03.09.2008
أبو جهل، مزيد ومنقح!
لقد تذكرت رواية سليم بركات، صاحب «فقهاء الظلام»، وتذكرت كيف أن البطل ولد في الصباح، ثم بلغ أشده في منتصف النهار، لكي يشيخ ويعمر في المساء. وتذكرت أيضا أن الفقهاء عندما يكونون في الظلام يتشابهون كالقطط، وتذكرت أيضا أن الغرابة أصبحت من الدين، بعد أن دخله أمثال المغراوي .
فقد أعلن هذا الفقيه، أن طفلة في سن التاسعة قادرة على أن تفعل بجسدها الصغير ما تقدر أمها أن تفعله به. وقال المغراوي إن الصغيرات، اللواتي مازلن بظفيرة ومحفظة، قادرات على الإنجاب وعلى ممارسة الجنس مثل اية «گارحات» من النساء.
ولست أدري ما إذا كان للفقيه صبيات صغيرات، وما إذا كان ينظر إليهن مليا، أم أنه يراهن بنظارات الحيوانات التي تعتبر الصغيرات منهن كبيرات منذ يرين النور، لكن المؤكد هو أن الفقيه، ما زال يحمل في داخله أبا جهل، مزيد ومنقح.
لست أدري لماذا لم يختر الفقيه الفلاحة وزراعة البواكر، ويعمل من أجل أن تنضج الخوخة وهي في اسبوعها الأول، وينبت شجرة الزيتون وهي مازالت شتلة، وربما استطاع أن يجعل اللوز يثمر وهو مازال....فكرة في رأس الفلاح!.
لقد ابتلينا بقوم من الفقهاء الذين يستطيعون كل العبث باسم أجمل ما في هذا المشترك العاطفي والعقائدي، وهو براءة الايمان. وابتلينا بجماعة من الجنسانيين المتلفعين في ثياب الزهد وحماية الاخلاق، في الزمن الذي ما زال فيه العقل لم يخلق مملكته بعد في هذه الأمة العريقة.
فرأينا الفقيه الذي يدعي أنه يلتقي بالانبياء ويلتقي بالملائكة،
ورأينا الفقيه الذي يبيح للعاملة إرضاع زميلها في العمل لكي تحرم عليه، بدون أن يكلف نفسه عناء السؤال ما إذا كانت الرضاعة قد تنتهي بالتحريم أم...بالسرير!
ورأينا الفقيه الذي يطالب بتحرير الاندلس بعد أن حوصرت... كابول!
ورأينا...ولم نر كل ما يجب أن نراه فعلا من هؤلاء.
إن الفقيه الذي يقول إن الصغيرة ذات 9 سنوات قادرة على ما تقدر عليه أمها، لن يجد أي حرج في أن يغتصب كل تلميذات القسم الرابع ابتدائي، ويغتصب بنات الجيران الصغيرات باسم البلوغ العقائدي.... قبل البلوغ الجسماني.
نعرف بأن الذين يتبرعون علينا بهذه الفتاوى لا علاقة لهم بنبل الرسالة ، إنهم يحولون استيهامات بدائية الى اجتهاد، وهم حين يخطئون مصيبتان وحين يصيبون ...مصيبة!!
هؤلاء الذين حولوا الدين كله الى فتاوى حول الجنس وحول الزواج فقط، كما لو أنهم مخرجون في افلام إباحية غير مقننة،هم للأسف وجهنا في العولمة، ووجهنا في الزمن الذين يتخطى الأمكنة ، لكنه زمن الاختزالات الكبرى لدى الرأي العام ، في كل بقاع الدنيا.
والظاهر أنه ،عندما كان الكبير أبو الطيب المتنبي يتحدث عن أمة «ضحكت من جهلها الأمم»، لم يكن يصف حالة تاريخية ، بل يبدو أنه كان يحدد بالشعر ما هو موجود في جينات فقهية نحملها معنا منذ نعومة جهلنا! ويحدد بالقافية ما هو تأصيل فقهي لدى المتفيقهين من «علماء» الأمة الكريمة.
ويردد علينا، بسخريتة القاسية أننا لم نغادر بعد القرن الواحد للهجرة، بالرغم من كل ملاييرنا ... من المال ومن البشر.
فها نحن نشرع في الشهر المبارك ،بدون أن نصوم قليلا عن الجهالة والغرابة والتمييع الشامل للمقدس، عندما ندخل به، كما يدخل فيل الى محل لبيع الخزف ونغتنمها فرصة لكي نعود الى التاريخ مشيا على ...الرأس!
