18.05.2008
Tout commence au terminal 3 à l’aéroport Med V de Casablanca.
Je suis parti ce matin pour prendre l’avion, et sur ma confirmation, il est marqué Terminal 3. Je me suis dit c’est encore une erreur ou une façon de dire qu’on a « le plus grand » aéroport de la région. Bref, je me suis garé au parking et passé le premier stage de fouille à l’entrée du terminal 2. Je demande à un monsieur ONDA sur mon vol et sur le terminal 3, il me confirme que le même hall du terminal 2 fait office du 3 ( attendez la suite ), d’autant plus que c’est marqué « Terminal 2.3 ». Je rentre, mon vol est bien marqué mais l’enregistrement n’a pas encore commencé. J’en profite pour prendre mon café et fumer ma première cigarette ( elle est bonne cette première ).
A 10 mn de la fin du temps de l’enregistrement marqué sur mon billet, mon vol marqué sur le tableau est toujours en stand by. Je m’inquiète, et je me dis que c’est encore un retard que je dois prévoir. Sauf que l’histoire me paraît un peu louche. Je pars chercher le « bureau d’informations » où officiait la même personne ONDA tout à l’heure, et j’attends pour que madame qui y est désormais finisse son appel téléphonique, apparemment très convivial durant 15 mn, après mon arrivée devant son office, à 7h du matin avec un dialecte bizarroïde qui me rappelle nos amis qui portent des zéros sur leur têtes, question de rendre hommage à l’inventeur du zéro. Enfin, elle prend en charge ma requête. Et oui, il existe bien un terminal 3 !
Pour y aller, il faut encore prendre la voiture ou aller chercher le bus, au terminal 1. Je sors en courant, avec une jeune dame qui a eu la même mésaventure que moi. On prends le bus, 10 mn plus tard, on est dans le TERMINAL 3. Enfin c’est un terminal, au sens propre du terme. Encore deux stages de fouilles et une longue file pour se faire apposer le cachet de quitter le territoire marocain. Malchanceux par construction, mais je me suis décidé il y a longtemps de l’assumer, le policier qui est en charge de ma rangée est super long, il prend son temps à mort ce dimanche matin. Après une longue attente, mon tour arrive. Je lui file mon passeport et l’imprimé rempli. Il me demande ma CIN, je lui réponds que je l’ai pas sur moi, croyant que le passeport fait place. Il me donne une leçon de droit qui consiste à ceci : « le passeport est un document de voyage et ne remplace pas la carte d’identité ». Soit. Il commence un show de démonstration de force, passe mon passeport dans un scanner pour le vérifier, après, il me demande le nom de mon père. Je réponds Flane ben flane. Il réplique, non flane ben LHAJ flane ! je lui dit si vous le savez alors pourquoi me le demander ! une allemande qui me suivait dans la file s’essaie à me calmer, le policier devient enragé et me rends mon passeport en me disant que ce n’et pas à moi de lui apprendre son travail. Un autre policier en face vient vers moi pour me calmer et me dit qu’il est « comme ça » et que le fond de l’histoire est que j’ai toujours la profession « étudiant » sur mon passeport alors que j’ai marqué ma fonction actuelle sur l’imprimé ! l’allemande me rejoint avec l’autre policier et sur un ton rassurant me balance : « vous allez devenir comme nous en Allemagne, il faut 10 mn pour cacheter un passeport, la bureaucratie ! » je lui réponds sans penser : « je veux bien que mon pays devienne comme l’Allemagne, mais pour la fabrication des mercedès, la recherche scientifique, … l’effet secondaire de la bureaucratie serait supportable ! ».
Je continue mon chemin vers la sortie du « terminal » 3. La surprise : tu sors de la porte et tu vas à pied vers ton avion, entre les autres avions, les véhicules qui passent, … !
Enfin, on décolle et on atterrit à Milan. Encore un autre stage de fouille et puis passeport à cacheter. Encore une fois, la bureaucratie n’est pas exclusive au Maroc et à l’Allemagne !
Sisyphe des temps modernes, je prends la file. Comme par hasard, dans la langue rangée, il y avait des africains comme moi, des asiatiques et des cherkaouis ( en arabe veux dire les gens de l’Est, c’est comme ça que nos compatriotes nomment les ressortissants des pays de l’est de l’Europe ), ces derniers forment un grand groupe, essentiellement féminin. La race européenne passe avec haute fluidité dans des bureaux dédiés. Notre file à nous, les « autres », elle est longue, interminable et n’a aucune forme géométrique que j’ai connue durant mon cursus scolaire ( à part certaines nouvelles théories : le chaos, le fractal, … ). Je passe finalement 45 mn avant de passer de l’autre côté.
Tout ceci, pour trouver Milan au milieu de la pluie, un centre ville où tout est fermé ce jour de dimanche. Encore, l’Inter qui s’est imposé devant Parma et remporté le Calchio face à la Roma a fait que des foules de supporters font la fête. Demain, après le boulot, je vais essayer de voir si la nature et Fortuna ( pas la cigarette ) seront plus clémentes à mon égard.
21:27 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : milan, casablanca, maroc, italie, parme, rome, aeroport
18.03.2008
Le modernisme espagnol, chantier du siècle.

