29.10.2008

Yassine est en liberté provisoire

Yassine sera remis cet après-midi en liberté provisoire.

Bravo à tous ceux qui l'ont soutenu.

Le combat continue.

بـلاغ

إطلاق سراح ياسين بلعسل

 استجابت محكمة الاستئناف يوم الأربعاء 29 أكتوبر 2008 لملتمس السراح المؤقت لفائدة الشاب ياسين بلعسل والذي تقدم به الأستاذ جيلالي الحمومي، المنتدب من طرف المنظمة المغربية لحقوق الإنسان للدفاع عنه خلال أول جلسة الاستئناف.

ومن المنتظر أن يتم مناقشة الموضوع خلال جلسة يوم 05 نونبر 2008، حيث سبق للمحكمة الابتدائية أن أصدرت حكما بسنة نافذة وغرامة 1000 درهم في حق الشاب ياسين بلعسل بتهمة المس بالمقدسات.

 المكتب الوطني

29 أكتوبر 2008

Organisation Marocaine Des Droits Humains (OMDH)

8, rue Ouargha Résidence Volubilis, Appartement 1

Agdal Rabat, Maroc

Tel: (212)-37-77-00-60

Fax:(212)-37-77-46-15

E-mail: contact@omdh.org

Site Web : www.omdh.org

Mon ami Mehdi Benbarka

benbarka.jpgMehdi Ben Barka, le grand leader révolutionnaire du tiers-monde, a été enlevée il y'a 43 ans. En cette journée de mémoire, la pensée de Mehdi, son option révolutionnaire, ... sont toujours d'actualité.

Les 3 erreurs fatales de la gauche marocaine, théorie développée par ce grand monsieur, à savoir : les consensus stériles et demi-solutions, les combats sans communication et la non clarté idéologique, sont malheureusement toujours d'actualité!

Samedi prochain, un sit-in est organisé à 18h devant la gare Rabat-Ville par FVJ-AMDH-OMDH en commémoration de la journée du disparu.

 Dimanche, à Casa, une rencontre organisée par l'Espace de casablanca de dialogue de gauche, à la bibliothèque publique d'Almaarif sur le thème : Critique de la pensée de Ben Barka et enjeux de la gauche d'aujourd'hui.

28.10.2008

Yassine en appel demain.

Soutenez massivement Yassine sur le site dédié : http://helpyassine.com

( En moins de 24h, 1400 signatures déjà )

Rejoignez le groupe facebook : Free moroccan student Yassine Belassal

( Plus de 3100 membres ).

27.10.2008

L’insoutenable légèreté … de la raison

yassine barça.jpg

La raison, celle que nous a enseigné Descartes « est la seule chose qui nous rend hommes, et nous distingue des bêtes ».  Elle est bafouée chaque jour davantage dans un Maroc tourné « résolument » vers l’avenir.

Mais quelle mouche aurait piqué ce jeune homme de 18 ans, un bachelier de son état, Yassine de son prénom, pour transcrire sur un tableau, ou un mur, ce qu’on a qualifié au blasphème à la sainteté du triptyque national ? On me dira sûrement qu’il n’a pas raison, soit !

 

Qui détient la raison ? Le proviseur, l’enseignant, le parent … qui ont failli à leur devoir d’éduquer au jeune homme le bon sens et la raison ? Le gendarme qui pêché le « grand révolutionnaire » envoyé par le barça ? Ou sûrement le procureur qui a « monté » le dossier du nouveau Che endoctriné à Camp new ? Non, on l’aura compris, c’est l’honorable juge qui, après 48h des faits, a bien pris la revanche de ces « ignobles comploteurs », Yassine et ses copains de classe ?

 

Qui détient la raison ? Qui a raison ?