رجاء ارحموا تقوى المؤمنين واتركوا لأنفسكم حبل القتل وحبل الجهل وحبل الكبت، بعيدا عن سلامة روحنا
16:32 Publié dans Lu pour vous | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Pédophilie, islamisme, USFP, alittihad, Alichtiraki
27.07.2008
Hommage bloguien à Chahine
« Youssef Chahine est mort, par ce beau dimanche, le 27 juillet 2008. En plein été, en plein soleil, en pleine gloire … Youssef Chahine aura été un des plus grands intellectuels arabes du XXème siècle. » Citoyen Hmida
« L'homme du Destin est mort ce matin ». Amina Talhimat
« Nous présentons nos plus sinceres condoléances à toute la Famille Chahine et à la Famille du Cinéma Arabe ». Wajdi Arabesque
« Adieu Chahine, adieu symbole de la lutte intellectuelle égyptienne. » Stupeur
« يوسف شاهين رحيل اخر العمالقة » Bluesman.
« C'était "L'ETINCELLE DANS LA SUIE"
YOUSSEF CHAHINE est parti ... » Soulef
« Alors que l'islamisme se répand, Youssef Chahine s'insurge, lui qui connut dans son enfance une Egypte tolérante, multi-ethnique, où les chrétiens, comme il l'est, et aussi les juifs vivaient en harmonie avec les musulmans. Hommage... » Alain Truong
« Sale jour pour s'en aller. Qui plus est un dimanche jour de fin de tour de France. La télévision égyptienne ne parle que des résultats de l'enquête consécutive à un accident local de Ferry. Et pourtant, l'Egypte vient de perdre son plus grand cinéaste. » blog trotter
« La longue carrière de Youssef Chahine a été une lutte constante contre son milieu, qu'il voyait comme l'oppresseur des pauvres, contre le pouvoir, la censure dont il a souvent été » Carpediem-Selim
20:38 Publié dans Lu pour vous | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : youssef, chahine, cineaste, egypte
06.05.2008
Beaucoup de morts à Myanmar ( Birmanie ) ...
"A Yangon, l'ancienne capitale, et ses environs, qui comptent cinq millions d'habitants, le bilan se limite à 671 morts, rapporte la radio nationale."
"Le ministre de l'Information, Kyaw Hsan, a déclaré que les militaires au pouvoir faisaient "de leur mieux", mais les observateurs estiment que la junte, qui se targue d'être en mesure de relever n'importe quel défi, subira les retombées politiques de la tragédie.
"Le mythe qu'ils ont bâti sur leur bonne préparation a totalement volé en éclats", juge l'analyste politique Aung Naing Oo, qui a fui en Thaïlande après la répression brutale du soulèvement de 1988. "Cela pourrait avoir un énorme impact politique à long terme.""
Al Jazeera explique qu'il s'agit de 10.000 victimes !
"The Myanmar government has said that the cyclone that struck the south-east Asian nation this weekend has killed 10,000 people.
The toll from Cyclone Nargis, which swept through Myanmar knocking out power and causing widespread flooding, might rise further as 4,000 people remain missing."
Au coeurs charitables, le blogueur mmah vous invite aux dons
17:21 Publié dans Lu pour vous | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : myanmar, cyclone, birmanie, donation
23.03.2008
La lutte contre les maladies, nécessite une réforme des taxes qu'il faut abolir.
Je publie ici sur mon blog un texte de Dr IDRISSI. Ce militant au sein de l'ASSOCIATION DES AMIS DES MYASTHENIQUES DU MAROC à Kénitra publie des textes d'une qualité extraordinaire que j'ai eu le plaisir de recevoir comme commentaires. Je publie son texte, après qu'on ait eu une discussion sur le Forum de l'USFP ( A ce que je sache, Dr Drissi n'est pas usfpéiste ) pour deux raisons :
1 - La thématique qu'il défend depuis plusieurs années est importante : Détaxer les médicaments ( pour être un peu simpliste ).
2 - Mon blog est sollicité pour promouvoir des causes aussi nobles que je partage également : AAMM, OMDH, AMED, Forum de dialogue de gauche, ... et ceci démontre que la Blogoma est reconue comme acteur citoyen, mais aussi et cela me préoccupe essentiellement : comment faire les ponts entre toutes les initiatives citoyennes?
Sans vous encombrer, je vous invite à lire cet entretien que livre Dr Drissi au Journal le Reporter, comme vous pourrez le lire également sur le Jounal L'Opinion de ce lundi.
