09/02/2009

Ménard, le Marocain.

 

731259-875274.jpg?v=1224069137

Après 23 ans passés à la tête de Reporters Sans Frontières RSF, organisation dont le nom a bien été assimilé au problématique et énigmatique fondateur, Robert Ménard choisi les pays arabo-musulmans pour promouvoir la liberté de la presse. En vrai missionnaire, il revient dans cet interview sur sa « carrière » au sein de RSF, en faisant un mea-culpa, à l’image de ce passage : « Peut-être que je jouerais certains équilibres d'une autre façon, dans la personnification de RSF autour de moi par exemple. Les médias ont besoin de quelqu'un qui incarne la cause, avec le risque d'affaiblir le collectif. Le franc-parler, la réactivité ont été aussi bien la force que la faiblesse de RSF. Je serais plus prudent. On a parfois écrit des erreurs. Par exemple, en Algérie nous avons renvoyé dos à dos la violence de l'armée algérienne et celle des groupes islamistes, mais ce n'est pas la même chose. Amnesty met des semaines à prendre position, RSF l'a toujours fait dans les deux jours : cela peut amener à dire des bêtises de temps en temps. ».

Aujourd’hui, comme sus-indiqué, il choisit le Maghreb et le Moyen orient pour répandre la liberté de la presse. Pour ce faire, il choisit un pays, pour le moins représentant un paradoxe existentiel en la matière, de la région, le Quatar en l’occurrence. Il vous apprendra ici pourquoi il a choisi Doha, tout près d’Aljazeera, et sa rencontre avec Cheikha Mouzza, femme du démocrate Emir du Quatar : « Un collègue irakien m’a alors proposé de rencontrer cheikha Moza Nasser al-Misnad, l’épouse de l’émir du Qatar. C’est ce que j’ai fait. La rencontre , initialement prévue pour une quinzaine de minutes, a duré environ une heure.

Je lui ai expliqué l’urgence de la situation, soulignant que la protection des journalistes menacés et victimes de mauvais traitements était la moindre des choses. Sa réponse n’a pas tardé: deux jours après, elle m’a annoncé qu’elle en avait parlé avec l’émir et qu’il avait accepté de créer un centre à Doha. ».

C’est ainsi que fût crée le centre de Doha pour la liberté de la presse. Ce centre dirigé par notre ami Ménard, qui aime tellement le Maroc, sort un rapport épinglant tout les pays de la région. Au chapitre Maroc, on peut lire :

1 – « Aussi, la thématique de la religion demeure un des principaux tabous de la presse marocaine. Après les manifestations orchestrées par les autorités contre Le Journal Hebdomadaire, accusé à tort d’avoir publié des caricatures du prophète, après la censure de l'hebdomadaire arabophone Nichane en 2006 pour publication de blagues "attentatoires à la religion", l'édition internationale du magazine français L'Express a, à son tour, été interdite par le ministère marocain de la Communication, le 30 octobre 2008, avant que l'Algérie et la Tunisie ne lui emboîtent le pas. »

2 – « Les blogueurs du royaume sont également inquiétés. La blogosphère marocaine, considérée comme "libre" il y a peu, subit désormais les foudres de la censure. Mohamed Erraji a été mis en détention, le 8 septembre 2008, à la prison d'Inezgane, près d'Agadir, pour avoir publié sur son site Internet des propos critiquant le roi. Il a été condamné à deux ans de prison et 5000 DH (550 dollars US) d'amende pour "manquement au respect dû au roi" avant d'être remis en liberté provisoire, puis finalement acquitté. Fouad Mourtada, ingénieur de 26 ans, a subi le même sort pour avoir publié sur le site communautaire Facebook un faux profil de Moulay Rachid, frère du souverain. Plus généralement, les fournisseurs d’accès à Internet au Maroc, notamment Maroc Telecom (filiale du groupe français Vivendi), bloquent, sur instruction des autorités, de nombreux sites de mouvements islamistes ou ceux liés aux indépendantistes du Polisario sans que cette procédure soit validée par la justice. »

Ceci peut paraître cohérent. Mais plus tard dans le rapport, au chapitre Qatar, on lira :

1 – « Dans ce contexte, la pratique journalistique relève de l’équilibrisme, une situation qui favorise l’autocensure et rend périlleuse toute analyse critique des décisions des autorités de Doha. Traiter des conditions de vie ou du licenciement de la main-d’œuvre étrangère est tout aussi problématique. Les journalistes de la presse écrite doivent manœuvrer avec précaution pour éviter non seulement le renvoi, mais possiblement l’expulsion du territoire. Ils sont dépendants de leur sponsor, la rédaction, qui conserve leur passeport pendant leur séjour dans le pays. Face à ces difficultés, les journalistes sont d’autant plus démunis qu’il n’existe pas au Qatar d’association susceptible de les défendre auprès de leurs employeurs ou des autorités, la formation d’une organisation syndicale étant strictement interdite. »

2 – « L’absence d’une chambre de tribunal spécialisée dans les affaires de presse et dirigée par des juges au fait des modalités de travail des médias fragilise également les journalistes, passibles de peines de prison pour des infractions de presse dont la

définition manque souvent de précision. Enfin, l’absence d’un syndicat de presse rend difficile l’accès à une information complète sur le nombre de journalistes poursuivis en justice. ».

Il aurait zappé le chapitre du Qatar et je l’aurait cru, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. J’ai l’impression, à la lecture de ce rapport, que le simple fait qu’Aljazeera, la chaîne très « démocratique » se trouve dans le pays très « démocratique » rend le Qatar un Eden de la liberté d’expression. Au Maroc, la liberté d’expression est sérieusement atteinte, et on attend pas Ménard pour nous le rappeler, par contre, nous faire croire que le seul problème de liberté d’expression au Qatar relève d’un ordre syndical, c’est tout simplement se foutre de gueule des gens !

 

 

Commentaires

One more week to complete my survey on the Blogoma, Moroccan culture, and censorship (it will take about 15 minutes):
http://www.surveygizmo.com/s/91515/blogoma-research
Thanks in advance for your valuable input!

Une semaine de plus pour compléter mon enquête sur la Blogoma, culture marocaine, et la censure (il faudra environ 15 minutes):
http://www.surveygizmo.com/s/91515/blogoma-research
Merci d'avance pour votre précieuse participation!



تنتهي الدراسة في أسبوع واحد :
http://www.surveygizmo.com/s/91515/blogoma-research
شكرا!

Écrit par : Reb | 11/02/2009

@ Reb : il y a longtemps que me je suis acquitté de ce devoir :)
Mais promets moi que dans ta présentation des résultats de l'étude, tu ne feras pas comme ménard :)

Écrit par : mounir | 11/02/2009

c'est décevant de sa part

Écrit par : winamax-poker.fr | 22/07/2010

Thanks for share very much

Écrit par : descriptive essay | 16/04/2011

Écrire un commentaire