 

De grâce, ni Mourtada, ni Erraji, ni Belassal, ne sont révolutionnaires. Ils sont jeunes, plein de vie. Beaucoup de jeunes de cette génération, votre progéniture peut être aussi, s’identifient en eux. Ils n’ont pas raison dans ce qu’ils ont fait ? On pourra en parler. Briser leur vie, avec des procès inéquitables, expéditifs, arbitraires, est le plus grand irrespect au Roi. Les jugements ne sont-ils pas rendus en son nom ? Le Roi a gracié Fouad Mourtada pour corriger une injustice. Mohamed Erraji est acquitté pour vice de forme. Encore une récidive ? Sans raison !

 

Au nom de quelle raison, nous sommes obligés de supporter cet « éternel retour »  de la non raison ? Nietzsche est innocent de cette humiliation que vous êtes en train de faire subir à une autre génération. Un ingénieur de Goulmima, un blogueur de Chtouka, et maintenant un jeune tagger d’Ait Ourir. Est-ce bien la raison ?

 

Au nom de la raison, vous avez mille raisons de laisser à Yassine une raison de vivre libre.

23.10.2008

Le Maroc poursuit sa chute vers l'arbitraire


Le dernier classement de RSF, fait encore humilier notre pays :

« Au Maghreb, le Maroc (122e) poursuit sa chute, entamée deux ans auparavant. L'emprisonnement du journaliste Mostapha Hurmatallah a marqué un tournant dans la détérioration des relations entre la presse et l'Etat. Une série de procès intentés par le pouvoir contre des journalistes et des internautes ont révélé que la liberté de la presse au Maroc s'arrêtait aux portes du palais royal. »

 

En parallèle, et pour relayer plus d’informations sur le lycéen Yassine Bellassal, l’affaire de plus de lèse-majesté, Al jarida aloula du 23 Octobre parle d’un emprisonnement à Ait Ourir ( région de Marrakech ) du jeune lycéen de 18 ans, qui a osé écrire des tags du genre : « Nous sommes tous contre l’école publique », « Nous sommes tous contre le gouvernement » et surtout « Allah – Alwatane – Albarça ». Un des camarades de Yassine a révélé au journal qu’il jouait, et que la piste des autorités a été un tag sur un bus, avec la même peinture, portant son nom.

Un groupe sur facebook est crée pour soutenir Yassine.

 

22.10.2008

Un autre procès de lèse-majesté à Marrakech.

Un élève marocain, qui devra passer son examen de baccalauréat cette année, dans un lycée de la région de Marrakech a été condamné hier dans la matinée, par le tribunal de première instance de Marrakech, à 1an et demi de prison ferme.

Le jeune élève est poursuivi, encore une fois dans le Royaume chérifien, pour « atteinte au respect du au roi ». Son tort, c’est d’avoir transcrit sur le tableau noir de sa classe :

"الله – الوطن – البارصا"

Le procès, expéditif, se serait déroulé sans assistance de défense.

17.10.2008

Cinéma de la crise financière

Crise économique mondiale ( ou américaine ? ) oblige, le sujet passionne le débat.

Que de jolis commentaires de la part de mes amis : "retour à l'économie réelle", "enfin, tout le monde suera pour manger son pain", "Du moment que la crise américaine affecte tous les habitants de la terre, il faudrait qu'on ait droit à voter et choisir entre Obama et Macainch", "Dorénavant, le contribuable américain aura un ascendant sur sa banque, c'est lui qui l'a sauvé", ...

Cette crise ne fait pas que des craintes. Elle est aussi inspiratrice. Je vous invite à un petit cours. Installez-vous bien pour visualiser ce long métrage de dessins animés :

 


L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

15.10.2008

Social mouv’

Des précipitations ici et là ont encore une fois démontré la précarité de nos infrastructures. De Nador à Agadir, en passant par Fès, Imintanout, Errachidia, Bouarfa, Fnideq, … les précipitations, signe local de bonheur, ont dévoilé, de plus belle, notre vulnérabilité structurelle !

Les marocains, ici et là, se sont révoltés contre l’insouciance des responsables locaux et centraux.

Ici à Nador :

Nador.jpg

 

 

 

Là à Bouarfa :

bouarfa.jpg

 

 

 

Et bien d’autre villes se sont soulevées notamment pour exiger la détermination de la responsabilité, enquêter sur la dilapidation de deniers publics ( les infrastructures dégradées, notamment à Nador et Fnideq, ont été récemment inaugurées par le Roi ! ).