23:19 Publié dans Lu pour vous | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maladie, lutte, taxe, journal, idrissi, association, myasthenique
04.02.2008
“La success story” des télécommunications s’étendra-t-elle à la blogosphère ?
J'ai posté un billet sur la journée des MBA 2008, un évènement qui m'a marqué. Plusieurs autres blogueurs ont abondamment commenté cette manifestation : Docteurho, le magazine de la blogoma, Hmida, Pixelutile, Maroculture, blogwaves, 7didane, Larbi, cinemasafi, Motic, ... et que ceux que j'ai oubliés me pardonnent.
Mon billet qui a été publié ce jour sur libération a été accompagné par un magnifique article de Julien Pages. J'ai décidé de le partager avec vous et qu'on en discute.
“La success story” des télécommunications s’étendra-t-elle à la blogosphère ?
En 2005 l’Union internationalce des télécommunications titrait le Maroc une « success story » des télécommunications en Afrique. Depuis, le phénomène s’est amplifié notamment via l’expansion du marché de l’internet alors que celui des mobiles commence à être saturé. Petit retour sur les chiffres.
A l’heure actuelle, 33% des Marocains possèderaient un mobile contre 24% il y a seulement 3 ans. Mais l’évolution est bien plus significative au niveau de l’internet.
De 60.000 en 2003 le nombre d’abonnés à un des 3 fournisseurs d’accès serait passé à 470.000 fin 2007 pour atteindre la barre fatidique des 500.000 abonnés qu’on osait à peine espérer 3 ans plus tôt. Soit une multiplication par 8 en l’espace de 4 ans ! On estime, par ailleurs, à plus de 3 millions le nombre d’utilisateurs réguliers d’internet, via les ordinateurs de foyers, d’entreprises ou encore les cybercafés. Soit environ 10% de la population marocaine.
Portés par cette vague, les deux opérateurs de télécommunication marocains Maroc Telecom et Méditel figurent parmi le top dix des opérateurs africains, confrontés à des concurrents de taille et dont les marchés sont bien plus vastes.
Concernant l’accès à internet, une politique volontariste d’équipement en infrastructure de pointe a été lancée. Il s’agit du réseau câblé ADSL et du Wimax (accès à internet à plus basse fréquence, disponible partout sur le territoire grâce à un boîtier recevant des ondes hertziennes).
Cette volonté de développer les télécommunications s’est accompagnée d’une importante campagne de publicité à travers différents médias. En outre, la « libre concurrence » entre les opérateurs a été saluée par l’UIT dans le sens où elle permettra d’avoir des tarifs accessibles malgré la lourdeur des investissements.
Profil des internautes
On estime encore aujourd’hui qu’une majorité des internautes, 3 sur 4, sont des hommes. Qu’ils sont, la plupart du temps, des actifs, âgés de 25 à 45 ans, même si la fréquentation d’internet par les jeunes est en forte progression tandis que cette pratique ne séduit pas les catégories les plus âgées de la population étant donné la difficulté d’accès au média pour quiconque n’est pas, au préalable, sensibilisé à la pratique informatique.
A ce sujet, l’école joue un rôle important de formation des élèves. Elle doit se fixer pour objectif d’apprendre à utiliser le média intelligemment, en développant les capacités de recherche d’information et des créations de sites.
L’internet a, d’une part, particulièrement intéressé les entreprises en offrant des possibilités de paiement à distance, une base de données non négligeable ainsi qu’en permettant le transfert de fichiers et la communication internationale.
Cependant, le phénomène n’a pas épargné les foyers. L’UIT tente d’expliquer les raisons du succès des télécommunications par une « mobilité des Marocains ». Afin de garder le contact avec une famille éparpillée et de conserver des liens familiaux forts, les Marocains se seraient tournés vers les télécommunications.
L’internaute type, lorsqu’il se connecte, se rend d’abord sur un service de chat, qu’il s’agisse des messengers (Yahoo, MSN…) ou des chats http (sur des pages internet). Il consulte ensuite ses emails, participe à des forums ou remplit son blog. Il navigue ensuite librement pour consulter les blogs des autres, ou encore pour aller à la recherche d’informations. En outre avec le développement du web 2.0, il est désormais possible de retrouver sur des sites spécialisés, les émissions que l’on a ratéess, les chaînes étrangères, les moments de télévision à ne pas rater ou encore les clips de leurs stars préférées.
