage puisse éviter l’arrivée des forces répressives ou puisse se préparer à l’affronter (une commission se charge de surveiller la montagne, des tours de veille et de sommeil sont organisés)

Des marches féminines de solidarité sont organisées à l’initiative des militants d’Attac, de l’ANDCM, et des familles des bloqueurs pour élargir la solidarité.

Mercredi 4 juin :
Deux parlementaires viennent rencontrer les bloqueurs, Achenkli, parlementaire et homme d’affaire bien connu dans le sud et Abdeljebbar El Kastalani, député du PJD (parti qui s’est opposé au mouvement depuis le 7 septembre 2005).

Les deux parlementaires entreprennent de négocier avec les représentants des bloqueurs et reprennent exactement les mêmes propositions avancées par le gouverneur mais en ajoutant qu’au cas où le blocage serait levé, El Kastalani se porte garant de l’ouverture d’une négociation avec des autorités ministérielles ;

La négociation est un nouvel échec car elle n’apporte aucune avancée et les manifestants insistent pour l’ouverture de négociations sérieuses au niveau central.

L’organisation s’améliore avec l’implantation de baraques en haut des montagnes afin de rendre plus difficile l’intervention policière et la dispersion du blocage

Ce sont les bloqueurs qui organisent la sortie et l’entrée du port pour éviter que voitures ne rentrent et ne les encerclent.

Les manifestations de femmes se poursuivent et deviennent de plus en plus nombreuses.

Jeudi 5 juin :
Les marches de femmes de la ville jusqu’au port reprennent.

Un communiqué signé de 18 organisations apporte leur solidarité avec les piquets.

Abdelwahab Belfqih, riche député de l’USFP pour la région Aït Ba Amrane et président de la municipalité de Guelmim tente de disperser le blocage en argumentant sur le poisson qui pourrit et risque de provoquer des nuisances environnementales. Il propose d’acheminer par avion spécial une commission de négociation pour des discussions centrales à Rabat.

Pendant que se déroulaient ces discussions, un avion des services de renseignement survolait les lieux. Les manifestants comprennent que l’objet de Abdelwahab Belfqih n’est pas l’ouverture de négociations, mais le démantèlement du piquet, qu’il présentait comme condition préalable aux négociations. Il ne parvient pas à ses fins.

Une rencontre est organisée à la Province de Tiznit. Y participent le gouverneur, le conseil municipal, l’administration du ministère de l’intérieur, des parlementaires et des membres d’associations de développement. Le but de la rencontre est d’informer les manifestants sur le fait qu’ils ne sont qu’un groupe minoritaire, isolé des habitants de la région et que la patience de l’Etat avait atteint ses limites leur isolement.

Pendant ce temps l’avion continue de surveiller le piquet, soi-disant pour amener une délégation à Rabat. Mais comme les membres du piquet refusent, les autorités déclarent qu’ils ne souhaitent pas de négociations mais semer le désordre. En réalité, tout cela est apparu comme une manœuvre de version en attendant que la police donne l’assaut contre le blocage…

Un comité de défense de la ville contre les forces de répression est constitué au sein des habitants mobilisés qui organise des rassemblements et des groupes mobiles qui sillonnent la ville jusqu’à 6 heures du matin pour éviter toute mauvaise surprise.

Vendredi 6/samedi 7 juin :
Des rassemblements de jeunes et de femmes sont organisés dans les quartiers Colomina et Boulaâlam jusqu’à 2h30 du matin. Hicham CHARA est arrêté et torturé à Colomina. Les jeunes en colère partent à la recherche des responsables et partent en cortège vers le commissariat à deux heures du matin pour exiger la libération du jeune détenu. Il sera relâché après avoir été torturé, dans un endroit isolé.
Stratégie militaire contre les masses désarmés

Tous ceux qui ont observé les évènements du 7 et 8 juin constatent que l’intervention des forces policières s’est déroulée selon un plan militaire digne d’un ennemi armé jusqu’aux dents, équipé de chars et de fusils ! Des pelotons ont débarqué par la mer, d’autres sont intervenus à partir d’hélicoptères et les troisièmes ont surgi des alentours de la ville. D’autres enfin ont occupé les hauteurs environnantes. La ville a été complètement cernée. Ce plan militarie est en contradiction avec l’idée que le piquet de blocage du port est minoritaire : plus de 4000 personnes de différents corps de répression ont été mobilisés pour encercler 20 à 50 extrémistes !

