31.03.2009

L’OMDH appelle à la lutte contre l’impunité.

 « La lutte contre l’impunité, Enjeu pour l’institutionnalisation de l’Etat de droit » est le slogan choisi par l’OMDH lors de son 7ème congrès tenu le week end dernier à Rabat, à la bibliothèque nationale.

Pour Amina Bouayach, présidente réélue pour un second mandat, « il y a une crise de gestion de la problématique des Droits de l’Homme ». « Nous ne sommes pas dans une étape de recul mais dans une phase où nous n’avons pas une une stratégie, une vision pour renforcer ce processus », renchérit-elle. « Cependant, […] nous ressentons que ces réalisations restent fragiles et sont marquées par une crise réelle matérialisée par une triple absence : celle d'un interlocuteur gouvernemental en matière de droits humains, celle de mécanismes nationaux efficaces en matière de médiation dans les droits humains, et celle d'une stratégie intégrée et harmonisée dans la mise en oeuvre des recommandations de l'IER », résume-t-elle dans le discours inaugural. Boubker Largou, secrétaire général sortant et membre du nouveau bureau national a déclaré pour sa part que « le débat qui a marqué cette cession a été franc, de telle manière que la participants ont démontré l’importance et l’urgence de l’instauration des instruments de lutte contre l’impunité, considérés comme la cuirasse principale dans l’avenir pour ne pas reproduire ce qui s’est passé [ Cf, atteintes graves aux droits humains ] et l’institutionnalisation de l’Etat de droit ».  Et concernant les orientations décidées par le congrès, il répond qu’il s’agit « de plaider pour la réforme de la justice et d’œuvrer pour la garantie des droits économiques et sociaux, qui sont devenus essentiels. Dans le passé, nous avions des détenus politiques, et les doléances s’axait sur l’acquisition par les citoyens des droits civils et politiques, aujourd’hui, nous avons des détenus, mais cela ne se passe pas de manière méthodique. En outre, l’orientation va dans le sens de plaider pour instaurer d’autres droits, dits nouveaux, tels que les droits au développement ou ce qu’on appelle développement humain, à l’environnement et l’éducation aux droits humains, qui est une chose importante qui devrait aller de pair avec le droit à léducation et œuvrer à la lutte contre la déperdition scolaire ».

Dans le même ordre d’idée, Amina Bouayach avance que « dans ce sens là, l’OMDH considère que la non interpellation des responsables auxquels il incombe de faire respecter les lois dans des situations à caractère politique, civil, économique et social a conduit aux violations graves des droits humains que le Maroc a connues durant des décennies et que la lutte contre l’impunité est une des réponses impératives pour que de telles violations ne se répètent plus.

L’OMDH réaffirme également que la mise en œuvre de la lutte contre l’impunité, par le recours à la suprématie de la loi constitue un défi pour consolider la transition à la démocratie et lui faire éviter les dérives du passé. ».

13302009124510PM2.jpg

La séance d’ouverture du congrès a été un franc succès. De grosses pointures du monde des droits humains étaient de la fête. Des ministres, responsables politiques et associatifs ont également fait le déplacement. Mais, la star de l’ouverture était bien Abderrahmane Youssoufi, que la présidente a insisté à l’appeler en début de son discours inaugural « Monsieur le premier ministre », ce qui a valu de chaleureux applaudissements de la part de la salle archi pleine.

Notons que la présence de jeunes a bien marqué ce 7ème congrès. Leur travail a été décrit par la présidente élue de celui « d’une ruche, une ruche qui a bien donné un bon miel ». 

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://moidanstousmesetats.blogspirit.com/trackback/1734532

Commentaires

L'impunité c'est ce qui différencie un Etat de non droit de celui de droit.
On est loin du compte. Mais il ne faut pas baisser les bras pour autant, bien au contraire.
L'OMDH a du mérite de s'y attaquer.

PS : ghire goli comment tu as fait pour publier ce billet hier ?!!!

Ecrit par : une marocaine | 01.04.2009

Ce que je viens de lire n'est pas convaincant . Du vent , encore du vent et toujours du vent .
Penser aux droits humains ,
Réfléchir aux droits humains ,
Militer pour les droits humains et
Lutter , éventuellement , pour instaurer les droits humains .
C'est beau , noble et enthousiasmant comme programme ...
Mais , le bénéficiaire de ces droits probables doit se manifester par :
-- Son civisme ,
-- Son sens du devoir ,
-- Son sérieux dans l' accomplissement du travail pour lequel il est payé .
Le profil succinct de ce citoyen modèle ne s'offre pas à mes yeux .
Il faut attendre que les parents fassent leur devoir , que les enseignants accomplissent leurs tâches , que la socièté s'acquitte de son rôle ..... et après , et seulement après , on peut se pencher sur ce chantier que sont les droits humains . Le droit vient après le devoir .

Ecrit par : Elyacoubi | 02.04.2009

@ une marocaine : pour le PS, tu n'as qu'à voir le billet d'après.

@ Elyacoubi : je conviens avec toi que la population est loin d'être à niveau, concernant le civisme, la citoyenneté, ... mais, ce n'est pas sa faute seulement, c'est la faute au système qui a créé pendant 40 ans, des "sujets" incapables d'accéder à la citoyenneté.

Maintenant, je mets la casquette de l'OMDH pour te donner notre vision : En tant qu'ONG indépendante des droits humains, tels que MONDIALEMENT RECONNUS, nous défendons ces droits quelque soit la société, le régime, les us, les moeurs, ... qui y règnent. Nous ne sommes pas un acteur politique qui va dans le sens de l'action politique directe, nous sommes un organisme qui recueille les écarts par rapport aux chartes et conventions internationales, nous appelons à les dépasser et nous initions les débats et les sensibilisations, selon nos moyens et notre champ d'action, pour que ces droits soient préservés et garantis pour tous.

Ecrit par : mounir | 06.04.2009

L'homme est TOUJOURS responsable de ce qui lui arrive et celui qui se fait ver de terre n'a pas à se plaindre si l'on marche sessus .
Si l'on fait un retour , au début de l'indépendance , qu'est- ce que l'on trouve au Maroc , en 1956 :
- Un parti politique qui veut s'emparer de tout le pays ...
- Une armée de libération qui se considère le maitre et veut imposer sa vision des choses..
- Des résistants qui se croient tout permis ...
- L'ancienne puissance coloniale qui n'est pas encore définitivement partie et veut créer des problèmes à son ancien protégé ...
En face de tout cela , l'autorité légtime qui essaie par tous les moyens de faire régner la sécurité , la paix sociale et la cohésion nationale ...
- La suite est connue de tout le monde et nous sommes TOUS responsables de tous les dérapages , de tous les retards pris par notre pays .
- La facture est finalement tombée et il faut la régler ....et c'est ce que nous faisons TOUS : toi , moi , lui et elle ...

Ecrit par : elyacoubi | 10.04.2009

@ elyacoubi : bon, je sors un peu du domaine des droits humains, et je te dis que je n'ai pas la même version de l'histoire. Tu mets cette "autorité légitime" en position de victime, cela ne justifie pas les dépassements fait! Ceci étant, la justice transitionnelle a permis de dépasser ce débat, mais à conditions que les dépassements ne reproduisent plus.

Ecrit par : mounir | 15.04.2009

Ecrire un commentaire