Au milieu de toutes ces pratiques, le blog a une grande importance. Du phénomène récent facebook, au blog d’information traditionnel, les internautes sont de plus en plus sollicités pour communiquer sur eux ou leur centre d’intérêt. Des communautés se forment sans considération de distance géographique. Elles offrent l’opportunité de nombreux échanges, et permettent l’accès à une culture mondiale ainsi que la mise en valeur de la sienne. Aujourd’hui, la question qui se pose dans la communauté des bloggeurs est de savoir si cette augmentation quantitative va s’accompagner d’un accroissement de la qualité des blogs. C’est, notamment, pour promouvoir des efforts dans ce sens que sont organisées des réunions entre bloggeurs récompensant les plus méritants d’entre eux.
Julien Pagès
www.liberation.press.ma
13:40 Publié dans Lu pour vous | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maroc, blog, awards, ntic, liberation, blogoma
02.02.2008
LAICITE ET CHOC DES CIVILISATIONS CHEZ SARKO
président de la République contre la laïcité
Analyse et réplique par
Jean-Luc Mélenchon,
sénateur de l’Essonne PS
J'ai choisi de partager avec vou ce passage d'une intervention de Mélenchon sur les déclarations de Sarko chez le Pape :
Cependant, l’outrance de ce point de vue a son mérite. Elle signale avec force la piste par laquelle le « raisonnement » religieux fournit une passerelle conceptuelle efficace vers un autre corps de doctrine plus trivialement préoccupé de réalité géopolitique. Il s’agit de la théorie du « choc des civilisations » formulée par Samuel Huntington. Elle est au coeur de la pensée du président Sarkozy à propos de la réalité mondiale de notre époque. Il y a exprimé à de très nombreuses reprises son adhésion intellectuelle. C’est au point que l’on peut se demander si les manifestations d’enthousiasme religieux du président ne sont pas la conséquence de son adhésion à cette théorie plutôt que l’inverse. Le raisonnement de politique étrangère serait premier, l’intime conviction religieuse serait seconde. On pourrait être conduit vers cette conclusion par l’écart remarquable qui apparaît entre la vie réelle du président et ses déclarations de foi religieuse et d’adhésion à la morale catholique. Sans entrer dans les détails qui nous égareraient dans les colonnes de la presse people, on retiendra seulement combien il est étrange qu’une personne excommuniée du fait de ses divorces puisse accepter d’être « chanoine honoraire » de la paroisse du Vatican lui-même. Mais il faudrait alors s’étonner que ceux qui l’ont excommunié n’y voient eux mêmes aucun obstacle, alors même que leur intransigeance doctrinale peut-être aussi violente que les citations précédentes l’ont rappelé…
1) Le choc des civilisations
La théorie du choc des civilisations a été exposée par Samuel Huntington professeur à l’université de Harvard aux Etats-Unis. Son texte a été publié en français en 1997. En voici un résumé sommaire. Selon lui l’histoire des conflits humains dans le monde occidental a connu trois âges. D’abord quand les princes voulaient étendre leurs territoires (de 1648 à 1789). Puis quand les nations et les peuples ont voulus bâtir leurs empires (1789 à 1918). Enfin quand les idéologies se sont confrontées sur toute la surface du globe (1918 à 1989). Commence désormais l’âge des conflits de civilisations. La civilisation est le niveau concret le plus large auquel un individu s’identifie. Elle est un donné qu’on ne choisit pas mais qui s’impose à soi. Il délimite en même temps un espace politique pertinent : eux et nous, ami ennemi.
Pour l’essentiel les lignes de fracture entre civilisations sont religieuses. Elles dessinent la géographie politique réelle puisque chaque appartenance religieuse recherche l’appui des siens. Ainsi les tchétchènes musulmans avec les nations musulmanes, les arméniens avec les chrétiens et ainsi de suite. Dans ce paysage la civilisation musulmane n’aurait que des frontières sanglantes, avec les autres blocs civilisationnels et il en irait de même entre nations musulmanes. Cet état de fait résulte du contenu culturel qui est le sien. Dans ce contexte l’Occident dont la population est minoritaire, depuis qu’elle est passée de 44 % du total mondial à 13%, est menacé de déclin et de submergement. Elle doit donc faire face. Et pour cela elle doit commencer par s’assumer.