Pendant ce temps, selon les indiscrétions rbaties, notre honorable gouvernement prépare sa loi de finances. Dans ce projet de texte, je retiens 2 mesures essentielles :

  • Aide directe à la population démunie : entre 500 et 600 Dh par mois seront versés à des familles pauvres, contre un contrat exigeant entre autres l’engagement de ces familles à la scolarisation de leurs enfants. Une « foursa », une occasion pour les plus pauvres, une alternative aux pistes classiques de soustraction à la pauvreté ?
  • Baisse de l’IR : Comme convenu dans le cadre de la coalition gouvernementale, suite à la polémique soulevée par le groupe socialiste au parlement, le gouvernement décide une baisse de l’IR et un aménagement des tranches d’imposition. En termes moins savants, les estimations du gain net des salaires sont de l’ordre de 10% du salaire net. En d’autres termes, si votre salaire net à fin Décembre 08 est de 5.000,00 Dh, vous allez percevoir en Janvier ( hors primes de votre patron J ) 5.511,00 Dh.

Les patrons, fidèles à leur bible noire, demandent encore des réductions d’impôts, des aménagement de la TVA, … ce qui est logique, ils défendent leurs intérêts !

Comment l’honorable gouvernement de Abbas compte financer ces dépenses fiscales et mesures sociales ? Un début de réponse est annoncé aujourd’hui sur les colonnes de l’Economiste. On nous y apprend que l’honorable gouvernement compte encore privatiser des boites publiques. Investisseurs étrangers ( personnellement, je sais que vous avez perdu tout votre argent avec la crise des subprimes ), le Restaurant de Mr Mazouar ( appelé par ses potes : Mr article 51 ) vous propose un menu extraordinaire. Des mets bien de chez nous, indigènes : RAM, LPEE ( un blogueur qui n’arrête pas d’attaquer les politique sera peut être touché ? ), ONT ( SNTL ), …

Voilà. Rassemblez ce puzzle gouvernemental, cette salade de mesures dans tous les sens, et vous comprendrez la coalition : socialo-libéro-nationaliste-makhzaniène. C’est ce qui fait la spécificité du Maroc, ce qui nous rend fiers dans le concert des nations et fait visiter 10 millions de touristes notre formidable zoo, enfin pas celui de Temara, mais bien un autre, qui n’est pas clair du tout !

13.10.2008

Modernisme – Démocratie – Equité sociale.

Quand j’avais formulé sur ce même support ma réflexion sur la définition du socialisme dans le Maroc contemporain, « Etre socialiste en 2008 », je ne pensais pas recevoir autant de réactions.

J’avais formulé ma modeste conception du contenu socialiste dans ce que j’ai convenu d’appeler le triangle de valeurs socialistes : 1- Equité sociale –2- Démocratie –3- Modernisme. J’ai exposé dans cet article un entremêlement entre l’idéologie et la pratique quotidienne lié au socialisme comme référentiel et comme choix. Beaucoup des réactions m’ont reproché ceci :

 

  • On peut défendre les 3 valeurs sans être socialiste !
  • Il n’y a pas que les militants de gauche qui ont compris l’intégrité des 3 valeurs.
  • Le socialisme a besoin d'hommes et de femmes dévoués à la cause socialiste dont le comportement et non le discours serait exemplaire.

Castor, un ami français, m’a même demandé si l’on pouvait extrapoler cette réflexion à d’autres sphères politiques. Il a d’ailleurs produit un texte fort intéressant où il se définit « simplement de l’anti-capitalisme ».

Pour répliquer à ces réactions, je vais m’expliquer davantage. Je tâcherai de donner plus de contenus aux concepts cités, tels que je les vois dans le contexte du Maroc. J’avoue qu’il est difficile de dissocier de la trilogie certes, mais j’essaierai d’illustrer également les points d’intersection.