Le samedi à 4 heures du matin, les forces de répression apparaissent du côté de Tamhraoucht, à deux kilomètres d’Ifni. Elles débouchent sur le quartier Colomina et font la jonction avec les pelotons qui arrivent de la mer, pendant que d’autres encerclent les principaux points névralgiques de la ville. A cinq heures du matin, commence la charge contre le piquet de blocage du port, pendant que d’autres forces de police pénètrent dans les quartiers.

A sept heures du matin, la répression s’étend aux maisons de plusieurs quartiers de la ville : Colomina, Boulaâlam, Gataa, Braber, Jotia, Amezdouz.

Les populations de ces quartiers tentent de se protéger face aux forces de l’ordre, mais que faire face à 4000 hommes en arme ? Plusieurs centaines de jeunes qui tentaient de se défendre et de protéger leurs familles se sont trouvés obligés de s’enfuir vers les montagnes environnantes, poursuivis par la police. Les forces de l’ordre ont investi toute la ville et encerclé les issues. Elles ont pénétré sauvagement dans les maisons, cassant tout sur leur passage, ont opéré des arrestations arbitraires, ont pris en otage les familles des militants, ont proféré des menaces de viol, ont lancé des grenades lacrymogènes et tiré des balles en caoutchouc.

* Dès le premier jour de cette vague de répression les habitants d’Ifni ont continué à organiser des manifestations et des protestations contre la répression. La police a riposté par des grenades lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des matraquages d’une extrême violence. Ifni s’est crue revenue au Moyen Age. Tous les témoignages recueillis montrent la sauvagerie de la répression qui s’est abattue tout autant sur les manifestants que sur ceux qui n’étaient pas mobilisés. Les domiciles ont été violés, jusque dans les chambres à coucher, les couples ont été humiliés, ont été chassés dans la rue en chemise de nuit et pyjamas. Toute la ville a été prise ne otage, à la merci de la razzia

Dégâts matériels

Des centaines de domiciles ont été violés de façon sauvage, portes, armoires, vaisselle, télévisions, réfrigérateurs, tout a été cassé et tout ce qui pouvait être volé (argent, bijoux, téléphones portables) l’a été.

Les écoles et les deux lycées de la ville ont été transformés en caserne.
Arrestations

Un témoin a fait état de plus de 300 arrestations. Lui-même, membre de la section locale de l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs (ANDCM), a été arrêté et a raconté comment ils ont été sauvagement torturés, insultés (fils d’espagnols, fils de putes…) et obligés à signer un engagement à travailler comme informateurs. Après avoir été torturé, le détenu a été présenté devant une commission constituée de gradés de la police et des forces auxiliaires, du pacha et du député de l’USFP (Union Socialiste des Forces Populaires) Abdelwahab Belfqih. Ce dernier les a traités de fauteurs de trouble et leur a enjoint de devenir responsables s’ils voulaient éviter ce genre de traitements à l’avenir ! Après cela ils ont été relâchés.
Viols

Une femme d’un âge avancé a raconté comment elle a été arrêtée, amenée au commissariat où elle a été mise nue, ne lui laissant que son maillot. Elle a été insultée et a subi des attouchements. Après cela, on l’a fait entrer dans une autre pièce où se trouvaient 6 femmes entièrement nues. Deux de ces femmes lui ont dit avoir été violées, mais ne pas vouloir rendre la chose publique.

Une autre femme a aussi déclaré connaître une jeune fille qui a été violée mais ne vent pas non plus rendre la chose publique.