Il est important de rappeler que la cohérence interne de cette présentation ne valide pas pour autant l’objectivité de ses énoncés. Nombreux sont les chercheurs qui ont aussitôt démontré le caractère très relatif de chacun des idées pourtant proposées comme des certitudes. Par exemple, le concept de civilisation est moins étanche que ne l’affirme Samuel Huntington. La description d’une civilisation à partir du fondement religieux est un réductionnisme. Elle n’est donc pas pertinente. Enfin la filiation de cette théorie et ses emprunts aux penseurs du déclin de l’occident d’avant la deuxième guerre mondiale l’expose aux suspicions que ces sources ont déjà mérité dans le contexte des années trente. Une remarque enfin a de l’importance pour comprendre le positionnement de Samuel Huntington après l’énoncé de sa thèse. Il ne milite pas pour le choc annoncé. Au contraire. Son travail se présente comme un outil pour éviter le conflit qui menace. C’est une habileté de méthode que le président de la république fait également sienne au fil de ses discours. Il n’en reste pas moins que du seul fait de son énoncé, la théorie du choc des civilisations formule une lecture globale de la réalité qui génère ses propres prescriptions implicites.
2) Le monde post idéologique selon Nicolas Sarkozy
C’est elles que les discours de Nicolas Sarkozy reprennent à leur compte à tout propos. La « politique de civilisation » est son leitmotiv, déclinaison en français de l’argumentaire de Huntington. Ainsi, quand il a présenté ses voeux au corps diplomatique. Il a affiché sans détours, à la fois sa vision de l’ordre du monde et le positionnement qu’il en déduit. « Deux défis contribueront à structurer la société internationale du XXIème siècle, peut-être plus profondément que les idéologies ne l’ont fait au XXème siècle. Le premier défi est celui du changement climatique […] Le deuxième défi est celui des conditions du retour du religieux dans la plupart de nos sociétés. C’est une réalité, seuls les sectaires ne le voient pas. C’est une réalité incontournable qui avait, en son temps, été prévue par Malraux. Dans mon discours de Saint Jean de Latran, discours auquel j’attache beaucoup de prix, j’ai précisé ma conception d’une laïcité où la place de la religion serait définie en termes plus positifs. » On notera le lien fait d’un seul mouvement entre l’affirmation de la centralité du fait religieux, la dénonciation des « sectaires » qui le nieraient et la remise en cause du modèle laïque en vigueur en France ! Rien ne souligne mieux que cet enchainement le caractère étroitement idéologique de cette analyse de la réalité du monde… De cette vision du monde il déclare déduire une stratégie globale. Elle suit exactement la recommandation de Samuel Huntington. « J’ai d’abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. » On relèvera d’abord comment cette appartance vient en écho de son analyse devant les ambassadeurs de France en aout 2007 au cours de laquelle il avait diagnostiqué que le « Premier défi, sans doute l’un des plus importants » pour le monde serait : « comment prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident » Puis on soulignera comment cette référence à la « famille » exprime la force quasi biologique du lien de civilisation. Ce positionnement est présenté comme une rupture et cette rupture située par rapport au contenu du discours de Latran. C’est un tout en effet. La référence à la « famille occidentale » de la France se poursuit dans tout le reste du discours, les pays de l’Est étant qualifiés de « derniers arrivés dans la famille » et le reste du monde étant qualifié d’ « extérieur de la famille occidentale ». Il est très frappant d’observer que pour le président, cette appartenance à une civilisation lui crée un devoir égal à celui qu’il reçoit de son mandat de gardien des institutions de son pays. Le balancement d’une séquence du discours de Ryad le souligne avec force : » J’ai le devoir de faire en sorte que chacun, qu’il soit juif, catholique, protestant, musulman, athée, franc-maçon ou rationaliste, se sente heureux de vivre en France, se sente libre, se sente respecté dans ses convictions, dans ses valeurs, dans ses origines. Mais j’ai le devoir aussi de préserver l’héritage d’une longue histoire, d’une culture, et, j’ose le mot, d’une civilisation ». Cette construction intellectuelle est décliné de façon très détaillée dans l’organisation du discours que le président a prononcé peut avant à Ryad, en Arabie saoudite. Tous les paramètres de la théorie du choc des civilisations y sont repris. Et d’abord la centralité du fait religieux comme fondement dorénavant explicatif de l’histoire humaine. « Je ne connais pas de pays dont l’héritage, dont la culture, dont la civilisation n’aient pas de racines religieuses. » déclare Nicolas Sarkozy devant le roi wahhabite. Il enfonce le clou : « Je ne connais pas de culture, pas de civilisation