En pleine ébullition du modernisme espagnol, Antoni Gaudi, célèbre architecte catalan, auteurs de plusieurs monuments de la ville, décide à la fin du 19ème siècle de construire une cathédrale dont l’architecture s’inscrit dans sa mouvance de modernisme et anti-conservatrice.
Gaudi, décédé à 74 ans d’un accident de tramway, a laissé son œuvre inachevée. Le chantier a connu alors des périodes alternant travaux intensifs et arrêts – sabotages. Les projections de nos jours estiment la fin de ce chantier monumental à 2040, ce qui ferait de la Sagrada Familia un des chantiers les plus longs de l’histoire contemporaine, dépassant un siècle et demi.
Deux façades sont désormais présentables au chantier : La nativité et la passion. La troisième façade ( à construire ), nommée la gloire, sera la façade principale de l’édifice. Gaudi n’a jamais travaillé avec des plans complets, il considérait que l’œuvre est l’évolution de la pensée. Ce qui explique sûrement le respect de cette philosophie par la continuité du chantier de nos jours. Le financement du chantier a été dès le départ choisi sous forme de souscription publique. Aujourd’hui, les rentrées de visiteurs financent l’ouvrage.
Sans rentrer dans les convictions religieuse de l’architecte et de ses financements et des conflits entre anarchistes et les nouveaux riches de Barcelone, l’œuvre de la Sagrada Familia est un symbole du mouvement de modernisme de la région catalane.

08:45 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sagrada, familia, gaudi, barcelone, espagne, modernisme
14.01.2008
Tanger et Elhafa
Il y a un coin ( voir un précédent post sur Tanger ) que je ne rate sous aucun prétexte dans n’importe laquelle de mes visites à la ville, le Café Elhafa. C’est un café « populaire » dont le menu se résume au thé à la mente et un soda. Dans ce lieux magnifique qui donne une vue sur Tarifa, Gibraltar, la Méditerranée , se sont côtoyés des hommes ordinaires, comme moi, et des créateurs venus trouver inspiration dans ce lieux paradisiaque. Un joint fumé par là, un sebsi par ici, un peintre avec sa toile, une clique d’étudiants préparant un partiel, … on en trouve de tout.

Par ailleurs, la ville connaît une explosion urbanistique, économique et humaine extra-ordinaire. Il est révolu le temps où tu te fais ridiculisé par le camarero sur la terrasse d’un café juste parce que tu as eu l’impatience de lui demander de venir prendre ta commande. Ils sont là, gais, ils te reçoivent et te servent avec chaleur. Sur ces mêmes cafés, des jeunes et des familles ont révolutionné l’esprit jebli. La façon d’être combiné à un savoir vivre ancestral a donné une empreinte originale et civilisationnelle unique à cette ville. Comme un peu partout au Maroc, l’immobilier est cher. A tanger, il est supérieur à la moyenne nationale. Imaginez, un ami m’a révélé qu’il a voulu acheter un appartement « économique » de 80m² à l’arrière pays de tanja elballya ( pour les non initiés, c’était une zone reculée de la banlieue de la ville om régnait des ‘dchar’, sorte de bidonvilles ) à 400.000 Dh, mais il a été découragé car le promoteur lui demande 250.000 Dh de noir ( sous la table ) ! c’est ce qu’on appèlle la politique de l’enrichissement des riches et l’appauvrissement des pauvres. Si un cadre supérieur n’arrive plus à accéder à un logement dit social, comment imaginer le simple ouvrier « smigard » acheter un bien! Hassad, comme à Marrakech, donne une nouvelle image à la ville. Plusieurs ruelles du « boulivar » ont été transformé en passages piétons, la lumière est bien étudiée, la propreté est assurée, l’image d’une ville qui bouge est bien marquée, l’industrie s’intensifie, … mais tout cela est bien concentré au centre ville et entre les mains de certains. Qu’a gagné le citoyen lambda du mouvement de sa ville ? et bien avant à Marrakech ? rien, sauf que son quotidien est devenu plus amer vu la cherté exacerbée. La radio. A Tanger, comme dans tous le nord, Cap Radio est une chaine qui a le plus d’audience. C’est un espace qui donne la parole aux habitants avec les dialectes locaux : darija, rifain, … j’ai suivi une émission sur cette station où l’on évaluait le dossier de Tanger 2012. Je n’en dirai pas plus. J’aimerai que Hassad et ses gouverneurs écoute bien cet épisode. Bref, un petit bonjour à tous mes amis de Tanger.
09:00 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tanger, rif, maroc, poltique, région, hafa, café