 

Modernisme :

 

Le terme modernisme est lié à plusieurs mouvements de diverses natures, principalement du début du XXème siècle :

 

  • Modernisme « architectonique » : Mouvement architectural qui a commencé principalement en Espagne ( Catalogne, Barcelone ) pour toucher toute l’Europe et les amériques. Initié par des architectes comme Montaner ou Gaoudi, le mouvement consistait en la rupture avec l’architecture traditionnelle.
  • Modernisme Brésilien : Né en milieu du XIXème siècle comme mouvement intellectuel chez la nouvelle bourgeoisie, vivant une précarisation avancée. Il donne naissance à « l’action intégraliste », tentant de s’emparer du pouvoir avec l’aide de l’armée de la marine.
  • Modernisme religieux ( chrétien ) : Des penseurs du début du XXème siècle se demandaient si les thèses qui ont remis en cause l’église chrétienne, notamment pendant l’ère des lumières, ne sont pas encore valables. Ils cherchaient à « moderniser » davantage le christianisme, mais tout en restant dans le même référentiel. Ce mouvement divisera les français, qui choisissent la laïcité des autres européens qui choisiront une sécularisation moins palpable.
  • Modernisme artistique : ou art moderne, rassemble un grand nombre de disciples et écoles, depuis la fin du XIXème siècle. Il rompt avec les traditions artistiques ( musique, peinture, sculpture, … ) et s’accompagne d’une grande liberté de choix des couleurs, des formes, des sons, …

 

Le modernisme, tel que je l’expose dans mon triangle, est l’accumulation réalisée à partir du processus de rupture avec les modèles traditionnels, présentés souvent comme une fatalité immuable, théologique, mythique, ... . Le modernisme oeuvre à la libération de l’humain de la dictature du fatalisme, du nihilisme et l’entraîne dans une spirale vertueuse du dépassement de  l’égo collectif, de la production et du progrès.

C’est justement ce dernier terme, le progrès, voulu par notre progressisme qui fait que nous appelons à un libéralisme culturel, intellectuel, politique … qui ne saurait affecter un autre principe qu’est l’équité sociale.

Il est de ce fait l’ensemble des idées, pratiques, règles, … qui concourt à ce que la société se prenne en main, qu’elle décide des règles de la vie commune, tout en vivant en harmonie avec les autres sociétés du globe et en profitant des accumulations que l’Humanité a réalisées depuis la nuit du temps. C’est nécessairement cette définition qui fait que nous nous opposons au projet de société islamiste du Maroc, qui pour sa part, appelle à revenir à un modèle sociétal du passé. Nous nous opposons également au projet du nouveau Makhzen qui considère que le modernisme s’arrête avec le « nouveau concept de l’autorité ».

Sur le plan socioculturel, il est primordial d’aider à l’émancipation de l’être humain comme épicentre de la société. L’encouragement par exemple d’une culture de jeunes, de l’égalité des sexes, de la modernisation des relations classiques du quotidien, la diversité culturelle et linguistique, … ou encore positionner le débat sur la laïcité et l’abolition de l’archaïsme,  doivent s’inscrire dans nos priorités.

 

Démocratie :

 

La démocratie est une forme d’organisation d’une société, basée essentiellement sur la production de mécanismes permettant à la communauté de diriger son espace de vie commune, directement ou, à défaut, de choisir librement des représentants pour cette tâche. La démocratie, à travers un exercice historique dans diverses formes, et selon les théories fondatrices, permet de dégager trois pouvoirs distincts : législatif, exécutif et judiciaire, ce qui garantit l’intégrité du système.

L’histoire a montré au siècle dernier que la démocratie est un modèle vers lequel convergent toutes les aspirations. Les régimes totalitaires n’ont plus d’argument pour faire durer leur tyrannie. Les formes de la démocratie sont diverses et multiples et sont la résultante de l’évolution d’une société.

La démocratie apporte aussi dans son modèle d’organisation des valeurs capitales : transparence électorale, liberté d’expression, primauté de la loi, égalité devant la loi, … mais surtout, il est un modèle sociétal qui permet l’autocorrection.