où la morale, même si elle incorpore bien d’autres influences philosophiques, n’ait un tant soit peu une origine religieuse. (…) Dans le fond de chaque civilisation il y a quelque chose de religieux, quelque chose qui vient de la religion. » En fait la religion est à l’origine de la civilisation elle-même. « Ce sont les religions, proclame-t-il, malgré tous les forfaits qui ont pu être perpétrés en leur nom, qui nous ont les premières appris les principes de la morale universelle, l’idée universelle de la dignité humaine, la valeur universelle de la liberté et de la responsabilité, de l’honnêteté et de la droiture. » La religion est surtout à la racine de l’universalité. Elle est l’universel concret. « C’est peut-être dans le religieux explique Nicolas Sarkozy, que ce qu’il y a d’universel dans les civilisations est le plus fort. » Et cela jusqu'au point où la religion est déclarée comme le vecteur par lequel la nature humaine elle-même est rendue possible. Le président proclame en effet « cette vérité qu’il y a dans toutes les religions, les croyances et les cultures quelque chose d’universel qui permet à tous les hommes de se reconnaître comme faisant partie de l’Humanité, de se parler, de se comprendre, de se respecter, de s’aimer ». Dans ces conditions le dialogue des religions est le ressort le plus efficace de la constitution d’une communauté internationale apaisée. « Quand Sa Majesté le Roi Abdallah rencontre le Pape, ce geste a plus d’importance pour la paix et pour l’avenir de la civilisation que bien des conférences internationales » explique le chef du deuxième réseau diplomatique du monde ! Tout se tient. Si les lumières sont la source des crimes du précédent siècle, les religions sont le gage de la paix à l’époque contemporaine ! La religion est bien le futur post idéologique de l’ordre du monde. La coalition des religions est alors l’avenir souhaitable et utile. C’est ainsi, à propos de cette rencontre du pape et du sultan, que le président de la République est conduit a prononcer cet exorde incroyable dans la bouche d’ un chef d’Etat laïque : «En faisant ce geste d’une portée immense, d’une portée symbolique, il signifie au monde, ce geste, qu’aux yeux du Roi, le temps n’est plus pour les religions à se combattre entre elles, mais à combattre ensemble contre le recul des valeurs morales et spirituelles, contre le matérialisme, contre les excès de l’individualisme. »
www.jean-luc-melenchon.fr
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25.11.2007
Manifeste pour une alliance de la jeunesse des deux rives de la Méditerranée
Avec l’aggravation des inégalités, de la pauvreté et des discriminations, une barrière d’incompréhension et de méfiance s’est érigée entre les peuples du Nord et du Sud. Mais cette nouvelle frontière, comme tant d’autres par le passé, peut être abattue par les espoirs communs de la jeunesse de nos différents pays.
Nous sommes issus des deux rives de la Méditerranée. De Varsovie à Alger, de Paris à Rabat, nous partageons une même ambition : celle de construire des sociétés plus justes et solidaires, fondées sur l’Etat de Droit, le respect de la diversité et le progrès partagé.
Nous sommes issus de la même génération. Nous subissons la montée des extrémismes qui prêchent l’exacerbation de la différence et du mépris de l’autre.
Nous sommes les enfants d’une même histoire. Nos cultures sont mêlées et notre quotidien est celui d’un monde globalisé où le marché continue d’exploiter les plus pauvres pour mieux conforter les plus puissants.
Depuis trop longtemps, les peuples des pays du Maghreb sont confinés dans la souffrance et le mépris de l’occident. Cette situation nourrit l’intolérance religieuse et les replis communautaires.
Cette violence ne cessera que si les inégalités, l’illettrisme et l’indifférence sont combattus par les uns comme par les autres.
L’Europe quant à elle, n’avance plus. Sans projet politique depuis l’échec du Traité Constitutionnel, elle n’arrive pas à dépasser le Marché Commun pour constituer une véritable communauté de valeurs.
Chacune des deux rives de la Méditerranée est aujourd’hui disloquée.
Malgré cette rupture qui s’est instaurée entre le Nord et le Sud depuis des décennies, nous croyons qu’une nouvelle alliance est possible entre les différents peuples de la Méditerranée. Et c’est aux jeunes générations d’en être le moteur.
L’Europe et le Maghreb doivent aujourd’hui se tendre la main.
Nous, jeunes d’Europe et du Maghreb, sommes en effet convaincus qu’un nouvel espace de solidarité et de coopération peut voir le jour, dès lors que les sociétés civiles travailleront ensemble à leur rapprochement et à la conquête de nouveaux droits.
Par ce manifeste, nous appelons l’ensemble de la jeunesse des deux rives de la Méditerranée à s’inventer ce destin commun. L’instauration d’une véritable communauté euro-méditerranéenne n’est pas un rêve. Il est le combat de notre génération.