Un homme âgé a déclaré que les CMI (équivalent des CRS) après s’être introduits chez lui, ont insulté ses filles qui ont subi des attouchements et des propos à connotation sexuelle dégradants.
Autres exactions

Abassi Mohamed : vol du téléphone, destruction de tous les équipements de la maison.
El Hamidi Aïcha : vol de 1400 dirhams et destruction des équipements de la maison.
El Bachir Gazouli : vol du téléphone et de bijoux en or.
Famille Bourouais : destruction du mobilier de la maison.
Malika Albachira, elle est membre d’Attac et épouse du secrétaire général d’Attac Ifni. Plus d’une quarantaine de CMI se sont introduits chez elle, ont pris son ordinateur, les CD et embarqué son beau-frère en otage. Par la suite, ils se sont introduits chez elle plus de 20 fois dans le but de la harceler moralement en la menaçant de viol et d’utiliser une « bouteille ». Le dimanche 9 juin, ils se sont introduits dans sa chambre à coucher et l’ont menacée avec des pistolet en visant sa tête, la menaçant de la tuer ou de la violer « dans le meilleurs des cas ». Jusqu’à aujourd’hui (12 juin) son domicile est surveillé.

Liste des personnes qui ont été arrêtées, torturées au commissariat ou dans les établissements scolaires réquisitionnés (essentiellement le lycée Moulay Abdallah).
1) Houssein Fikri
2) Ismaïl Kantachi
3) Khalil Rifi
4) Ahmed Zahid
5) Saïd Dayeh
6) Fares Eddaih
7) Abdeslam Laouinat
8) Mohamed Laouinat
9) Saïd Saman
10) Mustapha Zirian
11) Abdellah Mohand
12) Mohamed Aarab
13) Hassan Ahrad
14) Lahbib Ahrad
15) Ould Akhaouin Ahrad (aveugle)
16) Brahim Atbib
17) Lahcen Bouhouch
18) Ali Bara
19) Lahcen Kadad
20) Lahcen Lahssaini
21) Mohamed Qissa
22) Boutoukha Ahmed
23) Ibn Boutoukha
24) Ali Belghrid
25) Majid Ouchen
26) Mohamed Diani
27) Mounir Ezzahi
28) Ahmed Jimi
29) Lahcen Jimi
30) Abdallah Jaafri
31) Abdallah Lamrani
32) Brahim Zaouani
33) Omar Bouhouch
34) Abou Salah
35) Said Bouqriba
36) Mokhtar Rouiki
37) Ahmed Abassi
38) Boujemaa Aba
39) Abidat
40) Lhoussein Bziou
41) Jamal Mejjati
42) Fekroui
43) Omar Aboulkheir
44) Moussa Achnid
45) Mohamed El Ouahadani
46) Aziz El Ouahadani
47) Boufim Ahmed
48) Hassan Aghrabi
49) Fayçal Mkhilif
50) Khalil Ezzin
51) Zinelabidin Radi
52) Mounir Zakarya
53) Abderahmane Ben Ahmed
54) Abdellatif Makiza
55) Bouchaïb El ghati

Liste des personnes maintenues en détention et déférées devant la cour d’appel d’Agadir : Mohamed El Ouahadani, Ahmed Boufim, Zinelabidin Radi, Mohamed Atbib.

D’autres sont poursuivis mais remis en liberté provisoire : Fayçal Moukhilif, Khalil Ezzin, Mounir Zakarya, Abderrahmane Ben Ahmed, Abdellatif Makiza, Bouchaib El Ghati.

* Les militants qui se sont dispersés dans la montagne éteint au nombre de 150 à 200. Ils ont fait l’objet de recherches. Plusieurs, qui sont revenus en ville ont été arrêtés et torturés avant d’être relâchés. C’est le cas de Faris Eddeyh, arrêté le 11 juin.