Au Maroc, dans notre évolution intrinsèque, nous avons opté pour une construction démocratique. Durant ce processus, nous avons réalisé certaines avancées : une liberté d’expression précaire, une transparence relative des consultations, statut de la femme … Ceci est certes positif, mais la construction est à poursuivre et à consolider.

C’est pour cette raison que nous appelons désormais à une logique de « démocratie des institutions » pour dépasser notre « démocratie des élections », comme disait un ami. Cette démocratie des institutions exige une réelle séparation de pouvoirs et une clarification des contenus constitutionnels. Durant une décennie, nous avons expérimenté ce que l’on a convenu d’appeler la transition démocratique. La pratique de ce processus, et malgré tous les bienfaits qu’il a apporté au pays, a montré que nous ne sommes pas prémunis contre le retour en arrière. Une redistribution des prérogatives ainsi qu’une clarification de la relation de cause-à-effet entre le vote et la gouvernance s’imposent aujourd’hui.

 

Equité sociale :

 

Notre attachement aux valeurs universelles est derrière notre attachement aux droits fondamentaux. Il est clair que les droits à la scolarisation, à la cure, … et tous les droits fondamentaux doit être garanti pour tous les citoyens. L’essence de la pensée socialiste est d’abord sociale.

Comment alors ne pas combattre les inégalités ? Comment ne pas se révolter contre la corruption ? Comment ne pas s’indigner des rentes et de la dilapidation des deniers publics ? Comment expliquer ces écarts épouvantables des revenus ? Comment ne pas s’insurger contre les inégalités spatiales ? …

Une société équitable est de nature solidaire. L’impôt est un instrument, entre autres, de redistribution des richesses. Les dépenses fiscales doivent être orientées, dans notre conjoncture, vers le citoyen nécessiteux. Continuer à subventionner les produits pétroliers pour tous revient à amoindrir la part des plus démunis dans la subvention étatique. Ou encore, continuer à défiscaliser l’agriculture revient à distribuer l’argent du contribuable sur les grands propriétaires.

La prédominance des dits « champions nationaux » sur l’économie du pays est un mal social. Nous sommes tous d’accord pour l’encouragement des fleurons de l’économie, seuls capables à affronter les défis économiques de la mondialisation. Mais encourager ne veut pas dire privilégier. Les rentes nouvelles, soit en vente de terre de l’Etat ( donc du citoyen ) pour des miettes, soit par un protectionnisme d’un autre âge, … ne fait que renchérir la vie aux couches les plus défavorisées. Pis encore, elles découragent ces opérateurs de l’investissement de leur mise à niveau, seule garantie d’une capacité d’affrontement de la prédominance de la mondialisation imposée par les multinationales. Ceci n’est plus acceptable même en capitalisme ultra-libéral !

 

Socialisme éclairé :

 

Ainsi, est-il réducteur de ne voir en le socialisme que le volet de la propriété par exemple. Le socialise est un horizon humain et humaniste. Il est une dialectique de la raison, la réalité et le temps/espace. Il n’est pas seulement des organisations. Il est surtout une pensée et des hommes !

Pour qu'une politique sociale bien pensée soit mise en œuvre, il faut qu'elle ait la chance de se produire. Je m'explique. Si le premier des parti au Maroc n'a que 50 sièges sur 325, comment voulons-nous que son programme social soit mise en œuvre du moment qu'il chercherait une coalition, pour la plupart du temps hétéroclite? Supposons qu'on ait dépassé ce problème de balkanisation et qu'un parti de gauche ait une majorité confortable, comment peut-il appliquer son programme avec un gouvernement parallèle à pouvoir plus élargi ( Conseils consultatifs, conseillers du Roi, Walis, hauts fonctionnaires, Directeurs d'offices publics, ... ) et non soumis à l'épreuve du choix populaire? Encore faut-il souligner que le seul volet social n'est pas la piste à prendre.