19:30 Publié dans Lu pour vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : euromed, jeunesse, funny, mounir, bensalah
23.11.2007
Maurice Béjart, l'homme qui voulait amener le grand public à la danse est décédé.
e chorégraphe français Maurice Béjart, figure majeure de la danse contemporaine, est mort dans la nuit, jeudi 22 —novembre, à l'âge de 80 ans, à l'hôpital de Lausanne. Il y avait été admis pour la deuxième fois en l'espace d'un mois, après avoir été régulièrement hospitalisé depuis quelques années pour des affections cardio-pulmonaires. De l'hôpital de Lausanne, il téléphonait régulièrement à sa compagnie, en tournée à Lyon. Travailleur acharné, il préparait son prochain programme pour le Palais des Sports de Paris, prévu en janvier.
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Cette figure de l'art du XXe siècle aimait à dire que, s'il avait un destin, c'était d'amener le grand public à la danse. Il y a réussi, laissant des souvenirs chatoyants à des millions de spectateurs. Jamais le public, qui se pressait à guichets fermés au Théâtre de Chaillot dans les années 1980 puis au Palais des Sports ou des Congrès, à Bercy mais aussi à l'Opéra de Paris, n'a été infidèle à Maurice Béjart. Cet homme lucide – tant sur son œuvre, que sur lui-même – évoquait récemment sa mort dans le ballet Lumière crée à Lyon devant trois mille personnes en 2001. Son testament adressé aux jeunes générations— : "Plus de danse, encore plus de danse." Né à Marseille en 1927, Maurice Berger emprunte son pseudonyme à Armande Béjart, le femme de Molière. Du sang noir coule dans ses veines— : celui de son arrière grand-mère paternelle, Fatou Diagne, originaire du Sénégal. Son père, le philosophe Gaston Berger, parlait sept langues, lui récitait de la poésie mais fabriquait aussi ses jouets. Il lui consacrera un livre, La Mort subite (1990), comme il évoquera sa mère, morte lorsqu'il avait 7 ans, dans le spectacle Casse-Noisette (1999). Gamin maigrichon à qui un médecin conseilla la danse pour le fortifier, il prend des cours de danse classique pendant ses études au lycée et décide d'en faire son métier à l'âge de 18 ans. Adolescent, il rêvait de devenir torero, s'entraînait en Camargue avec des vachettes.
Arrivé à Paris, il profite de l'enseignement de maîtres comme Lioubov Egorova ou Madame Rousanne, travaille auprès des danseuses Janine Charrat, Yvette Chauviré. Roland Petit l'engage dans sa compagnie en 1948. Deux ans plus tard, il collabore avec la suédoise Birgit Cullberg et règle L'oiseau de feu à l'Opéra de Stockholm. Il fonde sa première compagnie en 1953, qui devient les Ballets de l'Etoile.
En 1955, son premier succès s'intitule Symphonie pour un homme seul, sur la musique de Pierre Henry et Pierre Schaeffer, et le met en scène tel qu'en lui-même. Il y compense sa petite taille et son manque de virtuosité classique par des sauts, des acrobaties et du mordant. Très vite, Maurice Béjart impose son style, fait de ses défauts des qualités, pour bâtir une œuvre contrastée et prolifique. En ligne de mire— : le "spectacle total". Son écriture, à la fois classique et très expressive, avec un jeu de bras musclé, fait feu de toutes les influences— : tradition indienne, africaine, turc… Son goût du texte (de Cioran à Saint-Exupéry en passant par Nietzsche ou Goethe) et du théâtre, de la philosophie comme de la psychanalyse, nourrira sa singularité engagée.
Ses ballets mythiques, repris régulièrement ces dernières années, affichent une profonde solidité artistique. Le Sacre du Printemps (1959), sur la partition de Stravinski, réglé en trois semaines, jette les hommes et les femmes les uns contre les autres dans une guerre des sexes intemporelle. Pour Boléro (1961), son écriture prend d'assaut celle de Ravel. Interprété par les plus grands, de Maïa Plissetskaïa, qui raconte comment elle suivait Maurice Béjart dans la régie pour ne pas oublier la chorégraphie, ou Sylvie Guillem, qui déclarait se sentir comme un morceau de pain au milieu d'une foule en famine, ce Boléro perdure par sa plasticité scénique, l'impeccable jeu de balance du groupe et du soliste, sa puissance expressive et sa jouissance du mouvement.