La question des morts parmi les manifestants

Certains journaux et chaînes de télévision ont annoncé l’information qu’il y avait entre 4 et 8 ou 12 morts. Cette information n’a pu être confirmée mais la sauvagerie et l’état d’esprit des forces de répression lors de leur offensive permet d’imaginer cela. Le témoignage de trois personnes va dans ce sens :
Le premier a dit avoir été arrêté et torturé au commissariat et avoir vu en passant devant un bureau 6 corps entassés les uns sur les autres. Même s’ils n’étaient qu’évanouis, les corps jetés en dessous avaient toutes les chances de mourir étouffés avec le temps sous le poids des autres corps.
Le deuxième a vu deux corps inertes dans la rue ramassés par une voiture de police et au moment de son arrestation, 5 corps ont été amenés au commissariat. Les policiers les ont arrosés d’eau froide. 3 d’entre eux ont bougé, mais les deux autres n’ont pas réagi même après un deuxième arrosage et les corps ont été introduits dans un bureau.
Le troisième témoin était au port et a vu arriver des zodiacs pour réprimer les gens qui tenaient le piquet. Pendant la charge de police, il a vu un gradé des CMI donner l’ordre de jeter 3 corps inanimés dans la mer, ce qui a été fait et qu’il a vu de ses propres yeux, puis ils sont revenus pour continuer la répression du mouvement. 20 minutes plus tard, le même gradé a donné l’ordre de récupérer les 3 corps jetés dans l’eau, et ils ont transportés dans leurs voitures. Il est difficile d’imaginer qu’ils aient pu rester vivants après tout ce temps passé dans l’eau. si toutefois ils n’étaient pas morts auparavant.

Nous avons écouté de nombreux autres témoignages, mais ces trois étaient les plus fiables et nous les avons recueillis directement et non en 2e main.

Le problème de la confirmation des morts réside dans le fait que de nombreuses familles sont sans nouvelles de leurs enfants, mais ne savent pas s’ils sont dans les montagnes, ou en état de détention ou morts.

Le fait que la répression n’a pas touché que les acteurs direct du mouvement mais aussi des SDF qui ont aussi subi durement les effets de la répression. S’il y a des morts parmi eux, il sera difficile de le confirmer car ils n’étaient pas de la région et on ne les connaissait pas.

De façon générale Attac Maroc ne peut donner pour certaine l’information selon laquelle des gens sont morts ou pas jusqu’à ce que des preuves concrètes soient apportées, de leur existence ou non existence. Pour cela, il convient de multiplier les efforts pour faire surgir la vérité aujourd’hui sans attendre demain. Nous ne sommes pas disposés à attendre 20 ans ou plus pour savoir ce qui s’est passé, comme cela a été le cas à Nador dernièrement.
État de la mobilisation populaire

Les gens en ont assez et sont très en colère après ce qui s’est passé et n’attendent qu’une occasion pour protester et exprimer leur colère pour « venger » leur dignité piétinée et humiliée. Le régime n’a fait qu’allumer un nouveau foyer de protestation populaire contre les politiques, surtout qu’il n’y a eu aucune avancée sur le terrain des revendications principales des habitants de la région qu’ils défendent de façon continue depuis 2005. Le mouvement populaire se poursuit, malgré qu’il se soit retrouvé sans leader, car il s’appuie sur des centaines de jeunes actifs, mobilisés et prêts à tous les sacrifices, de même qu’il s’appuie sur une participation des femmes importante et des forces féminines militantes et courageuses.

Le mouvement a seulement un manque d’organisation. En effet, après la disparition du secrétariat local après les manifestations du 7 août et malgré sa résurrection lors de l’été 2007, il est resté un cadre paralysé et sans initiative. Le résultat de cette situation et de la démission des partis politiques de toute responsabilité directe sur le terrain a été que Attac Maroc et l’AN DCM se sont retrouvés à la tête du mouvement. Les quartiers doivent alors s’auto-organiser et se coordonner à l’échelle de la ville pour que le mouvement puisse aller de l’avant.

Le 9 et10 juin rares sont les lycéens qui sont à mêmes de se présenter aux épreuves du baccalauréat, du fait du nombre de blessés parmi eux et du choc psychologique subi. Malgré un large absentéisme, elles n’ont pas été reportées.

Le 11 juin, une première tentative de sit-in est organisée.

Le 12 juin, un cortège de femmes en noir reprend possession de la rue et elles continueront à le faire quotidiennement. La ville reste toujours encerclée et quadrillée par les forces de l’ordre.