Dans l'exemple cubain ( éducation, hopitaux, services publics, ... gratuits et de qualité ) où le social marche, le peuple a des aspirations de démocratie et de modernisme. En Egypte ou en Tunisie, où la gauche s’est exténuée, les seules options proposées au peuple sont le projet de société islamiste d’une autre époque ou le pragmatisme de leur « makhzen » dit « éclairé », « moderniste » mais non démocratique !

Nous voulons et œuvrons pour que les trois principes rayonnent dans le Maroc du troisième millénaire.

 

Mounir BENSALAH.

09.10.2008

Nobel à une femme, une « non-important person » ?

Rita Elkhayat, psychiatre psychanalyste, anthropologue, écrivaine, éditrice, romancière, poète, …  marocaine qui a enfanté plusieurs ouvrages littéraires, romans, études scientifiques, … mais aussi le concept du « NIP : Non Important Person ». Notons ici qu’elle co-fondatrice des « Editions Tarik », une maison d’édition qui a fait beaucoup parlé d’elle au Maroc contemporain. Rita est aussi la première femme arabo-musulmane à être nominée pour le Nobel de la paix.

 

Rita a livré un entretien expressif sur les colonnes du journal « Le Soir Echos ».

 

Une des rares personnes qui ont pris le courage d’écrire sur des sujets tabous, mais aussi avec beaucoup de sagesse et d’objectivité. Quand elle écrit sur le sexe, elle affirme : « Mais je ne publierais pas de l'érotisme pour l'érotisme. Ça ne m'intéresse pas. ». Dans cet entretien accordé à Tel-Quel, elle explique : « Mes amies femmes médecins me demandent d'écrire sur le sexe. Parce qu'elles sont incapables de verbaliser elles-mêmes leurs frustrations. Et par une espèce de triangulation, je prescris tellement de viagra que le mythe de l'homme viril s'effondre à mes yeux. Professionnellement, j'ai essayé avec un confrère obstétricien d'établir un rapport Masters & Johnson et Kinsey sur l'état sexuel des Marocains. On a envoyé 150 questionnaires, on n'a reçu que 10 réponses. ». Elle défend avec hardiesse la promotion de la psychanalyse au Maroc et dans les pays arabo-musulmans. Elle lance : « La psychanalyse, telle que pratiquée depuis son introduction dans les sociétés comme le Maroc, agit sur quelques individualités qui rejoignent une société dont l’écrasante majorité n’a pas idée de ce qu’elle peut apporter. » Dans un article – manifeste – qui plonge dans ce qu’on peut appeler la psycho-sociologie.

 

Choisie par « Femmes du Maroc » parmi les 100 personnes qui ont changé la moudawana, on l’a introduit comme suit : « Rita El Khayat Psychiatre, écrivain
L’injustice, Rita El Khayat l’a connue très jeune et c’est ce qui l’a poussée à s’engager dans la lutte pour l’égalité : “l’état des femmes, leur sacrifice, leur passivité et leur obéissance m’ont posé problème et je n’ai pas fini d’y réfléchir…”. Dès les années 85, elle publie un pavé dans la mare avec “Le monde arabe au féminin” où elle stigmatise la reproduction des discriminations à travers la mère arabo-musulame. Pour la première fois, la femme assume sa responsabilité dans sa soumission à l’homme. Plus tard, le discours du Roi a été une réponse à son article “Epître d’une femme à un jeune Monarque” (nov. 1999) dans lequel elle a décrit le désespoir des femmes qui trouve son origine dans le Statut du code personnel. Dans son écrit, elle demandait au Roi une solution qui instaurerait l’égalité entre les deux sexes. Aujourd’hui, “le combat du mouvement féminin est d’abord celui d’alphabétiser les filles, mettre en place un programme de planification familiale sérieux et veiller à la bonne application des lois, en l’absence de quoi les textes juridiques ne donneront pas l’effet attendu…”. »

 

Lisez cette lettre de demande de nomination au prix Nobel de la paix, rédigée par monsif ouadai saleh, philosophe, poète et critique.

 

Pour répondre à la question-titre, cliquez ici le 10/10/2008 à 9h du matin !

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