Les grands motifs de l'œuvre de Maurice Béjart sont inscrits dans l'histoire de la danse. Il a su valoriser le danseur masculin, l'habillant en jean, exacerbant son érotisme dans une gestuelle virile loin du rôle de faire-valoir de la ballerine classique. Il a posé au cœur du débat la philosophie qui le nourrit depuis son enfance, qu'elle soit européenne, orientale ou asiatique. Au risque parfois de la naïveté et du sentimentalisme, certaines pièces, chargées de théâtralité comme Jérusalem, cité de la paix (1997), MutationX (1998) sur le nucléaire, militaient pour un humanisme sans œillères. Bien avant que le mot ne s'use, il a fait du métissage son porte-drapeau— : ses danseurs, comme ses élèves, débarquaient de tous les pays.
Source d'inspiration toujours renouvelée, la musique a porté son travail. Celle de Wagner, de Bach, de Berlioz mais aussi des groupe U2 ou Queen, les chansons de Jacques Brel ou de son amie Barbara. Il citait les compositeurs Pierre Boulez et Pierre Henry comme des socles de sa pensée. Sa collaboration avec ce dernier, qu'il rencontre en 1955, aboutit à un énorme succès en 1967— : Messe pour le temps présent.
Ses interprètes s'appelaient Tania Bari, Paolo Bortoluzzi, Patrick Dupond, Sylvie Guillem, Rudolf Noureev… Jorge Donn, fidèle complice qui fit toute sa carrière de danseur auprès de lui, jusqu'à sa mort en 1992, reste une icône béjartienne. Le chorégraphe avouait avoir raté des ballets mais jamais un danseur. C'est en voyant apparaître Jean Babilée en smoking un soir chez Maxim's qu'il eut envie de lui tailler sur mesure Vita Nova (1995).
Si le statut de Béjart auprès du grand public est celui d'un intouchable, le milieu de la danse contemporaine l'a longtemps tenu éloigné, alors même qu'il en est incontestablement l'un des pères fondateurs. Trop populaire sans doute, trop proche du classique. Il est aujourd'hui reconnu comme un précurseur. Son école de danse bruxelloise Mudra a formé dans les années 1970-80 des personnalités comme Anne Teresa de Keersmaeker, Michèle Noiret, Bernardo Montet ou Hervé Robbe.
Les relations de Béjart avec la France ont toujours été délicates. En 1959, sans proposition de la part de l'Etat français de lui offrir un théâtre, il part s'installer à Bruxelles où il fondera le Ballet du XXe siècle en 1960. A la demande de Maurice Huisman, il crée Le Sacre du Printemps sur la musique de Stravinski pour le Théâtre royal de la Monnaie. Il restera à Bruxelles vingt-sept ans. Proche de Jean Vilar, il conçoit avec lui en 1967 un projet pour ouvrir l'Opéra de Paris à un art populaire, mais sans résultat. Jean Vilar l'invitera au Festival d'Avignon en 1968. Au début des années 1980, Jack Lang reprend l'idée d'installer au Théâtre de Chaillot une école pour Béjart qui n'aboutira pas non plus. Sept ans plus tard, Béjart quittera Bruxelles pour Lausanne. Il y remontera une compagnie, le Béjart Ballet Lausanne, et une école, Rudra.
En 2004, Maurice Béjart nous avait accueilli chez lui, dans son petit appartement du 5e arrondissement de Paris. Décor modeste mais chaleureux, entre grotte et rez-de-chaussée parisien, un feu de bois dans la cheminée. Béjart, vêtu d'un pull rouge – sa couleur fétiche et celle du plateau de Boléro – vaque pieds nus en dépit du froid. Il en rit et déclare, comme pour s'excuser, qu'il adore ça et préfère la simplicité. Un bol de soupe chez lui le soir, plutôt que des mondanités vaines, tel était le menu de choc de Maurice Béjart.
Source : Journal Le Monde
15:50 Publié dans Lu pour vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maurice, bejart, danse, france, chorégraphe, mounir, bensalah
24.01.2006
Drole de vie
"L'existence d'un dieu omniscient, omnipotent
et qui ferait de l'amour son principe essentiel
est contredite par toute l'histoire de l'humanité..."
Arthur Koestler
Je ne sais quoi dire que j'ai été décu et choqué quand j'ai lu cela, et ma grande déception en tant que croyant est de dire que cela est vrai!
22:05 Publié dans Lu pour vous | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Dieu, omniscient, ompnipotent, hisoire, humanité, Arthur, Koestler