Le 15 juin une caravane nationale est organisée à l’initiative d’Attac Maroc, avec la participation de l’AMDH, de la CDT , du congrès mondial amazigh, de certains partis de la gauche marocaine et d’associations locales… Près de 500 militants venus de tout le Maroc convergent vers Ifni où ils rejoignent un long cortège de 12 000 personnes environ. Cette caravane permettra à la population de reprendre possession de la ville et de ses rues, jusqu’alors occupées par les forces de l’ordre, de faire le lien avec la grande vague de solidarité qui se constitue tant à l’étranger qu’au Maroc, en particulier par les nombreux témoignages directs que les manifestant venus de l’extérieur pourront recueillir sur place. Elle permettra de lever le blocus de la ville et verra plusieurs des jeunes réfugiés dans les montagnes se joindre progressivement au cortège.

Pendant toute la semaine du 15 au 22 la population d’Ifni continue de se mobiliser et le 22 juin une nouvelle caravane, à l’appel de 4 partis de gauche rejoints par les militants associatifs et syndicaux, gagne Ifni et une nouvelle manifestation, de 8000 à 10 000 personnes environ sillonnera les quartiers durement touchés par la répression.

Le 17 juin, de nouveaux militants descendent à leur tour des montagnes. Mais à l’aube du 18, 16 estafettes encerclent le quartier Moutalak et pénètrent en commando dans quelques maisons. Quatre personnes seront arrêtées et sauvagement frappées avant d’être conduits au commissariat de Tiznit, les yeux bandés et menottés. Après plus de 8 heures d’interrogatoire, un seul sera maintenu en détention et inculpé : notre camarade Brahim Bara, secrétaire général du groupe Attac d’IFNI.

Le 18 juin, le Parlement constitue une commission d’enquête qui démarrera ses auditions dès le 25 juin.

Le 26 juin, Brahim SBAALIL, secrétaire général de la section locale du Centre Marocain pour les Droits humains participe à une conférence de presse organisée à Rabat par le CMDH. Dans la nuit, il sera arrêté au domicile où il loge à Rabat et inculpé de propagation d’informations mensongères.

Le 30 juin marque chaque année l’anniversaire de la rétrocession d’Ifni au Maroc. Cette année, cette journée habituellement festive se déroulera dans le plus grand silence : les habitants d’Ifni ont décidé d’une journée ville morte, boycottant la célébration officielle et c’est sur fond de photos d’archive, avec l’interview d’un seul ancien combattant que la télévision « officielle » parlera de cette journée. Vers 16 heures, une nouvelle manifestation sillonne à nouveau les rues d’Ifni.

Tout au long de leurs mobilisations, les habitants d’Ifni mettent en avant les demandes suivantes :
libération des prisonniers (6 à ce jour).
satisfaction des revendications économiques et sociales.
poursuites des responsables des violences policières.
respect et dignité pour les habitants de Sidi Ifni-Aït Baâmrame.

Attac Maroc appelle :
à une large campagne de solidarité, sous toutes ses formes, afin d’obtenir la libération de tous les prisonniers, l’arrêt de toute poursuite et les conditions du retour de tous les jeunes.
à la constitution d’une commission d’enquête indépendante qui puisse faire la lumière sur ce qui s’est exactement passé à Ifni (rappelons le fiasco de la commission d’enquête constituée après le soulèvement de Fès en décembre 1990 qui après une année de travail a été incapable de reconnaître les exactions et crimes policiers mais a blâmé la rébellion des va-nu-pieds et des affamés) et établir les responsabilité s dans les exactions et violences policières.
des réponses satisfaisantes et concrètes aux revendications économiques et sociales des habitants d’Ifni. Le problème n’est pas financier mais politique. La répression constitue une solution facile mais, aussi violente soit-elle, elle ne mettra pas fin au mouvement qui a ses racines dans la marginalisation, le développement du chômage et touts sortes de frustrations social.

Ecrit par : mounir | 08.07.2008

apparemment c Abbas et son gouvernement qui auraient demandé à ce que l'émission sur Sidi Ifni soit "reportée" car le "timing est sensible"

Ecrit par : reponse | 10.07.2008

le gouvernement ( ou ceux qui ) a interdit ce programme dit on pour ne pas entraver les travaux de la commission d'enquête parlementaire!
entraver la vie à une population, ça plait à Abbas ça!

Ecrit par : mounir | 11.07.2008

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